Le Coeur des fileuses, Aurélie Haderlé

Le Coeur des fileuses

Aurélie Haderlé

Editions Presses de la Cité

Collection Terres de France

Quatrième de couverture

Le portrait d’une femme de cœur, engagée au début du XXe siècle pour améliorer le sort d’ouvrières de filature de soie dans les Cévennes.

1910, au coeur des Cévennes. Eulalie devient, après le décès de son père, l’unique héritière d’une prospère filature de soie. Désormais patronne, elle découvre que son usine est un véritable bagne féminin. Révoltée par les conditions de travail de ses ouvrières, elle décide, malgré de nombreux détracteurs, de bouleverser l’ordre social.
Bientôt la guerre éclate et le pays se vide de ses hommes. Eulalie réalise alors son voeu le plus cher : transformer son entreprise en communauté de femmes fondée sur l’entraide et la solidarité. Des amitiés se nouent, des amours se tissent. Mais Eulalie saura-t-elle s’affranchir d’un mariage malheureux et affronter les fantômes du passé ?

Portrait d’une femme rebelle au grand coeur dans le cadre somptueux des Cévennes.

Mon avis

Callune, septembre 1899. La petite Eulalie a dix ans. Sa sœur aînée et elle doivent partir de la maison : elles vont étudier à Nîmes, chacune dans une école différente. La petite ne comprend pas ce qui se passe, mais elle ressent que les études sont un prétexte. « Elle ne s’explique pas cette sécheresse soudaine qui fige sa famille. Elle sait qu’on lui ment. » (p. 10) Lors de son arrivée à l’école de filles, elle est désemparée. Heureusement, une petite fille, Santina, lui tend la main. C’est le début d’une belle amitié.

En 1910, après le décès de son père, elle devient l’unique propriétaire de la filature de soie. Cependant, elle doit respecter les clauses de l’héritage. Dès le premier jour, elle s’offusque des conditions de travail des ouvrières. Au départ, elle respecte les directives de son père, mais au fil du temps, elle se révolte et impose des changements. Hélas, au début du XXe siècle, l’autorité ne peut être que masculine. Mais lorsque la guerre est déclarée, beaucoup d’hommes partent au front. L’économie du pays repose sur les femmes. Eulalie décide de renverser les règles et de transformer son entreprise. Elle désire créer une communauté fondée sur l’entraide et le partage. Cependant, tous les détracteurs ne sont pas partis au combat…

Eulalie a été élevée dans un milieu aisé. Alors qu’elle pourrait jouir de ses biens, sans se préoccuper des autres, elle accepte d’écouter ses consœurs. Lorsqu’elle prend conscience de ce que ses privilèges lui cachaient, elle est indignée. Elle comprend, alors, qu’au sein de sa famille aussi, les femmes se sont soumises à l’autorité masculine. Elle a elle-même perpétué cette docilité. Avant sa mort, son père s’est assuré qu’il en serait ainsi. Elle n’accepte plus cette injustice, mais elle est entravée par les lois, les traditions et les volontés paternelles. Pourtant, avec courage et prête à des sacrifices, elle tente d’agir sur la société. Malheureusement, elle a peu de latitudes et plusieurs personnes l’empêchent d’agir. J’ai aimé suivre son évolution. Elle était une petite fille timide, puis une jeune fille rangée et elle est devenue une femme de conviction. J’ai été touchée par sa résistance aux complots de ceux qui refusent l’émancipation féminine, car ils veulent conserver tous les pouvoirs. Elle a un caractère entier, couplé à une humilité, elle se trompe et sait le reconnaître, elle est sensible et forte : son portrait est ciselé, ce qui la rend attachante et authentique.

J’ai, également, été captivée par la description de la filature : des vers de soie jusqu’aux soieries, chaque tâche est expliquée. Aurélie Haderlé décrit le travail, les conditions pénibles de labeur, mais aussi de vie. Ces femmes décrivent leur combat pour subsister, leurs rêves, leurs désirs d’instruction, leurs regrets, le joug patriarcal, etc. Grâce à l’écoute qui leur est enfin accordée, elles montrent que leurs ressources intérieures sont immenses et qu’elles ne demandaient qu’à s’exprimer. L’histoire de chacune est touchante. Ce roman est une belle histoire de femmes.

J’ai adoré Le Cœur des fileuses.

Je remercie sincèrement Marie-Jeanne et Clarisse des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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