Julie, matricule 247, Muriel Meunier

Julie, matricule 247

Muriel Meunier

Editions Favre

Quatrième de couverture

Ce roman, inspiré d’une histoire vraie, raconte le destin brisé de Julie Binay, condamnée au bagne en Guyane en 1895. Elle y vivra l’enfer durant près de vingt ans.

Julie naît dans une famille ouvrière, en Normandie. Elle est envoyée à l’usine très jeune pour aider sa mère à joindre les deux bouts. Cependant, Julie rêve d’une autre vie.

Quelques années plus tard, le bonheur pourrait être à portée de main. Elle est montée à Paris, travaille et s’est mariée. Mais la misère finit par causer sa perte. Elle accumule les petits larcins tandis que son époux la pousse à vendre ses charmes. Sa descente aux enfers la conduira jusqu’en prison et à la condamnation à la relégation collective. Chassée de France, elle est envoyée en exil définitif et internée à Saint-Laurent-du-Maroni, en terre inconnue, éloignée de sa famille.

Commencent alors la survie dans le monde impitoyable du bagne et un combat contre l’asservissement. Sous un climat suffocant, livrée aux maladies, astreinte à des travaux pénibles, elle fait face aux mornes journées, à l’hostilité de quelques camarades d’infortune, et à l’autoritarisme arbitraire des religieuses. Quand un événement aussi imprévu qu’extraordinaire viendra éclairer l’existence de Julie.

Un récit émouvant qui souligne les ravages de l’exclusion et enseigne le courage et la compassion.

Mon avis

« De 1885 à 1914, 591 femmes furent ainsi exilées et embarquèrent vers le bagne de la Guyane. » (p. 5) Elles avaient été condamnées par la justice française à la relégation, parce qu’elles avaient volé, s’étaient prostituées, etc. pour survivre ou nourrir leur famille. Incarcérée plusieurs fois pour vol et prostitution, Julie Binay a été condamnée, en 1894, à l’exil perpétuel. A la suite de recherches généalogiques, John Toutain a découvert le destin de cette jeune femme ; elle était la sœur de son arrière-grand-père, la tante de sa grand-mère. Grâce aux documents judiciaires, il a pu reconstituer son passé. Il a, ensuite, transmis le résultat de ses investigations à Muriel Meunier. À partir des pièces officielles, la romancière a imaginé l’enchaînement des faits.

Julie naît en Normandie, dans une famille aimante. La misère oblige les enfants à travailler. Très tôt, la petite fille découvre les droits que possèdent ceux qui ont le pouvoir. J’ai été très touchée par les passages au sujet du travail des petits. J’ai, aussi, été émue par l’amour qui unit Julie à sa famille. Aussi, lorsqu’elle est exilée, la pensée de ses proches est un élément essentiel à sa survie, tandis que le décès brutal de son papa la traumatise toute sa vie.

Très jeune, Julie quitte sa région natale pour Paris. Elle rejoint sa meilleure amie, qui la loge et lui trouve un emploi. Elle rencontre l’amour auprès de Charles et ils se marient. Hélas, pour combler le manque d’argent, la jeune fille est celle qui prend tous les risques. Elle est souvent arrêtée et elle devient une récidiviste. Elle est, alors, condamnée au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. Son identité est effacée, elle devient le matricule 247. La seule possibilité d’en sortir est la mort ou le mariage avec un ancien bagnard, une autre forme d’asservissement.

Les chapitres alternent entre la vie de Julie avant la prononciation de sa peine et la dure réalité de la relégation collective. Les condamnées sont sous la garde d’une congrégation religieuse, déterminée à laver l’âme de femmes qu’elles considèrent, pourtant, irrécupérables. L’auteure décrit les conditions de détention : elles sont terribles et injustes. Certains passages glacent en raison de la cruauté des geôliers. Muriel Meunier retranscrit la souffrance des prisonnières, leurs émotions, leurs espérances, parfois, même si le désespoir prédomine. Au sein de cette douleur, quelques rares personnes essaient d’adoucir leurs malheurs, mais l’administration pénitentiaire est inébranlable. L’espoir trop grand peut détruire.

Je me suis énormément attachée à Julie. J’ai été bouleversée par son destin et par celui de ses compagnes de détention. Au fur et à mesure que les histoires ont été dévoilées, j’ai été révoltée par ceux qui ont décidé de leur existence. Certains faits sont poignants et montrent que, derrière de nombreuses condamnations se cache un vécu différent de celui relaté par le tribunal. Le drame de ces malheureuses est d’être nées pauvres et femmes. Muriel Meunier dépeint la condition féminine de la fin du XXIe siècle et du début du XXe siècle. Les coups ne sont pas portés que par les hommes, leurs consœurs ne pardonnent aucun écart, elles non plus. La bienséance et la morale étouffent l’humanité. Au sein de la prison aussi, la solidarité existe peu. Chacune se bat pour survivre. La douleur des trahisons s’additionne à celle de l’enfermement et de l’exploitation. Cependant, dans ce roman, des élans d’altruisme et des personnages masculins m’ont énormément touchée, par des actes courageux et bienveillants.

J’ai eu un coup de cœur pour Julie, matricule 247. J’ai été indignée par son destin tragique et j’ai été extrêmement émue par sa personnalité, sa force, sa souffrance et sa combativité. J’ai, aussi, beaucoup aimé les photos insérées au centre de l’ouvrage.

Julie, matricule 247, Julie Meunier, Editions Favre

Je remercie sincèrement les Editions Favre et l’agence Gilles Paris pour ce service presse.

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