Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, Gilles Paris

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête

Gilles Paris

Editions Gallimard Jeunesse

Quatrième de couverture

«Je me suis laissée prendre, comme une fille facile.» Ainsi parle Iris avant de se donner la mort. C’est un choc pour l’ensemble du lycée mais surtout pour Emma, Tom et leurs amis. Conscients d’avoir mal agi, ils tiennent à mieux comprendre ce qui s’est passé et à défendre la mémoire d’Iris.

Une histoire d’amitié forte qui, sur fond de quête identitaire, aborde notamment les problèmes liés à la violence et au harcèlement.

Mon avis

Le livre commence par l’histoire d’Iris. Elle confie ce qui l’a menée à se suicider. Elle a vécu l’horreur, a tenté de se réparer, de se laver de l’ignominie en se salissant, mais personne n’a su détecter les signes de détresse qu’elle a envoyés. Personne ne l’a écoutée. Au contraire, elle a été jugée, condamnée et harcelée. Pour arrêter de penser, elle a acheté une corde et elle s’est pendue. Ce premier chapitre, qui relate l’enfer subi par la lycéenne, que ce soit dans le cadre familial ou scolaire, est glaçant de réalisme.

Ce drame est le point de départ du roman. Gilles Paris a donné la parole à plusieurs adolescents, qui ont connu Iris. Ils ne parlent pas du drame entre eux, mais leurs pensées expriment certains remords, même s’ils évitent de s’y attarder. Sans le nommer, ils comprennent que la mort d’Iris a provoqué un changement en eux. La prise de conscience est individuelle, alors que le harcèlement a été collectif. Comme une meute, ils se sont acharnés sur la jeune fille : vidéos, crachats, insultes. L’origine de l’attitude d’Iris est familiale, ce sont les adultes qui l’ont détruite, par leurs actes et leur indifférence. Cependant, les adolescents ont une responsabilité dans son suicide.

Chacun essaie de surmonter cette culpabilité. Le sujet est éludé, mais se rappelle à eux par une phrase, une pensée, jusqu’à ce que la menace de la répétition surgisse. C’est un cataclysme qui mène à une prise de conscience, qui les conduit à rendre justice à Iris.

Iris est en filigrane. Elle est présente, mais peu évoquée. Elle se discerne à travers les préoccupations de ses camarades de classe. Les adultes, également, interviennent peu, mais sont présents. Chacun des adolescents se construit dans un schéma familial différent : les parents d’Emma et Tom, les jumeaux, travaillent beaucoup, mais les surveillent de loin (trop loin), le père de Thimothée est violent, les parents de Solal sont attentifs, Léon vit avec son oncle, etc. Les adolescents racontent les fêtes, les limites repoussées, la découverte de la sexualité et ses questionnements, les trahisons amicales, etc. Les excès sont nombreux. C’est une micro-société, avec des règles qui effraient, parfois, mais qui semblent être la réalité. Pour une maman, cela fait peur. Pourtant, au milieu de cette recherche d’identité, dans une version dangereuse, certains actes montrent que rien n’est écrit. Des amitiés, des sentiments, des passions peuvent transcender. Un objectif commun pour, cette fois, rétablir la vérité, modifie aussi l’existence.

Le langage est celui des adolescents. J’ai beaucoup apprécié le lexique, à la fin du livre. Il m’a même été utile, il y a quelques jours, quand ma fille a utilisé une expression que je ne connaissais pas et qui était traduite par Gilles Paris.

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête m’a bousculée, me faisant espérer que, quand elle sera adolescente, ma fille continuera à se confier à moi, comme elle le fait à onze ans. Ce roman est un cri d’alerte.

Je remercie sincèrement Gilles Paris pour sa confiance.

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