Ombres portées, Ariana Neumann

Ombres portées

Ariana Neumann

Editions Les Escales

Traduction de Nathalie Peronny

Quatrième de couverture

Une enquête familiale bouleversante, rythmée comme un roman d’espionnage.

À Caracas, dans le vaste domaine familial, Ariana Neumann, huit ans, joue à l’espionne. En fouillant dans les affaires de son père, Hans, elle trouve une pièce d’identité. Elle reconnaît son
père jeune homme, mais il porte un autre nom. Effrayée, elle tait cette découverte et s’efforce de l’oublier.


Des années plus tard, à la mort de son père, Ariana retrouve ce mystérieux document dans une boîte contenant des photos, des lettres et d’autres souvenirs de la jeunesse de celui-ci à Prague. Elle mettra près d’une décennie à trouver le courage de faire traduire cette correspondance. Ce qu’elle découvre la propulse dans une quête pour découvrir l’histoire de sa famille, la vérité sur son père et les raisons de son silence…

Mon avis

Venezuela. Ariana Neumann a toujours aimé jouer aux détectives. À huit ans, avec ses cousins maternels et quelques amis, elle avait fondé un club d’espionnage. Si la cuisinière signalait que du fromage avait disparu, la petite fille récoltait les preuves et désignait la coupable. Un matin, elle a appris que son père avait caché une boîte. Elle a attendu d’être seule, pour l’explorer : elle a découvert des clichés et des papiers, dont un d’identité. Alors que le nom n’était pas celui de son père, c’était, pourtant, sa photo qui était collée. En dessous, il y avait un timbre représentant un homme, dont les traits lui étaient familiers : elle savait qu’il incarnait le mal. Prise de panique, elle s’est ruée vers sa mère pour l’informer que son père n’était pas celui qu’il prétendait être. Sa maman l’a réconfortée.

Pendant des décennies, Ariana n’a pas revu la boîte. L’objet n’est réapparu qu’au décès de son père, rempli de documents, qui étaient absents quand elle était petite. Hans a attendu de ne plus être là pour confier son histoire à sa fille. Il lui a légué des archives datant de la guerre, ce sont les pièces d’un puzzle qu’elle doit reconstituer. « Il m’avait laissé les fragments épars d’une enquête à résoudre parce qu’il ne pouvait pas me raconter cette histoire lui-même. La vérité était trop insupportable pour qu’il s’y confronte. » (p. 55). Pendant des années, Ariana a tourné autour de la correspondance enfouie, elle était terrifiée. Elle a fait traduire les lettres (elles étaient en tchèque) et a fini par les lire, par petits bouts. Quand elle a été prête, elle a reconstitué le passé familial. Ombres portées est son témoignage : elle livre l’histoire de ses ancêtres, mais aussi le chemin qu’elle a parcouru pour le déterrer. Elle détaille ses démarches, ses sentiments, ses émotions et son interprétation des pièces conservées, au regard de son enquête. Elle n’occulte pas ses interrogations, elle n’extrapole pas lorsqu’elle n’a pas de réponse, elle partage ses doutes, ses incompréhensions et la douleur qu’elle ressent. Pour retracer la vie de son père, elle s’est appuyée sur des confidences de survivants, des documents officiels, du courrier, des experts, etc. Elle a, également, effectué des voyages dans les pays dans lesquels Hans a vécu.

Contrairement à ce que j’avais imaginé, Ombres Portées n’est pas un roman. Il est le fruit des investigations de l’auteure, couplées à ses émotions, ainsi qu’à celles de ceux qui ont vécu les faits qu’elle relate. Ses sources et les éléments qu’elle possède lui permettent de transcrire la part psychologique et émotionnelle de ceux qui ont été au cœur des évènements. Cependant, la construction du récit donne la sensation d’un écrit romanesque, ce qui évite une lecture didactique et permet que l’humain soit au cœur de l’enquête. Cette sensation est renforcée par l’insertion de textes rédigés par Hans, lui-même, ainsi que des lettres authentiques de ses proches. L’ouvrage est émaillé de photos et de documents d’époque, nous rappelant que l’histoire est véridique.

Ombres portées est un incroyable livre de mémoire. Le parcours de Hans commence en Tchécoslovaquie, se poursuit en Allemagne et s’achève au Venezuela. Ariana Neumann ignorait des pans complets de la vie de son père. Elle ne connaissait pas ses racines, elle ne savait pas ce qui était arrivé à ses grands-parents paternels, elle n’avait jamais rencontré les personnes qui ont modifié le destin des Neumann et sans qui elle ne serait pas née, etc. En lui révélant ce qu’il n’a pas pu dire de son vivant, son père lui a transmis « la mémoire de celles et ceux qui n’ont pas pu raconter leur histoire ». C’est à eux qu’elle dédie son livre. J’ai été secouée par Ombres portées et j’ai été époustouflée par tout ce qu’il nous apprend sur l’Histoire et sur ceux qui l’ont vécue. Mon émotion a été renforcée par la véracité des faits et la documentation déchirante qui illustre la biographie. C’est un gros coup de cœur pour moi.

Je remercie sincèrement Anne des Éditions Les Escales pour ce service presse.

3 commentaires

    1. Coucou,

      Ah ça, les PAL, 😀.

      Je n’avais pas fait attention que c’était un récit. Mais en réalité, l’écriture de l’auteure donne la sensation de lire un roman,💖.

      Bonne fin de journée 😘

      Aimé par 1 personne

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