Premier sang, Amélie Nothomb

Premier sang

Amélie Nothomb

Editions Albin Michel

Quatrième de couverture

« Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. »

Mon avis

Je n’avais lu que deux livres d’Amélie Nothomb : un que je n’avais pas compris (peut-être étais-je trop jeune ?) et un que j’avais adoré. Ma curiosité a été titillée par Premier sang, lorsque lors de sa présentation, j’ai appris que la première scène décrivait les souvenirs d’un homme, devant un peloton d’exécution. Cet homme est le père, disparu en 2020, de l’auteure. A partir de cette scène terrible, elle remonte les souvenirs de son papa. Elle imagine ce que sont les pensées qu’il a eues, la première fois qu’il a été face à la mort.

Premier sang est l’histoire de Patrick Nothomb. A travers les mots de sa fille, c’est sa voix qui s’exprime, puisque le texte est écrit à la première personne du singulier. Patrick a grandi auprès de ses grands-parents maternels. Sa mère a été veuve, alors qu’il était un bébé, et elle s’est murée dans le chagrin. Le petit garçon a grandi avec la recherche d’une image paternelle. Quand il fut âgé de six ans, la décision a été prise de l’envoyer passer l’été chez les Nothomb, afin de lui prodiguer un peu plus de dureté. Il était très excité de connaître la tribu qui porte le même nom que lui. Son imagination s’est emballée lorsqu’il a appris qu’il allait séjourner dans un château. La représentation, qu’il en avait, était très éloignée de la réalité : il a approché la faim, le froid, les guenilles, etc. Il avait six ans et ne pensait qu’à s’adapter et à trouver sa place, au sein de la meute. Ses oncles avaient  le même âge que lui, lui menaient la vie dure, pourtant c’est au Pont d’Oye qu’il a vécu ses plus grands bonheurs. Le récit se poursuit avec son adolescence et ses premiers émois amoureux, ses études jusqu’à une prise d’otages, au Congo. Il était, en même temps, otage et négociateur. 

Alors que le tableau de l’enfance pourrait évoquer la misère, c’est une image colorée, pleine de vie et d’enthousiasme que dessine Patrick. Cette période est racontée avec beaucoup d’humour et j’ai été sensible à ce contraste entre les faits et le ressenti du petit garçon. J’ai aussi aimé la part romanesque dans les premiers amours, teintés de poésie. Enfin, j’ai été touchée par la tendresse et la pudeur, lorsque Amélie Nothomb révèle l’héroïsme de son papa. Le ton léger tend à amoindrir la gravité des faits, pourtant, ils existent : en dépit de mon sourire, ils me bousculaient. J’ai été très émue par la raison de la citation en quatrième de couverture : « Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre », qui se comprend à la lecture du roman. 

J’ai adoré Premier sang. Pour moi, il est un roman tendre et pudique.

Je remercie sincèrement Claire et Adèle des Éditions Albin Michel pour ce service presse.

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