Mamma Roma, Luca Di Fulvio

Mamma Roma

Luca Di Fulvio

Editions Slatkine & Cie

Traduction de Elsa Damien

Quatrième de couverture

Après New York, Venise ou Buenos Aires, Luca Di Fulvio a choisi Rome pour décor, sa ville natale, l’endroit où il écrit tous ses livres. L’action se passe en 1870, l’année où est née l’Italie. Dans cette ville-monde encore occupée par les troupes françaises, où s’affrontent monarchistes et républicains, trois personnages se croisent, se perdent et se retrouvent. Il y a Pietro, qui veut changer la vie avec un appareil photo, Marta, l’enfant de la balle, et Nella, l’improbable comtesse républicaine. Pietro et Nella sont orphelins. Rome va les adopter.

Traduit dans le monde entier, Luca Di Fulvio est l’auteur du best-seller international Le Gang des rêves, publié comme tous ses romans chez Slatkine & Cie et chez Pocket.

Mon avis

Dans une cour, cent enfants sont alignés, ils portent le même uniforme (plusieurs fois rapiécé), ils sont sales et ils espèrent. Ils prient : « Fais que ce soit moi ». L’enjeu est immense : celui qui sera désigné par la Comtesse quittera l’Institut et ne sera plus orphelin. C’est Pietro qu’elle choisit, séduite par sa fougue. Le jeune garçon part vivre avec elle et avec son époux. Il apprend les codes du nouveau milieu dans lequel il évolue quand un drame force sa protectrice à fuir avec lui. Ils rejoignent Rome, ville en ébullition : alors que les soldats français l’occupent, les monarchistes et les républicains se battent. Nous sommes en 1870, Mamma Roma décrit les évènements qui ont conduit à l’unification de l’Italie et la chute des États pontificaux.

Marta est une adolescente, qui a été élevée dans un cirque. Elle n’y est pas née : elle a été recueillie par Melo. Il est la seule personne en qui elle a confiance. Cavalier émérite, il ne monte plus et prend soin des chevaux. L’arrivée d’une petite fille réveille les souvenirs de Marta et elle s’interroge sur les circonstances de sa propre incorporation dans l’univers circassien.

Dès les premières pages, j’ai été subjuguée par la magie de l’écriture de Luca Di Fulvio. J’ai eu la sensation que les mots se posaient directement dans mon cœur, sans filtre, sans chemins détournés. L’émotion envahissait mon âme, mon corps et mon cœur. J’ai éprouvé une admiration sans faille pour cette plume qui me susurrait le texte, qui me contait les faits et me confiait les sentiments que je recevais comme s’ils étaient miens.

J’ai adoré Pietro, le « poulain » fougueux qui fait des bêtises par amour et qui a un sens aigu de la justice. J’ai été émue par Nella, cette femme courageuse qui connaît la dureté de la vie, et par Marta, jeune fille intrépide et terriblement attachante. J’ai complètement craqué pour Melo, un homme au grand cœur : il aime bougonner, mais la beauté de sa personnalité s’exprime dans ses actes. J’ai aussi eu un énorme faible pour Mamma Lucia : le pendant féminin de Melo ; elle m’a fait rire par sa manière de tourner les sentiments à la taquinerie. Les destins de ces personnages s’entremêlent, s’éloignent, se rapprochent, s’opposent, se retrouvent. Ils croisent, également, celui qui souhaite exister au-delà de la mort, puis cet autre au parcours barbare, qui laisse échapper de l’humanité, ou encore celui-là au dessein effrayant…

Émotion, peur, espoir, amour, lutte pour la liberté, courage, avidité, vengeance, attendrissement, rires, morts, tristesse, fierté : c’est un tourbillon de sentiments et d’événements. Les rêves surmontent les abattements, la cruauté de la vie écrase les vœux, la noirceur est masquée par la lumière des valeurs humaines, la beauté est opacifiée par les tragédies, certains larcins œuvrent pour la justice, le mensonge est évincé par la réalité, grâce à celui qui prend tous les risques pour la vérité. Une sensation de merveilleux m’a entourée.

Cette magnifique fresque romanesque se termine à la page 686. Je n’y crois pas, cela ne correspond pas à ma perception, cela m’a paru trop court, je souhaitais mille pages de plus. Depuis que je l’ai terminé, j’ai des difficultés à m’immerger dans d’autres lectures, elles ne m’apportent pas ce brasier que Mamma Roma a fait naître dans mon cœur.

Je salue la traduction admirable d’Elsa Damien.

Mamma Roma est un coup au cœur pour moi.

Je remercie sincèrement Elisa des Éditions Slatkine & Cie pour ce service presse.

Du même auteur

Les aventuriers de l’Autre Monde

Le gang des rêves

Le soleil des rebelles

Les Prisonniers de la liberté

Un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s