La riposte, Jean-François Hardy

La riposte

Jean-François Hardy

Editions Plon

Quatrième de couverture

« Tu sais, Jonas, je ne vais pas passer mon existence à baiser tandis que le monde tombe en morceaux. Il est temps d’arrêter le carnage et de riposter. » 

Dans Paris désagrégé par la crise écologique, la misère a définitivement pris ses quartiers. Au rationnement alimentaire s’ajoutent la violence de l’État, la canicule et les maladies. Un mystérieux mouvement, Absolum, placarde ses affiches dans toute la ville et gagne du terrain. Son slogan : « Révolution pour la Terre ».

Dans ce chaos, Jonas est infirmier à domicile. Quand il ne s’occupe pas de ses patients, il se réfugie dans les bras de la jeune Khadija, déterminée à sauver le monde. À 37 ans, Jonas est quant à lui désabusé et s’apprête à fuir comme tant d’autres vers le nord de l’Europe, en quête d’une vie meilleure. Mais peut-il partir si facilement sans se retourner ? Qu’est devenue sa sœur Natalia, sa seule famille, dans la campagne aride privée d’électricité ? Et s’il parvenait à convaincre Khadija de le suivre ? Incapable de s’engager comme de rester loyal à un système dont il a su pourtant profiter, Jonas va devoir faire face au murmure d’une grande révolte.

Avec une remarquable inventivité et une lucidité féroce, La Riposte nous plonge dans ce qui pourrait ressembler à 2030. Une invitation littéraire saisissante au monde de demain.

Mon avis

Le monde a chaud, le réchauffement climatique s’est intensifié, les maladies se sont développées, les médicaments sont épuisés, l’alimentation est rationnée, les libertés sont entravées, les manifestations sont réprimées par la violence et les cancers se sont multipliés : « Et gloire à ce monde, à son industrie pétrochimique, à l’agroalimentaire, aux bagnoles et aux avions, qui ont rendu le cancer aussi obligatoire que l’école primaire. » (p. 13). Jonas vit à Paris, il a trente-sept ans et il est infirmier. Il tente de soulager la souffrance de ses patients, par son humanité, car il manque de molécules pour alléger leur douleur. Il ne peut que les conseiller sur les morts les moins douloureuses. Les corps sans vie s’accumulent, mais aucun ne bénéficiera de funérailles.

Dans deux semaines, Jonas ne sera plus là, il prévoit de fuir au nord de l’Europe, d’être un exilé climatique. Mais avant, il accompagne les malades. Parmi eux, un homme politique qu’il exècre, car il aurait pu agir quand il était au pouvoir. A contrario, il est ému par un enfant qui perd son combat contre la leucémie. Après sa tournée, il rejoint Khadija, de qui il est amoureux. La jeune fille est une membre active d’un mystérieux mouvement, qui prépare une révolution pour la Terre. Avant de partir, Jonas décide de revoir sa sœur, qu’il n’a pas vu depuis plusieurs années. Pendant quelque temps, il renoue avec la vie passée. Passée, mais revenue à des temps très anciens, sans électricité, etc. Le chaos arrive dans les campagnes. Jonas est déchiré : sauver sa peau ou sauver le monde ?

L’histoire se déroule dans un futur proche. Il est très anxiogène, car les évènements qui se produisent en 2030 sont la suite de ce que nous constatons dans nos sociétés. Lorsque Jonas évoque l’origine du mal, nous lisons, effarés, les faits actuels et ceux des dernières années. Le mal a commencé, qu’il soit sociétal, climatique, social, législatif, médical, etc. Jonas se souvient que les gouvernements culpabilisaient les citoyens, il se rappelle les recommandations au sujet des ressources (fermer les robinets, éteindre la lumière, etc.) et il se remémore l’inertie de ceux qui étaient au pouvoir. Alors que Kadhija se révolte, il est désenchanté. Chacun espère convaincre l’autre de son choix : l’exil ou la lutte ? L’une refuse la fuite, l’autre pense que le combat est vain. Ce roman est d’autant plus angoissant que Jean-François Hardy a été « plume » au cabinet de la ministre de l’Ecologie de 2019 à 2021.

La riposte est un récit d’anticipation glaçant en raison de son réalisme, puisque l’intrigue s’intègre et est la continuité de notre passé proche et de notre présent. J’ai été gagnée par le pessimisme de ces prévisions et je me suis sentie malmenée. Même s’il m’a manqué l’attachement aux personnages, trop occupés à survivre pour se faire aimer de nous, j’ai été frappée par l’urgence d’agir. C’est un roman féroce et tragique.

Je remercie sincèrement les Éditions Plon pour ce service presse.

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