Bugan Chuluu, Valérie Anvers

Bugan Chuluu

Valérie Anvers

Auto-éditée

Quatrième de couverture

Côme, 19 ans, est le fils aîné de Jeni qui a fait cinq enfants toute seule. Côme rêve de prendre son envol, mais ce n’est pas si facile quand il manque des pièces au puzzle. 

Philippe, auteur renommé, vient s’installer, à l’aube de la cinquantaine, dans la maison de son enfance, à deux pas de Jeni et de sa tribu déjantée. Il est là pour écrire en paix, mais entre son meilleur ami, séducteur invétéré qui débarque sans prévenir, sa mère qui s’immisce dans sa vie, son éditeur qui s’est fait larguer et son voisin qui passe son temps à le charrier sur sa vie sentimentale, Philippe a du mal à se concentrer… Et puis, surtout, il y a Jeni, la belle, secrète, instable et insaisissable Jeni…

Un roman à deux voix, celles de Côme et de Philippe, en proie aux doutes et en quête d’absolu. Le lecteur vit au rythme de leurs transformations, s’amuse de leurs maladresses et de leurs obsessions, de la tournure que prennent les événements. On a la gorge serrée quand la vie les déçoit, on s’impatiente de les voir hésiter, on se réjouit quand ils lâchent enfin prise.

Avec des personnages hauts en couleur et des situations loufoques dont elle a le secret, cette auteure atypique parvient à nous entraîner à notre insu au plus profond de nous-mêmes. Porté par une galerie de personnages secondaires, drôles et touchants à la fois, Bugan Chuluu est un pied de nez à la morosité ambiante.

Mon avis

Côme Effam est un garçon de dix-neuf ans. Il est l’aîné d’une famille de cinq enfants, nés de quatre pères différents. C’est un jeune homme tiraillé par des désirs différents. Il est partagé entre son envie d’être guidé par sa mère, Jeni, et celle de la protéger d’elle-même. Il s’agace autant qu’il s’amuse des bêtises de ses petites sœurs, âgées de onze ans, les jumelles Aldrehide et Alboflède. Il est prêt à réaliser ses rêves, mais apprécie de vivre auprès de sa tribu loufoque. Il veut savoir qui est son père, puis recule lorsque cela devient possible. Il joue aux durs, cependant, il a toujours des mouchoirs en papier à offrir aux cœurs en détresse. Sur son entourage, il porte un regard lucide, un peu ironique, pourtant teinté d’indulgence. Il est fasciné par la personnalité tourbillonnante de Jeni, sa mère aux réactions un peu infantiles et devant qui les hommes se prosternent. Il admire le pouvoir qu’elle détient sur eux, même si, en réalité, ils sont peu nombreux à comprendre, réellement, qui elle est.

Philippe, lui, est un écrivain renommé, qui s’est installé, dans la maison de son enfance, pour écrire en paix. Hélas, son quotidien subit des perturbations : un ami séducteur, un autre qui vit un chagrin d’amour, un vieil homme qui le taquine, une amoureuse avec qui il se dispute, mais surtout un voisinage déjanté puisqu’il habite près de Jeni et sa tribu. Il est autant amusé qu’estomaqué par le piment que cette famille apporte à son existence. Pour lui, est venu le moment de modifier son mode de vie : cela commence par sa voiture, puis par des changements radicaux dans sa vie. Pourtant, il n’avait pas envisagé que des révélations allaient confirmer ce que son inconscient lui a toujours soufflé.

Le récit est une alternance de voix : celle de Côme Effam et celle de Philippe. Le niveau de langage change en fonction du narrateur. Alors que l’adolescent écrit comme il parle, l’adulte s’exprime de manière soutenue. Le roman s’articule autour des liens filiaux. Chaque enfant de Jeni a une perception différente du rôle du père, en fonction de sa relation avec le sien. Chacun doit composer avec sa propre histoire paternelle : absence, ignorance, faiblesse, culpabilité, etc. De plus, l’image masculine détermine le point d’équilibre dans la relation avec Jeni. Alors que cette dernière a un caractère exubérant, elle est leur repère à tous, celle qui est toujours là et de qui ils ne peuvent douter de l’amour qu’elle leur porte.

Les thèmes principaux de Bugan Chuluu sont en filigrane. Le premier sentiment ressenti à la lecture est de l’amusement. C’est avec humour que Valérie Anvers nous invite à aimer cette famille recomposée. Les jumelles multiplient les bêtises, mais elles provoquent un sentiment de tendresse. Lorsque Côme Effam tente de réaliser son rêve, nous rions à l’évocation d’une émission de télévision, avant d’être tentés de lui dire de penser à lui. Un genou blessé conduit un personnage à sa véritable identité. Dans ce roman, le cocasse et la tendresse sont intrinsèquement liés.

J’ai énormément aimé ce roman, qui mêle le rire à l’attendrissement, même dans les situations tragiques.

Je remercie sincèrement Valérie Anvers pour ce service presse.

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