Le premier amour est-il éternel ?, Geneviève Senger

Le premier amour est-il éternel ?

Geneviève Senger

Éditions Presses de la Cité

Quatrième de couverture

Quarante ans, et tout sourit à Ariana, blogueuse à succès dans la mode. Séduisante en diable, mais fidèle depuis vingt ans à son tendre Edouard, deux beaux enfants, une soeur complice, un appartement à Montmartre. Pour rien au monde elle ne renoncerait à ce bonheur-là, aussi pétillant et grisant qu’une coupe de champagne.
Oui, la vie est belle ! Et pleine d’inattendu…
Car Ariana devient la propriétaire de l’Orée, belle demeure toute cernée de roses. Un héritage bien encombrant, d’autant que le Lot est très loin de sa chère capitale…
Et pourtant c’est ici, près de Cahors, au coeur de la campagne, qu’Ariana voit resurgir le souvenir de celui qui fut son premier amour.
Tout lui revient en mémoire. Et c’est une vraie tornade !
Mais n’est-il pas trop tard ?

Mon avis

La vie est belle pour Adriana. « Même ma grand-tante m’aimait. Tout le monde m’aime, mon mari, mes enfants, mes fans. » (p.11) Elle a quarante ans, est mariée à Ed, un chirurgien cardiaque qui l’adule, elle a deux enfants et elle vient d’hériter d’une belle demeure à Cahors. Elle est, également, une influenceuse de mode, très suivie sur les réseaux sociaux. Même si enfant, elle y a passé un merveilleux été, elle envisage de vendre la propriété de l’Orée que sa grand-tante lui a léguée. Elle est Parisienne jusqu’au bout des ongles. Son monde bascule quand son époux, âgé de soixante ans, est victime, comble de l’ironie, d’un infarctus. Après sa convalescence, celui-ci décide de prendre sa retraite et convainc Adriana de déménager à Cahors, dans le Lot.

C’est un bouleversement pour toute la famille. Sa fille, adolescente, doit se construire un nouveau monde ; son fils, qui souffre de moqueries à l’école, en raison de ses capacités élevées, en profite pour prendre un nouveau tournant ; Ed découvre les joies du jardinage ; sa sœur et son père décident de quitter Paris et de rejoindre la tribu. Adriana, quant à elle, doit se réinventer. Celle dont le pseudo est Nanablue ne peut pas abandonner ses abonnés. Ces derniers vivent, principalement, dans la capitale et dans les grandes agglomérations. La blogueuse doit tourner des vidéos qui leur plaisent, alors qu’elle habite à la campagne.

Adriana se décrit comme une femme superficielle, qui s’épanouit en se mettant en scène. Née d’un second mariage, elle a une sœur, de vingt ans plus âgée qu’elle, qui est la raisonnable de la famille. Elle a le même écart d’âge avec son mari, qui se montre paternel avec elle. Ed aime son côté frivole et entretient ce trait de caractère. Mais tante Adèle se souvenait de la petite fille, avec qui elle avait partagé des moments forts. L’héritage n’est pas seulement matériel, la vieille dame a semé des graines pour qu’Adriana s’écoute. Dans la maison aux roses, l’influenceuse s’efface pour laisser la place à la femme qu’elle cachait. Nanablue est une façade pour cacher les souffrances. La vie est belle : en renvoyant cette image, l’épouse et la mère comblée enfouit ce qui fait mal. En se laissant porter par les autres, elle refoule les stigmates de la dernière fois où elle a décidé pour elle-même.

Au début, Adriana m’était insupportable et j’étais outrée par son sens des priorités : par exemple, le tournage des vidéos primait sur l’essentiel, alors que son mari était à l’hôpital. Mais lorsque le vernis s’est écaillé, j’ai voulu entendre son histoire. Quel était cet événement qui l’avait empêchée de vivre ses désirs ? Pourquoi voue-t-elle une telle rancœur à son père ? Les souvenirs resurgissent et Adriana accepte de les confier. De nombreuses années après, la douleur est toujours aussi vive, quand elle consent, enfin à l’écouter. Les réminiscences du passé la confrontent à son présent. Elle s’aperçoit qu’il n’est pas celui qu’elle croit, qu’elle vit à côté d’elle-même.

La réponse à la question posée dans le titre n’est suggérée qu’à la fin. Le cheminement d’Adriana interroge notre propre histoire et nous rappelle nos premiers amours. Pour la mère de famille, c’est un déferlement de non-dits, sa mémoire se réveille et son cœur sort de son endormissement. Certaines douleurs sont nécessaires pour s’ouvrir à ses envies. Cette sortie de l’oubli fissure la carapace d’Adriana, sa sensibilité se dévoile et les apparences s’estompent pour révéler sa vraie personnalité. Ces thèmes pourront surprendre, car ce roman est un livre-détente, au ton léger.

J’ai passé un très bon moment avec Le premier amour est-il éternel ?

Je remercie sincèrement Marie-Jeanne et Clarisse des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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