L’Éclair d’argent, Véronique Chauvy

L’Éclair d’argent

Véronique Chauvy

Editions de Borée

Quatrième de couverture

Mai 1871, en pleine Commune de Paris, Julien, quatorze ans, assiste impuissant à la mort de son frère, tué par un soldat de l’armée versaillaise. Injustement condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie, il jure de se venger. De retour du bagne après l’amnistie générale votée en 1879, Julien part sur la trace du meurtrier de son frère, à Pontgibaud en Auvergne, où il se fait embaucher à la Compagnie qui exploite les mines de plomb argentifère.

Dans le même temps, échappant à un mystérieux passé douloureux, arrive dans la cité auvergnate une Anglaise, Annabella Wright. Venue se recueillir sur la tombe de son père, un ingénieur tragiquement décédé alors qu’elle était enfant, elle est accueillie par ses compatriotes travaillant pour le compte de la société minière. Alors que des doutes l’assaillent sur les circonstances qui ont coûté la vie à son père, elle croise le chemin de Julien. Leur quête respective de la vérité les rapprochera-t-elle ?

Mon avis

Jeudi 25 mai 1871, à Paris. Pendant la semaine sanglante de la Commune, le frère de Julien est tué, sous ses yeux, par un soldat de l’armée versaillaise. Lorsque ce dernier vole le Napoléon que Vincent gardait dans sa poche, en souvenir de leur père, Julien sort de sa cachette et se jette sur le pilleur. Âgé de quatorze ans, il est arrêté et est condamné à la déportation, en Nouvelle-Calédonie. Il se jure de venger son frère.

Huit ans plus tard, il fait partie des premiers à rentrer du bagne, grâce à la loi d’amnistie de 1879. Il n’a pas oublié sa promesse. Il sait où chercher celui qui a tué son frère. Le jour du drame, il l’avait entendu dire qu’il était « un Auvergnat du pays de l’argent », ainsi que le surnom qui lui était donné. De plus, le soldat avait fait tomber une pierre verte qui venait de chez lui. Enfin, il avait une particularité physique surprenante. Déterminé à appliquer sa propre justice, Julien se rend à Pontgibaud, en Auvergne, où il se fait embaucher comme menuisier à la Compagnie d’exploitation de plomb argentifère.

Son arrivée coïncide avec celle d’Annabella Wright, venue d’Angleterre : son père est mort à Pontgibaud et y est enterré. Elle était encore une enfant quand il a été asphyxié, au fond d’une mine, par du gaz carbonique. Elle est très bien accueillie par la communauté anglaise, très présente et impliquée dans l’entreprise qui fait vivre la ville. En raison d’une phrase sibylline, prononcée par un vieil homme, elle s’interroge sur les circonstances du décès de son père. Ses recherches et ses questionnements s’entremêlent avec ceux de Julien. Lui aussi est en quête de vérité. S’allieront-ils ou s’opposeront-ils ? Ils comprennent que tous deux cachent des secrets sur leur passé. 

Pour des raisons différentes, ils se sont rapprochés d’Eugénie, une jeune fille désespérée : son père la force à un mariage de raison. Depuis qu’il a fait fuir des garçons qui la poursuivaient d’assiduités, elle s’est amourachée de Julien. Elle le voit comme un sauveur et elle croit à ses promesses. Le jeune homme découvre alors qu’elle est la fille d’un homme à la particularité physique surprenante… La jeune Franco-anglaise, elle, est sensible à la détresse de la future mariée. Elle s’inquiète aussi pour la fille de ses hôtes. Liz va épouser l’homme qu’elle aime, mais son amie a peur qu’elle déchante après la nuit de noces. En effet, le promis a des comportements déplacés envers Annabella, qui, par son passé de bénévole, entre autres, connaît les signes précurseurs de violence. A travers ces trois personnages féminins, Véronique Chauvy décrit la condition féminine à la fin du XIXe siècle : mariages arrangés, place d’une fille dans une fratrie, violences conjugales, etc.

Pendant huit ans, Julien a nourri son désir de vengeance, mais il n’a pas anticipé de quelle manière, il l’assouvirait. Doit-il s’en prendre au meurtrier de son frère ou nuire à ses proches ? Une scène m’a fait réaliser que son choix pourrait transformer l’attachement que j’avais pour lui en détestation. Se laissera-t-il aveuglé par la haine ou épargnera-t-il les innocents ? Nous comprenons ce qu’il ressent, nous partageons son envie de justice, nous sommes horrifiés de ce qu’il a vécu pendant sa déportation, alors qu’il n’était coupable de rien, nous souhaitons que le responsable réponde de ses actes, mais nous ne voulons pas que l’ancien condamné se serve des mauvaises armes. Annabella, quant à elle, veut connaître la vérité sur le décès de son père. Julien et elle sont liés par une quête commune, cependant, ils craignent que celle de l’un entrave celle de l’autre. Leurs questions dérangent et la suspicion qui les entoure pourrait empêcher les confessions et les révélations.

A travers l’histoire de ces deux êtres épris de vérité et de justice, Véronique Chauvy relate les évènements qui ont meurtri Paris, pendant la Commune. Elle décrit les barricades, les exécutions et les condamnations qui ont suivi, ainsi que les terribles conditions de détention des exilés. Le récit est également d’une grande richesse au sujet de l’exploitation des mines de plomb d’argent, qui faisait vivre des familles complètes. Certains étaient employés dans la mine, d’autres comme laveurs, etc. Les métiers sont décrits avec passion et j’ai aimé découvrir toute la chaîne de travail, des mineurs jusqu’aux ingénieurs. L’auteure explique qu’à cette époque, la pollution créait déjà des inquiétudes.

J’ai adoré cette quête de vérité et de justice.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse dédicacé.

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2 commentaires

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