Heresix, Nicolas Feuz

Heresix

Nicolas Feuz

Editions Slatkine & Cie

Quatrième de couverture

Petits meurtres en terre Cathare
La nef de l’église de Saint-Thibéry n’a jamais été aussi pleine, les policiers de l’Hérault enterrent l’une des leurs. La cérémonie est interrompue par une étrange procession, six hommes énucléés et à la file indienne, un mot gravé sur le torse en lettres de sang : HERESIX.

Au Cap-d’Agde, la petite Maeva Tolzan disparaît.

Dans un train privatisé filant dans la nuit entre Béziers et Narbonne, Alexia fête ses 18 ans en compagnie du garçon qu’elle aime, mais les choses ne vont pas se passer comme elle le rêvait.

Deux enquêtrices chevronnées tentent de recoller les morceaux de ce puzzle.

Un polar au rythme impitoyable dont vous ne ressortirez pas indemne.

Mon avis

Alors que des policiers et des gendarmes assistent à l’enterrement d’une des leurs, six hommes pénètrent dans l’église. Ils ont été précédés par leurs hurlements et sont accueillis par des cris d’effroi. Ils sont nus, ils se tiennent par l’épaule, afin de suivre leur guide, le seul à avoir encore un œil. Les cinq autres ont les deux yeux crevés. Tous les six ont le nez tranché. Sur leur poitrine, est gravé au couteau le mot : « Heresix ».

À Béziers, un incendie détruit « un établissement nocturne à la réputation sulfureuse » (p. 22). Une lettre annonce une croisade contre un truand et contre son empire. Son contenu fait référence au catharisme. Elle brandit « l’Inquisition contre l’hérésie ». (p. 25)

Le 15 janvier 1208, Pierre de Castelnau est assassiné. « Cette mort va sceller le destin des cathares d’Occitanie. La première croisade fut l’assaut du fief de Béziers.

Au Cap d’Agde, une petite fille de trois ans disparaît, dans un bungalow. Ses parents l’avaient mise au lit avant de sortir. Dans un train, Alexia fête ses dix-huit ans, avec son amoureux. Elle pensait vivre une soirée romantique et se retrouve en enfer. Les ailes du papillon sont brûlées.

La gendarmerie et la Police unissent leurs forces pour découvrir l’origine de la mise à feu de la région. 

Les chapitres alternent entre les différentes histoires : celles du XIIIème siècle ou de l’époque Contemporaine. Lorsque le lieu change, nous nous imaginons reprendre notre souffle et nous éloigner de l’horreur, or chaque nouvelle scène nous plonge encore plus dans la monstruosité. Pédophilie, prostitution, viols, vengeance, croisades, tortures, etc. le cauchemar n’a pas de limites. En raison des thèmes traités et des atrocités décrites, Heresix est une lecture difficile. Nicolas Feuz n’épargne pas nos nerfs, ni notre résistance psychologique, face à l’innommable et à la cruauté humaine.

Pourtant, ce suspense est terriblement addictif. Même si notre cœur est déchiré par les souffrances de certaines victimes, nous comprenons que les pièces de l’intrigue s’imbriquent. Le tableau ne se révèle qu’à la fin, nos déductions sont souvent fausses, mais lorsque nous comprenons que nous n’avons pas su lire certains indices et que nous avons tiré les conclusions les plus évidentes, nous sommes stupéfiés par le talent de l’auteur. En effet, notre cerveau est habitué à certains schémas et c’est à la fin que nous percevons que nous nous sommes laissé influencer, plutôt que d’être attentifs à certains détails, qui se rappellent à notre esprit. Alors que nous sommes encore pantois d’avoir été manipulés, l’auteur nous achève avec la dernière phrase. Il n’en avait pas fini avec nous.

J’ai été malmenée par ce thriller qui aborde les thèmes douloureux des violences faites aux enfants et aux femmes, à travers les siècles. Ce sont des passages difficiles. Mais lorsque la souffrance se retourne contre des monstres, malgré l’abomination des actes à leur encontre, notre lecture n’est pas teintée de la même révolte. J’ai adoré Heresix, il m’a énormément remuée.

 Je remercie sincèrement les Éditions Slatkine et Cie pour ce service presse.

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