Coeur de VERRE, Nicole Provence

Coeur de VERRE

Nicole Provence

Editions Christine Bonneton

Quatrième de couverture

Givors, 1873. Fille du maître verrier Frédéric Mahler, Luciane est l’héritière d’une usine construite à Givors, dans le Rhône. Orpheline, son oncle et tuteur Joseph Mahler projette de spolier ses biens en la mariant avant sa majorité à son fils Werner, son cousin, malgré leur lien de sang. Tout aurait pu se concrétiser si Luciane, en se rendant discrètement un soir dans la salle des fours, n’avait pas admiré Adelmo, un souffleur de verre italien dont elle tombe amoureuse. La jeune fille découvre alors le triste sort des gagnoles, les enfants embauchés par un recruteur en Italie pour travailler dans les verreries de la région. Luciane, devra franchir bien des obstacles pour sauver son amour et sa verrerie. 

Mon avis

Givors, 1873. Luciane a perdu son père, alors qu’elle était âgée de quatorze ans. Son oncle Joseph est devenu son tuteur et dirige la verrerie familiale. Le jour de ses vingt et un ans, l’orpheline percevra son l’héritage. A l’approche de son anniversaire, le comportement de Werner, son cousin, se transforme : jusque-là distant et indifférent, il projette de l’épouser, avec la complicité de Joseph, pour s’approprier ses parts de l’entreprise. Elle devine que si leurs projets de mariage n’aboutissent pas, les deux n’hésiteront pas à utiliser des méthodes plus radicales.

Mais la jeune fille est amoureuse. Depuis un an, elle se rend, très régulièrement, dans la salle des fours et admire, Adelmo, un souffleur de verre italien. Elle se cache, mais Claudio, un gagnole (surnom donné aux enfants travaillant dans les verreries) a remarqué sa présence. Par lui, elle découvre les conditions de vie des enfants et décide d’améliorer leur existence.

Claudio a traversé les montagnes, avec d’autres enfants, âgés de huit à dix ans, pour rejoindre la France. Le recruteur a versé une somme d’argent à sa famille. En effet, la France, ayant besoin de main-d’œuvre, n’est pas regardante sur l’âge de ses ouvriers. Depuis cinq ans, Claudio est employé à la verrerie Mahler. Il vient d’avoir treize ans, aussi sa journée de travail est passée de huit à dix heures. Le premier chapitre décrit la pénibilité de sa tâche qui lui brûle les mains. Par lui, Luciane découvre, également, la frugalité des repas et l’état d’insalubrité des dortoirs. Sensible à la dureté de la vie des petits travailleurs, elle essaie de leur apporter un peu plus de confort.

Sa mobilisation pour les gagnoles semble lui donner l’élan nécessaire à sa propre émancipation. La jeune fille se renseigne sur ses biens et entreprend des démarches pour se protéger. Lucide et intelligente, elle dissimule ses soupçons et paraît ingénue auprès de Joseph et Werner. Ces derniers sont prêts à tout pour posséder l’entreprise de son père. Luciane est en danger.

Avec beaucoup de tendresse, Nicole Provence dépeint la dure réalité des verreries, à la fin du XIXe siècle. J’ai été très touchée par les petits bouts qui travaillent dans des conditions difficiles, hypnotisés par le feu qui leur brûle les mains, à travers leurs gants qui ne les protègent pas. L’auteure décrit la faim, les maladies, les couches inconfortables, mais aussi la fierté de ne plus être une charge pour sa famille. Adalmo, lui, est souffleur de verre. Il est arrivé en France, dans les mêmes circonstances que Claudio, mais des années plus tôt. La description de ses créations m‘a captivée et j’ai été admirative de son art. Luciane, quant à elle, m’a beaucoup émue. Malgré son statut social, elle ouvre les yeux et son cœur sur la misère des employés. Généreusement, elle défend leurs droits et adoucit leur quotidien. Elle prend, également, sous son aile, une petite fille très courageuse, à la langue bien pendue. La jeune héritière est très attachante. Malheureusement, elle est entourée de personnes cyniques, intéressées par ce qu’elle possède. Joseph et Werner ont des relations dans le milieu malfrat et sont déterminés à voler la jeune fille. Rien ne les arrête, ils l’ont déjà prouvé. Aussi, nous avons peur pour elle. Ses ennemis ont toujours un coup d’avance. Cependant, ils se trompent sur la naïveté qu’ils prêtent à leur proie.

Cœur de VERRE est, également, une très belle histoire d’amour qui dépasse les différences sociales. J’ai succombé à la beauté et à la gentillesse d’Adelmo. Ce roman est aussi le passé qui revient, grâce à des évènements inattendus. Aussi, malgré la méchanceté de Werner et de Joseph et malgré la dureté de la vie des exilés italiens, la douceur prédomine dans ce roman passionnant. J’ai adoré Cœur de VERRE, dans lequel suspense et sentiments s’entremêlent, dans un tableau social captivant.

Je remercie sincèrement Hélène des Éditions Christine Bonneton pour ce service presse.

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