Seule la haine, David Ruiz Martin

Seule la haine

David Ruiz Martin

Editions Taurnada

Quatrième de couverture

Persuadé que le psychanalyste Larry Barney est responsable du suicide de son frère, Elliot le prend en otage dans son cabinet.
Sous la menace d’une arme, Larry n’a pas d’autre choix que de laisser l’adolescent de 15 ans lui relater ses derniers mois.
Mais très vite, c’est l’escalade de l’horreur : Larry est jeté dans un monde qui le dépasse, aux frontières de l’abject et de l’inhumanité. Tandis que les détails scabreux se succèdent, une seule idée l’obsède : celle de s’en sortir, à tout prix…

Un thriller psychologique qui va vous retourner la tête !!!

Mon avis

Larry Barney, un psychanalyste, est retenu en otage par un adolescent de quinze ans. Menotté et sous la menace d’une arme, le praticien est forcé d’écouter le récit du jeune Elliot, qui le tient pour responsable du suicide de son frère. Il lui indique que pour connaître la raison de cet acte irréparable, il a mis ses pas dans les traces de son frère. Maintenant, c’est au tour de Larry de connaître le quotidien de celui qu’il n’a pas su sauver, alors qu’il le suivait en thérapie.

Elliot explique qu’il a suivi deux garçons et les a espionnés. Il dépeint une escalade d’actes terribles et de crimes. Le psy a la sensation de basculer dans un monde parallèle, composé d’horreurs. Les détails horribles s’incrustent dans son esprit, pourtant, il veut toujours en savoir plus, Elliot l’a bien compris. Alors qu’il déroule son histoire, il resserre l’étau autour du Doc, qui ne sait pas s’il sortira vivant de cette « conversation » : l’arme lui est destinée. À quelle fin ? Les propos de l’adolescent sont insoutenables, il a approché le mal de très près. Comment se relever ? La tension monte de plus en plus, poussant chacun dans ses retranchements. La situation bascule, après certains mots prononcés…

Le face à face entre le spécialiste de la psychologie et l’ado surdoué semble suivre un déroulement précis. Larry sent qu’il perd ses réflexes professionnels, en écoutant celui qui l’emmène où il l’a prévu, sans dévier de son objectif. Les paroles agissent comme la flûte de Hamelin et Larry suit le musicien terrible, entraînant le lecteur avec lui. Cela ne peut que se terminer de façon tragique.

David Ruiz Martin a un talent énorme pour nous faire passer d’un sentiment à l’autre au sujet de chaque personnage. Chacun d’entre eux provoque empathie, pitié, attachement, rejet, effroi, etc. Il parvient, également, à susciter une réflexion. Et nous, comment aurions-nous réagi ? Quel choix aurions-nous fait ? Que pouvons-nous croire ? Quel mal est le pire ? L’auteur nous fait toucher la folie de près et nous effraie au sujet du pouvoir des mots. Il nous fait douter de ce que nous interprétons, et nous ne savons plus que croire, nous laissant exsangues devant la manipulation. Seule la haine est un huis clos oppressant, qui vous mènera dans une dimension que vous ne pouvez pas envisager. Êtes-vous prêt à sombrer dans le précipice ?

Au départ, la fin m’a déstabilisée, mais ensuite, j’ai trouvé qu’elle apportait une pression supplémentaire. C’est le quatrième livre que je lis de David Ruiz Martin et une fois encore, il me pousse dans mes retranchements. J’ai adoré.

Je remercie sincèrement Joël des Éditions Taurnada pour ce service presse.

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Que les murs nous gardent

Le syndrome du morveux

2 commentaires

  1. La plupart des parutions de la maison d’édition me tentent, mais c’est peut-être celle-ci qui m’intrigue le plus, les avis, à l’instar du tien, étant plus qu’enthousiastes ! Il semble également se dégager quelque chose de particulier de cette intrigue…

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai que les Éditions Taurnada ont un réel talent pour sélectionner les livres qui sont des tueries.
      David Ruiz est doué pour créer des ambiances et celle-ci est véritablement oppressante.

      Bonne soirée 😘

      Aimé par 1 personne

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