Le Temps de l’enfance, Yves Viollier

Le Temps de l’enfance

Yves Viollier

Editions Presses de la Cité

Collection Terres de France

Quatrième de couverture

En neuf souvenirs, Antoine, l’alter ego de Yves Viollier, nous tend ce miroir qui renvoie à des histoires qui sont autant de diamants de la mémoire. Ce ton si juste du romancier, c’est autant celui du poète que celui du mémorialiste des vies ordinaires, celles qu’ont vécu nos aïeux.

Antoine ne veut rien perdre du temps de l’enfance et des chemins creux de Château- Fromage. C’est son socle. Tout part de là. Sa mémé Lise le prenait par la main et lui ouvrait les yeux au monde. Il pédalait sur son vélo et éprouvait ses premiers émois auprès de Cocotte, la garde-barrière. Son horizon tutoyait l’infini.
Et les voix, les gestes, les bonheurs et les souffrances de ceux qui l’ont aidé à grandir sont autant de diamants de la mémoire. Olympe qui aimait les hommes, Irma qu’on a mal aimée, Marcellin que l’amour a fui, Henri qui est allé le chercher de l’autre côté de la terre.
 
C’est le regard du mémorialiste des vies ordinaires qu’Yves Viollier pose avec douceur sur ses personnages.

Mon avis

Le temps de l’enfance est divisé en neuf souvenirs, qui sont des moments forts de la vie d’Antoine. Chaque instantané de son enfance l’a forgé et l’a marqué.

Il se souvient de Lise, son arrière-grand-mère qui n’avait pas une grande considération pour le genre féminin et qui « s’en voulait d’être née fille ». Le petit garçon l’aimait et il sentait qu’il était son préféré. Elle avait des poules et Antoine l’aidait à prendre soin d’elles. Je suppose que c’est pour cette raison que cet animal est un fil qui relie plusieurs souvenirs du recueil. Ainsi, il se remémore Marie Loizeau, surnommée Cocotte. Elle était garde-barrière et lui a offert sa première poule, quand il était petit. Il se rappelle Henri qui s’occupe du poulailler du Foyer Sainte-Anne et qui emportera son secret avec lui. Il pense à sa tante Irma qui n’a pas reçu l’amour qu’elle aurait dû, mais aussi à Olympe, qui en a eu trop, à Marcellin qui a préféré partir, etc. Au sujet de toutes les personnes évoquées dans ce recueil, son regard d’adulte interprète ce que ses yeux d’enfant ont vu sans déchiffrer. Il comprend les souffrances et les batailles qui n’ont pas été énoncées et il s’aperçoit qu’il s’est construit à partir de ce que son inconscient a perçu.

Le narrateur s’appelle Antoine Ollivier et il est l’alter ego d’Yves Viollier. En confiant les tranches de vie qui sont importantes pour lui, l’auteur livre une part de lui-même, en présentant ces êtres qui ont compté pour lui et en révélant les faits qui l’ont touché. Chaque chapitre est une histoire distincte et concerne un adulte différent. Je ne suis pas adepte des nouvelles et des formats courts, aussi, j’ai apprécié que toutes les anecdotes soient liées, puisque Antoine en a été témoin et que c’est son ressenti qu’il exprime. Le temps de l’enfance est une lecture agréable, j’ai été touchée par ces destins et ces douleurs que nos ancêtres n’exprimaient pas et que, malgré leur silence, l’écrivain est parvenu à retranscrire.

Je remercie sincèrement Clarisse et Marie-Jeanne des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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