Séquences mortelles, Michael Connelly

Séquences mortelles

Michael Connelly

Editions Calmann-Lévy

Collection Calmann-Lévy Noir

Quatrième de couverture

L’illustre Jack McEvoy, maintenant journaliste au Fair Warning, un site Web de défense des consommateurs, a eu raison de bien des assassins. Jusqu’au jour où il est accusé de meurtre par deux inspecteurs du LAPD. Et leurs arguments ont du poids : il aurait tué une certaine Tina Portrero avec laquelle il a effectivement passé une nuit, et qu’il aurait harcelée en ligne. Malgré les interdictions de la police et de son propre patron, il enquête et découvre que d’autres femmes sont mortes de la même et parfaitement horrible façon : le cou brisé. 

Le tueur, il le comprend aussi, choisit ses victimes à l’aide de leurs propres données génétiques. Trouver la séquence ADN qui le conduira à sa prochaine proie devient la priorité de Jack. Mais déjà, le monstre est de nouveau prêt à frapper.

Mon avis

Vingt-cinq ans après Le Poète, Jack McEvoy n’est plus chroniqueur judiciaire, mais journaliste au Fair Warning, un site de défense des consommateurs. Un jour, deux inspecteurs du LAPD, qui appartiennent à l’unité Vols et Homicides, l’attendent chez lui. Le nom de Jack est apparu dans une enquête : il s’agit de l’assassinat d’une femme, avec qui il a eu une relation d’un soir, Christina Portrero. Elle a été tuée par Dislocation atlanto-occipitale (DAO), ce qui signifie décapitation interne. « Quelqu’un a fait faire un cent-quatre-vingts degrés à son cou. C’est une sale façon de mourir. » (p. 31) Avant sa mort, la victime avait confié à une amie qu’elle subissait du cyber-harcèlement. Elle lui avait indiqué qu’elle avait rencontré un homme, dans un bar, qui savait des choses sur elle qu’il n’aurait pas dû connaître.

Sur un site de médecins légistes, Jack poste un message demandant si d’autres crimes par décapitation interne ont été commis. Effectivement, d’autres personnes sont mortes, le cou brisé. Le journaliste découvre qu’elles avaient toutes soumis leur ADN, à une société d’analyses, la GT 23, qui permet de retrouver des ancêtres, des membres de sa famille ou d’évaluer des risques médicaux. Il apprend que les ADN sont vendus pour des recherches génétiques et il soupçonne des failles dans la sécurité des données. Il comprend, alors, que le tueur choisit ses proies à partir de séquences ADN déterminées. Motivé par la nécessité de s’innocenter et par celle d’alerter la population, Jack se met en danger pour débusquer le meurtrier. De plus, il enchaîne les ennuis juridiques et professionnels : le LAPD et son supérieur refusent qu’il enquête.

Cependant, Jack n’obéit pas aux injonctions. Non seulement, il veut être rayé de la liste des suspects (il a accepté que son ADN soit prélevé pour cette raison), mais il sent qu’il tient un bon papier. Son chef, lui-même, finit par se ranger à ses arguments, mais il lui impose de travailler en binôme. Cela froisse sa susceptibilité, mais il ne peut que reconnaître le talent d’Emily et les avancées faites grâce à elle. J’ai adoré le caractère empli d’aspérités du héros. Il est, parfois, bougon, il ne supporte pas que sa fierté soit écornée, il manque de délicatesse, par moments, et il est indiscipliné lorsqu’il est certain de tenir un sujet. Cependant, il essaie de composer, car son objectif est de prévenir le public des risques encourus. Il est courageux et sait être prévenant. Mais surtout, il ne lâche rien et il est très doué pour mener des investigations.

Dans ma chronique sur Le Poète, j’avais noté que, malgré les outils technologiques dépassés, en raison de l’ancienneté de son écriture, la modernité du récit était impressionnante. Dans Séquences mortelles, Jack profite de toutes les avancées modernes, et nous explique autant leurs atouts que leurs limites de confidentialité. C’est passionnant de découvrir à quelles fins, notre profil génétique peut servir et cela est glaçant de prendre conscience de quelle manière, il peut être détourné. Si vous envisagiez de rechercher des ancêtres, en envoyant votre ADN à l’étranger, puisque ce n’est pas autorisé en France, vous risquez de reculer. Il est effarant, aussi, de constater les erreurs qui peuvent découler de ce qui constitue une preuve irréfutable. Enfin, Jack montre les limites de la science. C’est en étudiant le profil des défuntes qu’il est parvenu à établir un lien entre elles.

J’ai adoré Séquences mortelles. L’équilibre entre l’enquête haletante, aux nombreux rebondissements, et la vie privée chaotique de Jack, en font un polar aussi passionnant pour l’intrigue que pour l’attachement à son personnage principal.

Je remercie sincèrement Doriane des Éditions Calmann-Lévy pour ce service presse.

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