Un été à Nantucket, Elin Hilderbrand

Un été à Nantucket

Elin Hilderbrand

Éditions Les Escales

Quatrième de couverture

Le roman bouleversant d’un été américain emblématique.

Chaque année, les enfants de la famille Levin attendent l’été avec impatience pour retrouver la maison de leur grand-mère sur l’île de Nantucket. Mais en cette année 1969, rien ne se passe comme prévu.

Le seul garçon, Tiger, est appelé pour rejoindre l’armée des États-Unis au Vietnam. Blair, l’aînée, est enceinte de jumeaux et ne peut pas voyager. Recluse à Boston, elle se débat avec ses doutes au sujet son mari. Kirby, la cadette, qui a vécu une année difficile, entre son engagement pour les droits civiques et ses amours compliqués, décide de changer d’air et part travailler sur l’île voisine de Nantucket, Martha’s Vineyard. Jessie, la benjamine, se retrouve seule entre sa grand-mère, figure de la haute société de l’île, qui lui impose ses règles vieux-jeu, et sa mère, en proie au désarroi le plus profond depuis le départ au front de son fils.

Cet été 1969 sera pour toutes ces femmes celui de la résilience et du renouveau.

Mon avis

Tous les ans, Jessie Levin et sa famille « partent pour Nantucket le troisième lundi de juin », dans la résidence secondaire de sa grand-mère maternelle. Cette année est différente des autres. Les enfants, que sa mère a eu d’un premier mariage, ne viennent pas. Son frère, Tiger, a été appelé par le service militaire, le 21 avril, le jour de l’anniversaire de leur mère. Blair, ne peut pas faire le voyage, en raison de sa grossesse avancée et son autre sœur, Kirby, qui a vécu des moments douloureux, a préféré chercher un emploi d’été sur l’île voisine. Quant à son père, il semble fuir le mal-être de son épouse et n’a prévu de venir que certains week-ends.

Tous les membres de la famille sont inquiets pour Tiger, en raison de la guerre du Vietnam. Ses lettres sont attendues pour calmer les angoisses. Jessie lui écrit, en prenant soin de choisir ses mots. L’absence du jeune homme est le fil conducteur, mais aussi le révélateur des conflits internes de chacun. Kate, sa mère, a conscience que sa consommation d’alcool est problématique et éloigne son mari, même si elle boit en cachette. Sa plus jeune fille apprend que d’autres motifs anciens sont à l’origine de l’addiction. Blair se débat avec ses doutes au sujet du père de son enfant et de ses propres désirs. Le passé de Kirby semble l’avoir précédée sur l’île de Martha’s Vineyard. Le point de départ est son combat pour les droits civiques, mais il se révèle plus profond et plus personnel.

Jessie a eu treize ans, le jour du départ en vacances. Elle affronte seule les bouleversements de l’adolescence. Ses copines et elle-même attendent, avec appréhension, leurs premières règles. Son corps change et elle se heurte à des comportements malsains. Elle tente, alors, d’attirer l’attention par son comportement. Elle découvre, également, l’intolérance de la bonne société et essaie d’imposer ses idées de justice. Elle m’a beaucoup touchée. Son portrait est d’une grande justesse. Sa manière de traverser cette période m’a renvoyée aux questionnements de ma fille (qui aura bientôt onze ans) et de ses amies.

L’année 1969 a été riche d’évènements historiques : l’Homme a marché sur la Lune, la guerre du Vietnam faisait rage, les manifestations contre la guerre se multipliaient, ainsi que la lutte pour les droits civiques et la libération de la femme, la jeunesse aspirait à la paix et à l’amour, Woodstock était l’événement attendu, etc. Cet été-là, Elin Hilderbrand et son jumeau poussaient leurs premiers cris. Et la famille Foley-Levin était chamboulée. L’auteure a utilisé des éléments de sa propre histoire, comme point départ. Cet été 1969 a été celui des changements pour Jessie et les siens. Des secrets ont été confiés, d’autres ont été démasqués et chaque membre de la famille s’est transformé. Les changements s’insèrent dans le contexte en évolution, comme sur une ligne parallèle.

Les personnages ont tous une personnalité différente et les portraits sont d’une extrême finesse. Les sages font des bêtises, les stricts s’adoucissent, les solides perdent pied, les exaltés gagnent en maturité, les dociles s’émancipent, les caractères réservés livrent leurs démons et un héros veille, de loin, à l’harmonie du clan. Cette fresque familiale est douce et tourbillonnante, à la fois, grâce aux joies et malgré les chagrins. Il y a des disputes et des réconciliations. Les contradictions de chacun représentent la vraie vie. Aussi, nous nous attachons à tous. Ils nous émeuvent, ils nous font sourire, ils nous donnent envie de les mettre en garde, mais surtout, nous les aimons. Nous sommes chacun d’entre eux et, parfois, nous nous reconnaissons. Nous écoutons leurs confidences et les comprenons. Puis, la dernière page arrive, pourtant, nous avons envie de rester à Nantucket.

J’ai eu un gros coup de cœur pour Un été à Nantucket.

Je remercie sincèrement Anne des éditions Les Escales pour ce service presse.

3 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s