La fragilité des funambules, Verena Hanf

La fragilité des funambules

Verena Hanf

Éditions F.Deville

Quatrième de couverture

Adriana, une jeune femme roumaine, vit depuis quelques années à Bruxelles après avoir échappé à un viol collectif et à la prostitution forcée. Malgré son désir de vengeance, elle a trouvé un équilibre entre son travail de nounou dans une famille discordante d’expatriés allemands et son petit ami Gaston, un homme stable et aimant. 

Cette stabilité vacille quand elle doit prendre en charge son fils Cosmin. Le garçon de 11 ans, qui a grandi chez ses grands-parents en Roumanie, se réjouit du voyage, mais son séjour ne se déroulera pas comme il l’avait espéré.

L’auteure

Verena Hanf est née en 1971 à Fribourg en Brisgau et vit à Bruxelles.

Elle a publié Tango Tranquille en 2013 et Simon, Anna, les lunes et les soleils en 2014.

Tango Tranquille a reçu le Prix du Premier roman     « Un livre, une commune », le Prix du Premier roman « Culture et bibliothèques pour tous » de la Sarthe et a été nominé pour le prix René Fallet, le prix Palissy, le prix de l’Inaperçu, le prix des lecteurs de la médiathèque de Saint-Renan, le prix des lecteurs du magazine Gaël, le prix Marcel Thiry et le prix Bibliofolies de la médiathèque Elsa-Triolet/Villejuif. Ce roman a été adapté en pièce de théâtre, présenté à la Maison du Livre de St. Gilles/Bruxelles en décembre 2015.

L’éditeur

Extrait du communiqué de presse

Les éditions F Deville sont le fruit de libraires passionnés depuis plus de 25 ans, Cathy Decreton et Frédéric Deville. (Ils ont créé la librairie abao à Bruxelles.)

Au fil de rencontres est venue l’envie de publier des auteurs et des textes qui leur tenaient à cœur. 

Ainsi, en 2017, séduits par le conte du comédien Philippe Drecq Le Cœur de la baleine, ils décident d’en publier une version littéraire.

En 2019, ils rencontrent le Dr Dominique Persoons, lors de la présentation d’un de ses essais à la librairie, qui parle de l’écriture d’une fiction hitchcockienne sur un virus frappant la France au départ d’une petite ville d’Alsace.  Ce roman Virus ou la mort des oiseaux, dénonçant les carences du système de soin de santé en pleine pandémie, paraît tout début 2020. C’est alors que la réalité s’aligne à la fiction…

Par l’attention accordée à la qualité du livre comme à celle de l’écriture et des illustrations, par la volonté de collaborer aux débats les plus actuels, mais aussi d’accompagner des auteurs dans la durée et de construire un projet à long terme, les éditions F Deville constituent une maison d’édition indépendante et généraliste, ouverte à tous les médias qui façonnent la vie contemporaine.

Parce que le livre est un magnifique outil de transmission de la pensée humaine, parce que la pensée et la parole partagées permettent d’ouvrir l’esprit et le champ des possibles.

Les auteurs que les éditions F Deville choisissent de publier sont des libres-penseurs, des hommes et des femmes au cœur de l’action, qui partagent leur vécu ou leur imaginaire en quête de sagesse et d’un monde meilleur. 

Prochainement, paraîtront les romans : 

Je viendrai à Montréal de Claude Froidmont, qui narre la vie d’un homme pour lequel un accident de la vie va faire tout basculer, au point qu’il devra se mettre en quête, pour renouer avec l’idéal, d’un nouveau départ.

Et Surprise ! écrit par le comédien Thierry Samitier (qui interprète le personnage du catho coincé père de cinq enfants, Aymeric Dubernet Carton, dans la série Nos Chers Voisins sur TF1). Un roman dans lequel il raconte, en écho à sa propre histoire, la longue descente aux enfers d’un artisan-acteur, Samy, plongé dans le monde des réseaux sociaux et du show business.

Mon avis

Adriana est une jeune Roumaine, exilée en Belgique, qui a subi un viol collectif dans son village natal. Elle a confié son fils, Cosmin, à ses parents, qui vivent dans son pays d’origine. Elle vient le voir deux fois par an. A Bruxelles, elle est la nounou d’une enfant âgée de six ans, Mathilde, la fille d’expatriés allemands. Cette petite est délaissée par ses parents qui s’en remettent à leur employée. Le père, Stefan, est rigide et il impose son mode de vie à sa famille. La mère, Nina, est une psychologue au bord du burn-out, qui ne s’épanouit ni dans sa vie professionnelle, ni dans sa vie personnelle. Adriana, non plus, n’est pas heureuse. Il lui faut souvent se contenir, dominer sa colère, alors qu’une « boule dure dans le ventre, compacte, grossit, prête à exploser un jour » (p. 10), cette boule cogne dans tout son corps, à mesure que la jeune femme contrôle ses émotions. La seule stabilité dans sa vie est sa relation avec Gaston. Il est un jeune homme droit, qui regrette que sa petite amie se livre peu. Suite à une glissade, Dorina, la mère d’Adriana, a la jambe plâtrée et doit rester immobilisée. Aussi, son père, Mihai, lui demande de garder Cosmin, pendant un ou deux mois. Le petit se réjouit. Hélas, à son arrivée, il perçoit qu’il n’y a pas de place pour lui dans la vie de sa maman.

Tous les personnages s’expriment et deviennent, tour à tour, le narrateur. Leur perception est teintée de leur vécu, de leur âge et de ce qu’ils connaissent des évènements. Chacun pense détenir la vérité et se laisse envahir par ses préjugés. Chacun se montre exaspérant et sans empathie, à certains moments, avant de révéler ses failles, ses douleurs et de réveiller son cœur. Les plus émouvants sont les enfants. Cela m’a fait mal que la petite Mathilde soit considérée comme une enfant capricieuse et chouineuse, alors que c’est simplement une gamine qui demande l’attention qu’elle mérite. Le petit Cosmin est émouvant. Il est heureux auprès de ses grands-parents, cependant, il espère beaucoup de son séjour, en Belgique. Hélas, sa maman accepte difficilement sa présence et il en souffre. Les adultes se débattent dans leurs problèmes de grands et, par leur manque de disponibilité, font des bleus aux cœurs des petits. Et pourtant, ceux qui feront le plus pour eux, à la fin, ne sont pas ceux que l’on pouvait imaginer tenir ce rôle.

La fragilité des funambules est un roman à plusieurs voix qui montrent qu’une histoire a plusieurs versions et que le vécu influe sur le ressenti. L’atmosphère est brumeuse, mais elle est percée de l’éclaircie de certaines prises de conscience et d’actes spontanés qui évitent les drames et font espérer à un futur plus tendre. J’ai bien aimé ce livre. Mon seul regret est que le passé de certains personnages ne soit pas plus creusé afin de mieux les approcher. Cependant, je comprends ce choix de la suggestion qui appuie le fait que nous sommes souvent sur un fil et que les évènements, mais aussi, notre personnalité, fait que l’on bascule d’un côté ou de l’autre, sans que l’on puisse nous juger.

Je remercie sincèrement les Éditions F.Deville et l’agence Gilles Paris pour ce service presse.

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