Jeu de peaux, Anouk Shutterberg

Jeu de peaux

Anouk Shutterberg

Éditions Plon

Quatrième de couverture

2019. À trente-trois ans, Juliano Rizzoni est un jeune peintre prodige encensé par la scène artistique contemporaine internationale.
Jet-setter et jouisseur à l’extrême, il affole autant les Unes des tabloïds que les galeries prestigieuses du monde entier.
Initié au Japon à la technique du tatouage Irezumi, aussi violente qu’ancestrale, il signe dix tatouages d’art sur le dos de ses amant(e)s.
L’affaire prend une tournure inquiétante lorsque les peaux tatouées sont déposées anonymement chez Sotheby’s Paris pour une mise aux enchères hors norme.
En l’absence de corps, le commissaire Stéphane Jourdain et l’inspectrice Lucie Bunevial, sont saisis de l’enquête pour homicides multiples….
Une affaire sanglante et terrifiante qui les mènera d’un bout à l’autre de la planète dans le milieu de l’art contemporain.

Mon avis

10 juin 2019. De nombreux fans et journalistes se pressent devant le siège de la PJ parisienne, au 36 rue du Bastion. L’arrivée d’une voiture de sport est accueillie par des applaudissements, des flashs d’appareils photo, des questions de journalistes, des cris enthousiastes. Tous veulent savoir pour quelle raison le célèbre Juliano Rizzoni est convoqué par la police. Âgé de trente-trois ans, cet artiste peintre a été élevé dans un milieu d’argent et de pouvoir. Orphelin, il est l’unique héritier de Rizzoni & Co., une multinationale industrielle. « Il est né riche, très riche. Et il est très doué, très doué » (p. 14). Ses toiles se vendent des millions de dollars.

En 2010, il a, également, été initié à la technique du tatouage Irezumi. Il a tout appris au Japon, auprès d’un puriste, maître Hogoshi III. Lorsque le célèbre maître-tatoueur a réalisé une œuvre sur son corps, il a lui-même éprouvé, dans sa chair, la souffrance physique de cette technique ancestrale. Chaque séance était rythmée par le rituel « Douleur, plaisir ». Fort de son enseignement, Juliano a réalisé une œuvre sur le dos de dix personnes. Deux étaient une commande et il a offert les huit autres à ses amant(e)s. « Douleur, plaisir ». C’est la raison de sa convocation : les peaux ont été déposées, la nuit dernière, chez Sotheby’s Paris, pour être mises aux enchères. Les tatouages, qui recouvrent la quasi-totalité du dos, ont été retirés de leurs propriétaires. Où sont ces derniers ?

Je ne suis pas tatouée et je n’ai pas envie de l’être, cependant, j’ai été passionnée par les passages décrivant la transmission du maître à son apprenti. J’ai serré les dents, en lisant la souffrance de ceux qui offrent leur corps à cet art, d’autant plus que la technique Irezumi est particulièrement brutale, mais elle offre une précision inégalée. Moi qui ne suis pas attirée par les tatouages, j’ai aimé découvrir l’univers et les motivations de ceux qui s’y adonnent.

Le commissaire Stéphane Jourdain et l’inspectrice Lucie Bunevial sont chargés de l’affaire. Ils enquêtent sur les relations sulfureuses entre Juliano et ceux à qu’il a offert son art, ils analysent la personnalité et le passé de l’artiste et de ses amants, ils s’informent sur les acheteurs potentiels et ils activent leurs contacts internationaux. Lucie a compris que seul le passé de Juliano Rizzoni peut éclairer les crimes actuels. Les scènes macabres s’enchaînent, des personnes sont exécutées, certaines presque « avec classe », d’autres avec barbarie et tortures. Certains passages sont durs à lire, l’imagination des tueurs (donc, celle de l’auteure) est sans limites. Si la souffrance n’était pas à son paroxysme, on s’attarderait sur l’intelligence des tortionnaires. Cependant, le plus difficile à supporter est ce que subit un personnage qui sait ce qui l’attend, mais endure l’innommable pour atteindre ses objectifs.

Le récit alterne entre la temporalité de l’enquête et les faits précédents l’audition de l’artiste, en tant que témoin. Chaque aller-retour soulève de nouvelles questions, ce qui augmente la tension. De plus, un personnage prend des risques inouïs, j’ai eu la sensation d’être entourée d’un voile noir et oppressant. Je ne savais pas sous quelle forme se présenterait le danger, mais je sentais sa présence. Lorsque le dénouement a dévoilé les mystères, je me suis aperçue que les réponses étaient dans les détails. Le scénario est très bien ficelé. Enfin, la dernière phrase est glaçante et laisse entrevoir la possibilité d’une suite. Je l’espère sincèrement, car j’ai énormément aimé Jeu de peaux.

Je remercie sincèrement Constance des Éditions Plon pour ce service presse dédicacé.

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