Le sourire du lièvre, Daniel Cario

Le sourire du lièvre

Daniel Cario

Éditions Presses de la Cité

Collection Terres de France

Quatrième de couverture

En Bretagne, entre les années 1930 et 1940, l’amitié forte et brisée de deux petites filles et l’histoire d’un pacte secret.
Un roman poignant sur une impossible amitié et sur le droit à la différence.
Par l’auteur des Coiffes rouges.

Au premier regard, on les croirait sœurs tant elles se ressemblent, l’une brune, l’autre blonde. Parce qu’elles ont toutes les deux un bec-de-lièvre, Marie et Jeanne, sept ans, se lient d’amitié sur les bancs de leur école, dans le Finistère en cette année 1931. Leur première amitié. La dernière. Instants volés, heureux mais éphémères, bientôt anéantis par Hubert Lesvêque, notable qui ne tolère pas que Marie – adoptée contre son gré par son épouse – fréquente la fille d’un vannier.
Puis vient cette nuit fatale, cette nuit de drames où tout bascule…
Quelques années plus tard, dans leur maison au fond des bois, vivent le vannier et sa fille. Ils sont poursuivis par la haine de Lesvêque, et cernés par l’occupant allemand. Leur vie est comme suspendue, aux aguets. Pour cacher ce que personne ne doit savoir…
Un roman poignant sur une impossible amitié et sur le droit à la différence.

Mon avis

Elles ont sept ans quand elles se rencontrent et se reconnaissent dans le visage de l’autre. L’une est brune, l’autre est blonde. L’instinct les pousse l’une vers l’autre. Elles partagent la même singularité qui déclenche des moqueries : elles ont, toutes les deux, un bec-de-lièvre. Même leurs traits sont semblables. En ce jour de rentrée, une amitié est née, qui ne se démentira jamais. Marie est la fille adoptive de notables, les Lesvêque, qui lui rappellent, régulièrement, qu’elle est redevable du confort qu’ils lui apportent. Elle est le souffre-douleur du fils, âgé de quatre ans de plus qu’elle. Jeanne est la fille d’un vannier. Elle vit seule avec son père, depuis que sa mère a quitté le domicile conjugal.

Hélas, Hubert Lesvêque n’accepte pas cette amitié et envoie Marie, dans une pension très sévère, la séparant de la seule personne, excepté Thérèse, la domestique, qui lui apporte du bonheur. Après six ans dans l’établissement tenu par les religieuses, l’adolescente craque et fugue. A la suite d’une visite à son amie Jeanne, elle passe la nuit dans le domaine de son enfance. Un drame se produit et Marie se sauve, pour ne jamais revenir. Toute sa vie, Hubert Lesvêque n’aura de cesse de harceler Jeanne Paulet et son père. Il est persuadé qu’ils savent où est sa fille adoptive, celle qu’il a tant méprisée. Il utilise tous les moyens pour se venger de ceux qu’il rend responsables de tous ses maux.

Le roman est divisé en cinq parties. La première concerne l’enfance et l’amitié des deux fillettes. Alors que Jeanne vit heureuse, auprès de son père, Marie est la cible des brimades de sa famille adoptive. La deuxième partie relate le drame et ses conséquences : cette nuit-là est un moment charnière et déterminant de l’histoire. La troisième et la quatrième se déroulent sous l’Occupation, avec l’entrée en Résistance de certains protagonistes et dans la Collaboration pour d’autres. Enfin, la dernière traite d’une révélation. Cependant, tout le livre est empli de secrets, que le lecteur connaît, mais que de nombreux personnages ignorent. Ces mystères entraînent la peur qu’ils soient dévoilés. 

L’intrigue, au départ, est centrée sur les deux fillettes, puis rejoint la grande Histoire, quand les Allemands s’installent dans le village. Tous les aspects de cette période sont évoqués, que ce soit du point de vue de l’envahisseur ou des Français. Tous sont des hommes et des femmes, mais ils n’ont pas pris le même chemin. Dans les deux camps, certains n’ont pas pu choisir, d’autres l’ont fait par intérêt et les derniers par devoir patriotique. La guerre et la Libération ont, parfois, servi à régler des comptes. Il y a, également, ces êtres qui se sont sacrifiés pour sauver leur pays. Le sourire du lièvre est une saga qui s’inscrit dans un contexte historique douloureux, cependant, l’essence du roman est le destin de Jeanne et Marie, liées à jamais, grâce à l’humanité du père de la première. Étienne Paulet est un homme bon, qui, même dans la souffrance, est un homme altruiste et généreux. Le sourire du lièvre est une ode à l’amitié, à la différence, à la tolérance, à la bienveillance et au courage, avec un secret comme fil conducteur.

Je n’avais jamais lu Daniel Cario. J’ai découvert une écriture douce et exaltante, pleine d’humanité. Le sourire du lièvre est un coup de cœur.

Je remercie sincèrement Marie-Jeanne et Clarisse des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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