La ferme des Engoulevents – Lilibeth, Maurice de Kervénoaël

La ferme des Engoulevents – Lilibeth

Maurice de Kervénoaël

Éditions de l’Archipel

Quatrième de couverture

Après son diptyque consacré à la Guerre d’Algérie, Maurice de Kervénoaël raconte le destin de quatre amies, de la déclaration de guerre (septembre 1939) jusqu’à l’exode (juin 1940).

Août 1939. La guerre est déclarée et n’épargne pas Lilibeth, épouse et mère, et ses amies Cécile, Maïté et Esther, liées par leur passion pour la peinture.

Après un bombardement allemand, Lilibeth se résout à fuir la Bourgogne avec ses jeunes enfants et sa mère pour se réfugier dans la propriété familiale de Bretagne : les Engoulevents. La traversée de la France en voiture est longue et dangereuse ; par chance, elle parvient à faire escale en Sologne chez son amie Maïté. Mais bientôt, malgré le péril, elle doit poursuivre sa route. Une équipée qui ne sera pas sans surprises…

De la drôle de guerre jusqu’à novembre 1942, ce roman à plusieurs voix mêle le destin de quatre femmes, d’origines sociales et d’opinions politiques ou religieuses différentes. Sous l’Occupation nazie, elles devront ensemble faire face à la tourmente.

Mon avis

Lorsque la guerre a été déclarée, le 3 septembre 1939, Lilibeth et sa famille étaient dans leur propriété d’Hervy, en Bourgogne. Alors que son époux, officier de marine, a rejoint son ministère, elle a préféré ne pas rentrer à Paris. Pendant plusieurs mois, le conflit s’est installé, dans ce qui a été appelé « la drôle de guerre ». Derrière la ligne Maginot, les soldats attendaient une attaque allemande. En mai 1940, l’Allemagne a violé la neutralité belge et hollandaise et la guerre a commencé. Les Allemands ont multiplié les raids aériens et les réfugiés étaient de plus en plus nombreux sur les routes. Après un bombardement de la ville de Troyes, Lilibeth a décidé de se réfugier dans sa maison de Bretagne, les Engoulevents, avec ses enfants et avec sa mère. Lors du voyage, les ennuis s’amoncellent et une halte s’impose. Heureusement, son amie Maïté les héberge, le temps d’une nuit.

La ferme des Engoulevents raconte le destin de quatre femmes, pendant la Deuxième Guerre mondiale : Lilibeth, Maïté, Cécile et Esther. Elles sont différentes, mais liées par une même passion, celles de la peinture. Elles n’ont pas la même religion : l’une est catholique, l’autre est protestante et une est Juive non-pratiquante. Elles n’ont pas le même âge, ne viennent pas des mêmes milieux sociaux et elles ne partagent pas les mêmes opinions politiques : leurs avis sont divisés au sujet du gouvernement de Vichy. Cependant, lorsque l’une d’elles est en danger, elles mobilisent leurs forces.

Au départ, comme beaucoup de Français, certaines d’entre elles n’ont pas anticipé les conséquences des lois pétainistes. Mais lorsque les lois antijuives ont été proclamées, elles ont réalisé que le maréchal Pétain n’était pas le sauveur qu’elles attendaient. L’auteur décrit leur prise de conscience, qui est, au début, imperceptible et prend de l’ampleur, au fil des évènements. J’ai été touchée par la manière réaliste dont est traitée cette évolution. Des faits historiques, également, m’ont passionnée et surprise : Maurice de Kervénoaël relate le rôle des Anglais dans la propagande antigaulliste, les combats meurtriers entre Américains et Français, en Afrique du Nord. Le contexte historique est d’une grande richesse. L’auteur montre le meilleur et le pire de notre pays, sous l’Occupation, avec beaucoup de nuances. Il parle de ceux qui sont entrés en Résistance, immédiatement, mais aussi de ceux qui étaient indifférents, au départ, et qui ont changé de camp. Il rend hommage aux actes héroïques, isolés, qui ont sauvé des vies.

J’ai adoré les personnages de cette saga. Les femmes, au cœur du récit, sont des héroïnes que rien ne prédisposait à l’être. Elles se sont révélées dans les épreuves, elles n’ont pas été épargnées par les douleurs, elles ont perdu des êtres chers, elles ont eu peur, elles ont connu les privations, pourtant, elles ont été courageuses. J’ai aussi été touchée par des hommes : Charles, le fils de Cécile qui a rejoint la Résistance ; David, le père d’Esther, médaillé de la Grande Guerre, qui est persécuté par le régime de Vichy ; le commissaire Bonvallon qui tente de sauver des vies, alors que sa fonction lui impose le contraire, etc.

Conclusion

J’ai adoré ces quatre femmes, différentes dans leurs opinions, mais semblables dans leur courage. Ce roman raconte leur destin, de l’été 1939 à novembre 1942. Maurice de Kervénoaël dépeint l’impact de la guerre, puis du régime de Vichy, sur les femmes. Plusieurs faits historiques méconnus complètent le récit et éclairent l’Histoire de France. Je suppose que Lilibeth est le premier tome d’une saga. J’ai hâte qu’une suite soit publiée.


Je remercie sincèrement Mylène des Éditions de l’Archipel pour ce service presse.

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