Le Petit Fougaud, Albert Ducloz

Le Petit Fougaud

Albert Ducloz

Éditions de Borée

Quatrième de couverture

La ferme des Borie, un couple d’octogénaires spécialisés dans la fabrication du fromage du cru, l’artisou, trouve enfin le repreneur idéal en la famille Mesyaf, tout juste arrivée de Syrie. Toutefois, cette succession à des étrangers ne plait pas à tout le monde, tout comme la relation naissante entre Amric, l’ainé de la famille, et Emilie Béréziat, une jeune fille du village… 
Quand on retrouve à plusieurs reprises les barrières des vaches relevées, il n’y a plus le choix : il faut avertir les gendarmes. Mais, avec le temps, à force de travail et de patience, les Mesyaf parviennent à se faire accepter et trouvent en la famille d’Emilie de précieux alliés. C’est d’ailleurs Amric et Emilie qui reprendront les rênes de la ferme des Béréziat et créeront un nouveau fromage : le petit fougaud !

Mon avis

Les Meysaf ont fui la Syrie. A Alep, ils étaient des producteurs de savon renommés et vivaient aisément. Or, ils n’ont plus rien. Ils sont aidés par Marc Grousset qui, avec le soutien d’une association, se bat pour qu’ils obtiennent le statut de réfugiés. L’homme présente ses protégés aux Borie, un couple âgé qui ne trouve pas de repreneur pour sa ferme spécialisée dans la fabrication de fromages. Les Meysaf sont très travailleurs, aussi, l’exploitation serait un excellent moyen de commencer une nouvelle vie. Mais pour cela, il faut de l’argent… 

La venue d’étrangers au Puy-en-Velay n’est pas toujours perçue positivement, d’autant plus qu’Amric, le fils aîné s’est lié intimement à Émilie, une native du village. Cette relation amoureuse crée des jalousies et les provocations se multiplient. De bagarres en humiliations, la situation dérape lorsque les barrières des prés sont relevées et que les vaches s’échappent.

Le Petit Fougaud décrit la volonté de la famille d’exilés de s’intégrer dans le pays des libertés. Ils ont tout abandonné, en Syrie, pour rester en vie. Deraa, Dercéto et leurs cinq enfants éprouvent beaucoup de reconnaissance envers ceux qui les ont soutenus. Ils sont très touchants, lorsque avec beaucoup de pudeur, ils confient des bribes des souffrances et des peurs qu’ils ont endurées. Très vite, ce sont eux qui tendent la main et donnent une nouvelle chance à un jeune homme. J’ai été très émue par leur dignité et leur gentillesse. 

Ce roman dépeint aussi la vie de labeur que mènent les agriculteurs. A travers l’histoire de plusieurs familles, il décrit les journées rythmées par les soins procurés aux animaux, les levers aux aubes et les couchers tardifs, les épidémies qui ont des répercussions dramatiques sur l’exploitation et qui sont à l’origine de tragédies humaines. Il évoque, également, les regrets, mêlés de fierté, lorsque les enfants décident de choisir une autre voie et la tristesse de ne pas transmettre le fruit de plusieurs générations. Il montre, également, la nécessité de se renouveler pour attirer la clientèle, ainsi que la technicité de la fabrication d’un fromage. C’est aussi une belle histoire d’amitié entre plusieurs familles, qui n’étaient pas destinées à se rencontrer, ainsi que de jolies idylles, sans oublier le pardon qui offre un nouveau destin.

Le Petit Fougaud est un récit passionnant sur le monde rural et sur l’exil. Je l’ai énormément aimé.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

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