Le jeu de grâce, Christian Vialle

Le jeu de grâce

Christian Vialle

Éditions de Borée

Quatrième de couverture

Recueillie à la veille de la Première Guerre mondiale dans une petite ferme du Livradois avec d’autres gamins de l’Assistance Publique, Jeanne se relève de la déchirure de l’abandon grâce à un couple de paysans aimant et cultivé. Bien entourée, elle parvient à apaiser les tourments du passé et à affronter les épreuves de la vie : les années de guerre en l’absence d’un mari prisonnier, les grossesses et l’éducation des enfants dans les conditions rudes de la vie ouvrière. Mais, au fond d’elle, elle ne cessera de s’interroger sur les raisons de cet abandon, gardant au fond d’elle une colère qui, loin de l’anéantir, lui donnera une énergie que beaucoup lui envieront.

Mon avis

Le 3 février 1914, Jeanne est recueillie par le couple Vacheron. Elle n’a que quatre mois. Elle grandit dans un foyer aimant, fait des études et partage des moments forts avec les autres enfants accueillis par Léonie et Jean. Cependant, elle est marquée par la blessure de l’abandon. Son père est parti, sans savoir que sa femme attendait un bébé, alors qu’ils avaient déjà deux enfants. La maman n’a pas pu assumer. Jeanne regrette, également, de ne pas être adoptée par ses parents nourriciers. Ces derniers ayant fait le choix de n’avoir qu’un seul héritier, ce sera Henri, le premier garçon arrivé chez eux, de qui Jeanne est très proche. Petite fille, elle a aussi vécu l’éloignement, en raison d’une maladie. Mais toutes ces épreuves ne l’ont pas affaiblie, malgré sa colère. Elles lui ont donné une force, celle-là même qui la portera quand son mari partira à la guerre ou quand elle enchaînera les grossesses.

Jeanne est la mère de l’auteur. Il est le dernier-né, venu sur le tard, celui qu’on n’attendait pas. Par ce roman, il semble lui dire qu’il l’a comprise et qu’il a entendu les raisons de ses failles. C’est aussi une manière de saluer le courage de celle qui l’a mis au monde, alors que les conditions de vie étaient difficiles. Jeanne est une véritable battante, qui n’a jamais baissé les bras : c’est une femme libre qui  a assumé ses choix et ses pensées.

Le jeu de grâce est une tranche de vie. A travers Jeanne, l’auteur donne la parole à ceux qui se sont construits, après un abandon. L’auteur connaît cette déchirure, non seulement par l’histoire de sa mère, mais aussi par son métier. En effet, il a exercé « une activité professionnelle orientée vers la prise en charge de personnes en difficulté psychologique ou sociale, en rupture de lien parental, abandonnées ou délaissées. » (note d’intention). J’ai la sensation que l’écriture a été une autre manière de réparer le passé de sa maman. Il rend hommage, également, à Léonie et Jean, qui ont permis à Jeanne de s’épanouir, car ce couple, en manque d’enfants, lui a donné beaucoup d’amour. Ce qui m’a le plus touchée, c’est la douceur de l’écriture qui révèle le respect et l’admiration d’un fils au sujet de sa mère.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

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