Une farouche liberté, Gisèle Halimi et Annick Cojean

Une farouche liberté

Gisèle Halimi et Annick Cojean

Éditions Grasset

Gisèle Halimi  : Soixante-dix ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd’hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l’injustice demeure, qu’elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait  un destin. Sans se poser en modèle, l’avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l’égalité à l’heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile.


Depuis l’enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de «  fille  ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l’Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s’engage en faveur de l’avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association «  Choisir  la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse… Gisèle Halimi vibre d’une énergie passionnée, d’une volonté d’exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence.


«  Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque  »  : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette «  avocate irrespectueuse  », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l’égalité.

Mon avis

Gisèle Halimi est née en Tunisie en 1927. Toute petite, elle s’est révoltée contre l’injustice faite aux femmes. Dès l’enfance, elle a senti que, dans sa famille, les filles étaient « inessentielles ». Elles devaient servir leurs frères, puis se marier pour servir leurs époux. Sa première révolte féminine eut lieu, quand elle avait dix ans. Elle a entamé une grève de la faim, pour ne plus être l’esclave des hommes du foyer. Cela a été sa première victoire. 

Annick Cojean, journaliste, était son amie et Gisèle Halimi s’est confiée à elle, sur le combat de toute une vie. Elle a répondu à ses questions de manière très développée, racontant ses combats et livrant ses convictions. Elle était avocate pour défendre les causes auxquelles elle croyait et pour faire bouger le monde. Lorsque Gisèle Halimi a parlé du procès d’Aix-en-Provence, en 1978, connu comme le « procès du viol », elle a dit que « le viol est comme une mort inoculée aux femmes un jour de violence. Elle coexiste avec leur vie en une sorte de parallélisme angoissant. » Elle pensait « qu’il ressemble furieusement à un acte de fascisme ordinaire », « qu’il exprime à la fois le mépris et la négation de l’autre. » A la suite des débats, son association Choisir la cause des femmes élabora des propositions de loi. De grands changements se sont produits. Hélas, encore aujourd’hui, trop d’affaires sont correctionnalisées et la victime est salie.

Gisèle Halimi est revenue sur les grandes causes qu’elle a défendues : la lutte contre la torture, pendant la guerre d’Algérie, le procès de Bobigny à l’origine de la dépénalisation de l’avortement. Cette affaire abominable, qu’elle a rendue retentissante, en faisant venir à la barre des personnalités. Elle représentait Marie-Claire, une jeune fille de seize ans, traînée en justice parce qu’elle avait avorté (ce qui était illégal, à l’époque) et a été dénoncée par son violeur. Gisèle Halimi a expliqué, aussi, le traumatisme qui l’a fait passer « de l’adolescence à l’âge adulte. De l’état de fille rebelle à celui de femme insoumise. » Elle a aussi tenté de faire bouger les lois, en se lançant en politique, mais elle a vite compris qu’elle était plus utile en tant qu’avocatE. Dans Une farouche liberté, il est aussi question des rencontres qui l’ont marquée, de ses amitiés et de ses compagnes de lutte, cela m’a donné l’impression de m’approcher d’elle.

En lisant le témoignage de cette grande dame, le mot qui me vient est « merci ». Le titre du dernier chapitre est « Le flambeau ». Elle nous appelle, nous, les femmes, à être indépendantes, à choisir, à être libres. Une farouche liberté a une valeur de transmission, qui rappelle les avancées que des femmes exceptionnelles ont obtenues pour nous et celles qu’il reste à gagner. Face à ce destin, je me sens admirative et, en même temps, grandie par le souffle de cette femme admirable. Je suis fière d’être une femme. Un livre nécessaire à transmettre à nos enfants, filles et garçons.

Je remercie sincèrement les Éditions Grasset et Netgalley France pour ce service presse.

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