La nuit du premier jour, Theresa Révay

La nuit du premier jour

Theresa Révay

Éditions Albin Michel

Quatrième de couverture

Lyon, 1896. Blanche est l’épouse modèle d’un soyeux de renom. En dépit de son amour pour ses enfants, elle étouffe parmi ces bourgeois corsetés. Jusqu’à ce que son regard croise celui de Salim, un négociant fortuné de Damas. Elle abandonne tout pour la promesse inespérée du bonheur. Les routes de la soie deviennent celles de la passion et de l’exil. Tandis que sa fille grandit en la croyant morte, Blanche s’invente une nouvelle vie au Levant.
Quand la France entre en guerre, l’Empire ottoman réprime dans le sang la révolte arabe. Prises dans la tourmente, mère et fille choisissent chacune la liberté au prix fort. Resteront-elles à jamais séparées ? Ou seront-elles enfin, un jour, face-à-face aux confins du désert ?
De l’aube du XXe siècle à l’été 1920, des soieries lyonnaises aux ruines de Palmyre, Theresa Révay, l’auteure de L’Autre rive du Bosphore, nous emporte dans un grand roman de passion et d’histoire, sublime portrait d’une femme trop libre pour son temps.

Mon avis

1896, à Lyon. Blanche se sent prisonnière d’un mariage qu’elle n’a pas désiré. Fille de Français expatriés au Liban, elle a dû quitter son pays pour épouser un homme choisi par son père : Victor, l’héritier des Soieries Duvernay. Sa vie est bouleversée par sa rencontre avec Salim, un marchand de soie de Damas, qui la secoure, lors d’un accident de funiculaire. Elle comprend qu’ils vont souffrir, mais que « leur rencontre était écrite depuis toujours. » (p.43) Au décès de sa mère, elle se rend à Beyrouth, pour se recueillir. Elle décide alors de ne pas revenir en France et part à la recherche de celui qu’elle aime passionnément. Ses deux enfants, Adrien et Oriane, grandissent en pensant que celle qu’ils appellent l’Absente est morte. Les reverra-t-elle ? Pourront-ils accepter son abandon au nom de l’amour, et surtout au nom de la liberté ?

En tant que mère, j’aurais pu détester Blanche. Pourtant, malgré cet acte que mon cœur a réprouvé, j’ai adoré cette femme. Elle a tout abandonné par amour, mais aussi pour ne plus étouffer. C’est une femme passionnée, déchirée entre deux pays et deux familles. Elle souffre de la perte de ses enfants, mais elle sait qu’ils se construisent, dans un foyer aimant. Cependant, cette douleur est gravée en elle et nous la ressentons, tout au long du récit.

Blanche est une femme de convictions, au tempérament enflammé et tempéré, à la fois. Elle a connu deux exils. Le premier, vers la France, lui a été imposé. Le deuxième, celui du retour sur ses terres natales, a été voulu, mais a nécessité des sacrifices. Sa personnalité est empreinte de ses deux vies. Alors que la guerre détruit tout en Europe, que Blanche craint pour la vie de ses enfants, la révolte en Syrie fait, elle aussi, couler le sang. Très impliquée dans la lutte, la jeune femme affronte, courageusement, les malheurs qui s’abattent sur elle. J’ai été émue par sa dignité et sa force, lorsque les tragédies la foudroient. A travers l’histoire de Blanche et de Salim, Theresa Révay décrit le feu qui a pris dans les pays du Levant, celui qui a soufflé sur Palmyre, sur Alep et sur Damas. Elle raconte la domination turque et la présence des troupes françaises. Blanche et les siens sont déchirés. Avec courage, ils défendent une cause à laquelle ils croient. L’issue est dramatique…

La soie relie les deux vies de Blanche. Le fil s’étire entre Lyon et la Syrie, grâce à Armand, un maître-tisseur. Il est le repère de la jeune femme, il est son socle et il est le lien qui lui permet de ne pas se renier, en unissant ses deux existences, de manière invisible. Une grande part du roman est accordée à l’art et aux métiers de la soierie : depuis l’élevage des vers jusqu’aux ateliers des grands couturiers. J’ai été passionnée par cet aspect de l’histoire qui montre la résistance face à la mécanisation et la transmission à travers les générations.

Même si La nuit du premier jour (j’adore ce titre) est une histoire de femme éprise de liberté, j’ai aimé que l’auteure n’ait pas cédé au manichéisme à propos des hommes. Salim, Adrien, Armand, Maxence, Adib et Elias sont des personnages qui m’ont beaucoup touchée. Leurs valeurs, leur intégrité et leur sensibilité m’ont émue.

De Lyon au Levant, des tranchées françaises à la révolte arabe, j’ai été emportée par le tourbillon romanesque et historique de cette sublime saga, qui s’étend de 1896 à 1920. C’est un gros coup de cœur pour moi.

Je remercie sincèrement Claire des Éditions Albin Michel pour ce service presse.

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