Les Enfants de Val Fleuri, Christian Laborie

Les Enfants de Val Fleuri

Christian Laborie

Éditions Presses de la Cité

Collection Terres de France

Quatrième de couverture

Une généreuse saga familiale sur plusieurs décennies autour d’un savoir-faire et d’une transmission, la poterie d’Anduze.
Entre descendance, lignée indirecte, secrets de famille : qui pour perpétuer les grandes poteries de Val Fleuri ?

A Anduze, entre vignes et garrigue, Damien et Marion ont fait du domaine de Val Fleuri leur terrain de jeu, puis le décor de leur amour naissant. Loin du regard réprobateur de leurs parents… En effet, lui est l’héritier désigné des Ferrière, issu d’une longue lignée de fabricants de céramique d’Uzès ; elle, la fille des métayers Chassagne. Des découvertes vont sceller l’avenir du domaine et de ses habitants, dont celle, en 1933, d’une terre argileuse rouge, que le père de Damien a l’idée d’utiliser pour créer des vases horticoles. Ainsi naît la poterie de Val Fleuri.
Des années 1930 aux années 1960, les destins des familles Chassagne et Ferrière vont se déployer, s’entrecroiser, noués par les liens du sang et de l’amour. Mais aussi frappés d’un lourd secret…

Mon avis

1932, Uzès, dans les Cévennes. Depuis plus d’un siècle, la famille Ferrière est réputée pour sa céramique. A dix-huit ans, Philippe a hérité de la fabrique et à trente-sept ans, il pense déjà à sa succession. Il a deux fils : Damien et Florian. Le premier, âgé de douze ans, montre un intérêt pour la faïencerie familiale, mais son père estime qu’il n’aura pas la force de caractère nécessaire pour diriger une entreprise et le deuxième se destine à la médecine. Irène, l’épouse de Philippe, possède le domaine du Val Fleuri, à Anduze. En 1933, Philippe y fait la découverte d’une terre argileuse rouge. Il décide de l’utiliser pour créer des vases horticoles et ainsi, assurer la prospérité de sa société.

Marion Chassagne, la fille des métayers du domaine de Val Fleuri, est l’amie d’enfance de Damien. Mais lorsque les jeux innocents se transforment en sentiments amoureux, Philippe refuse cette union. Afin d’éteindre les sentiments naissants, il éloigne Damien et le place en apprentissage chez un porcelainier, à Limoges. Une formation d’une durée de quatre ans, puis la guerre, signent la fin de l’idylle. L’histoire semble se répéter, lorsque Tristan, le fils de Marion, devient très proche de Juline, la sœur de Damien, née en 1941. Ce jeune garçon est passionné par le monde de la faïencerie, qui est décrit de façon passionnante.

Cette saga familiale s’étend du début des années 1930 à la fin des années 60 et s’insère dans le contexte historique : le Krach boursier, puis la guerre, et enfin la guerre d’Algérie. Nous observons l’impact de ces événements sur la vie des deux familles. C’est essentiellement la Deuxième Guerre mondiale qui va bouleverser leurs destins. L’auteur décrit la bataille de Dunkerque, les réquisitions des Allemands, la volonté de ne pas collaborer, la Résistance, etc. Certains passages sont très douloureux. J’ai été très émue par Eduardo, un Espagnol qui a fui le régime franquiste.

Le contexte social tient, également, une grande place dans ce roman. Philippe est un patriarche qui estime que c’est à lui de décider de l’avenir de sa famille. Il veut un successeur, mais il considère que cela ne peut être une femme. Ses actions montrent aussi qu’il refuse le mélange de classes, en s’opposant à l’union de Damien et de Marion. A l’inverse, dans son entreprise, il est avant-gardiste. Tout en étant paternaliste : ses employés bénéficient de droits avant même que la loi ne les exige, il prend soin de son personnel. Il a également compris que la survie des emplois dépend de son adaptation au changement et doit passer par le progrès et le modernisme.

Conclusion

J’ai adoré cette saga dont le thème principal est celui du secret. Cela commence par les jeux d’enfants cachés aux adultes, ensuite c’est un mensonge pour protéger, puis c’est l’omission de la vérité, celle sur laquelle il n’est plus possible de revenir. Jusqu’à ce que les répercussions deviennent trop importantes…

Les existences de deux familles s’entremêlent, se séparent, puis se rejoignent, le tout sous fond de silence. Mais ce qui est tu peut-il rester caché ?

Je me permets un conseil avant que vous lisiez ce roman émouvant : ne regardez pas la généalogie des Ferrière, en première page, car elle révèle un élément important de l’histoire.

Je remercie sincèrement Clarisse et Marie-Jeanne des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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