Le bruit des avions, Sophie Reungeot

Le bruit des avions

Sophie Reungeot

Éditions HarperCollins France

Collection Traversée

Quatrième de couverture

Vendredi 13 – Paris 11e. Audrey s’engouffre dans le premier taxi venu et prend place sur le siège passager. À l’arrière, il y a Laura, qui n’avait pas prévu de débarquer avec une inconnue chez sa mère, au 18e étage d’une tour au sud de la capitale.  
Ce qui était prévu et ce qui ne l’était pas, c’est tout l’enjeu de cette nuit particulière et de celles qui viendront. Car les heures blanches qui suivent l’attaque au Bataclan agissent comme un révélateur pour ces deux jeunes femmes si diamétralement opposées, qui prennent la mesure de ce qu’étaient jusqu’alors leurs vies. Des vies écrites sur des rêves qui n’étaient pas toujours les leurs et dont il ne reste qu’une empreinte, des costumes endossés malgré les coutures qui craquent, des énigmes familiales jamais percées auxquelles il faut s’atteler. Parce que le temps presse.
Une histoire de providence ? Une amitié comme un coup de foudre pour commencer. Et la route que vont prendre Laura et Audrey au son de vieilles cassettes poussées au maximum. 
De Paris à Las Vegas en passant par Berlin et Prague, voilà l’itinéraire de deux filles, reliées comme deux sœurs, cœurs siamois bien décidés à profiter de leur liberté, déterminés à s’emparer complètement de leur existence.

Mon avis

J’ai reçu ce livre, dans le cadre d’une masse critique privilégiée proposée par Babelio. En lisant la quatrième de couverture, je craignais d’être très remuée. Je m’imaginais lire de quelle manière deux jeunes femmes avaient vécu les attentats qui ont endeuillé la France, le 13 novembre 2015. Je pensais découvrir les fondations d’une amitié débutée lors d’évènements tragiques.

Pendant les soixante-dix premières pages, nous faisons connaissance avec Laura et Audrey. La première est joueuse professionnelle de poker, le jeu est une véritable addiction. La deuxième se sent à l’étroit dans sa vie. Sa chef est une personne toxique et elle quitte son petit ami. Elle regrette aussi que sa mère ne lui parle pas de cette tante qu’elle n’a pas connue et elle ne comprend pas les silences à son sujet. Cette partie, qui pose les bases de l’histoire, m’a malheureusement ennuyée, par moments. Je ne m’attachais pas à Laura et à Audrey.

Page 85. Vendredi 13 novembre 2015, Audrey s’échappe du Bataclan. Elle grimpe, précipitamment, dans un taxi. Une passagère est à l’arrière : il s’agit de Laura. La rescapée des attentats ne peut pas rentrer chez elle, aussi l’inconnue l’emmène chez sa mère à elle, chez qui elle se rendait.

La deuxième partie est, pour moi, réussie. J’ai été sensible au stress post-traumatique vécu par Audrey. J’ai été très touchée par la description de ses angoisses. Même si l’origine n’est pas la même, dans mon cas, j’ai reconnu cette hyper-vigilance, qui contrôle tout, ces peurs contre lesquelles on ne peut pas lutter, ces bruits qui envahissent la nuit. J’ai été très émue par les mots que l’auteure a posés sur les traumatismes d’Audrey.

La troisième partie est celle de la tentative de reconstruction, lente et difficile, qui ne peut être complète. Mais c’est aussi celle dans laquelle, les deux nouvelles amies tentent de percer les secrets qui entourent la famille d’Audrey. Hélas, j’ai été moins intéressée, d’autant plus que le mystère n’en est pas vraiment un pour le lecteur. Dès le début du livre, j’ai deviné ce qui n’est dévoilé qu’à la fin.

Le bruit des avions est un roman pour lequel il m’est difficile de donner un avis. J’ai trouvé que le thème du stress post-traumatique était superbement traité et de manière très réaliste, cependant il n’est qu’une petite partie de l’histoire. Je n’ai pas été passionnée par ce qui entoure ces pages très fortes en émotion. Je regrette que l’auteure ait voulu marier trop de sujets, je pense que ce que promettait la quatrième de couverture ne nécessitait pas d’enrobage. Sans la partie qui m’a beaucoup touchée, ce livre aurait été une déception pour moi, mais il y a ces pages qui m’ont émue. J’ai la sensation d’un rendez-vous manqué qui aurait pu être réussi.

Je remercie sincèrement Babelio et  les Éditions HarperCollins France pour cette masse critique privilégiée.

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