De soleil et de sang, Jérôme Loubry

De soleil et de sang

Jérôme Loubry

Éditions Calmann-Lévy

Quatrième de couverture

Dans ce quartier chic de Port-au-Prince s’élèvent de belles demeures de pierre entourées de palmiers, de flamboyants et d’arbres orchidées. 
C’est là que, pour la deuxième fois en une semaine, un couple est retrouvé assassiné dans sa chambre. 
Deux corps mutilés gisant au pied du lit conjugal. La presse titre déjà sur une série de « crimes vaudous ».
Pourtant l’inspecteur Simon Bélage refuse de tomber dans la superstition. 
Sur cette île, la corruption et le trafic d’enfants font plus de ravages que le terrible Baron Samedi, le dieu des morts. 
Simon sait avec certitude que ces crimes sont l’œuvre d’un être de chair et de sang. 
Et tous les indices convergent vers un orphelinat fermé depuis près de vingt ans, surnommé la « Tombe joyeuse ».
Mais Simon devrait prendre garde. En Haïti, ignorer les avertissements des esprits, qu’ils soient vrais ou faux, peut se révéler dangereux…

Mon avis

Décembre 2009, des crimes atroces sont commis dans les quartiers chics de Piéton-Ville, à Haïti. La mise en scène évoque des crimes vaudous, d’autant plus que des cercueils en origami sont retrouvés à côté des corps. Les victimes ont été droguées avec une substance, appelée, communément, drogue du zombi. L’inspecteur Simon Bélage réfute l’existence du vaudou, qui est une des religions officielles de Haïti. Il sait quel mal peut être commis au nom de ces croyances qui ont détruit son enfance et lui ont pris sa mère.

Alors que ses supérieurs lui demandent de trouver un coupable, quitte à le créer de toutes pièces, selon certaines pratiques du pays, Simon découvre une photo qui le met sur la piste de « la Tombe joyeuse », un orphelinat qui a fermé après un drame, en 1984. Cette année-là, six enfants ont intégré l’établissement. Comme de nombreux enfants haïtiens, ils avaient été enlevés pour alimenter le business très rentable de l’adoption internationale. Ces six enfants présentaient un intérêt supplémentaire pour ceux qui les ont kidnappés : leur différence, celle qui leur a fait franchir le seuil de la porte rouge…

En France, Méline et Vincent s’aiment. Ils se sont rencontrés en 2005 et se sont mariés en 2008. Mais en 2009, la jeune femme affronte la perte de ses deux parents. Le deuil est difficile. Heureusement, elle est soutenue par son époux et par son amie Sybille. Comme beaucoup d’entre nous, le couple n’a pas connaissance des trafics d’enfants et de la corruption qui gangrènent l’île de Haïti.

De soleil et de sang comporte trois espaces temporels, deux pays et un personnage central : Haïti. Les meurtres se produisent quelques jours avant le séisme du 12 janvier 2010, qui a tué plus de deux cent quatre-vingt mille personnes et le décompte se fait à rebours, à partir de cette date. Cette catastrophe, qui a ému le monde entier, est le point d’intersection entre l’œuvre de fiction qui prend fin et la réalité qui est, hélas, toujours d’actualité. Comme la qualifie Jérôme Loubry, avant de commencer son récit, c’est la plus tragique. Ce sont ces drames humains que l’auteur nous confie. Il réveille nos consciences en décrivant l’exploitation des enfants, les trafics autour des adoptions, dans un pays dans lequel 90 % des orphelinats sont illégaux et non-contrôlés, où des petits sont enlevés ou achetés à leurs parents trop pauvres pour les élever, permettant à certaines personnes véreuses de s’enrichir en les vendant à des adoptants en mal d’enfants. Il écrit, également, de quelle manière, la dictature menée par Duvalier et celle des gangs de rues ont permis à la corruption d’émerger, dans tous les domaines, touchant même l’humanitaire.

Quel lien relie les corps atrocement mutilés à l’orphelinat qui a cessé d’exister en 1984 ?

Conclusion

J’ai adoré ce livre dans lequel la folie des hommes s’exprime à travers le « triptyque soleil-sang-vaudou », dans une atmosphère oppressante, celle des enfers de Haïti. « Ils se situent à la frontière de l’acceptable et de l’impossible. Sur cette île, les hommes vacillent constamment entre ces deux notions. Pour certains, le vaudou explique l’impossible et le rend acceptable. » (p. 289). Ce qui fait mal est que la souffrance des enfants, décrite par Jérôme Loubry, est véridique.

Je remercie sincèrement Adeline des Éditions Calmann-Lévy pour ce service presse, ainsi que Jérôme Loubry pour sa dédicace.

Du même auteur

Les refuges

Le douzième chapitre

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