La chasse aux âmes, Sophie Blandinières

La chasse aux âmes

Sophie Blandinières

Éditions Plon

Présentation de l’éditeur

Pour survivre, il faut sortir du ghetto. Par tous les moyens.

L’Histoire bouscule les âmes, la perversité de l’occupant nazi qui veut corrompre, voir ses victimes s’autodétruire et met en place un jeu ignoble dont l’objectif est de survivre, à n’importe quel prix : vendre son âme en dénonçant les siens ou ses voisins, abandonner ses enfants affamés, ou sauver son enfant, lui apprendre à ne plus être juif, céder son âme au catholicisme pour un temps ou pour toujours en échange de sa vie.
 
Pour survivre, il faut sortir du ghetto. Par tous les moyens.
Trois femmes, une Polonaise, Janina, et deux juives, Bela et Chana, vont les leur donner. Elles ont organisé un réseau clandestin qui fait passer le mur aux enfants et leur donne, pour se cacher en zone aryenne, une nouvelle identité, un nouveau foyer, une nouvelle foi, polonais et catholiques.

Mon avis

Grądy, Pologne. Un homme est assassiné : sa barbe a été enflammée et il a été frappé avec un gourdin. Un mois plus tard, le criminel s’est livré à la police, avec ces mots : « Je suis Juif, je suis revenu. » Le narrateur est son fils. A la mort de sa mère, Szymon explore le passé de son père, qui a quitté la maison, alors qu’il avait dix ans. Il accepte, enfin, d’entendre pour quelle raison, les jurés auraient souhaité gracier celui qui l’a abandonné. C’est Ava qui lui raconte l’histoire : celle de Joachim, le père de Szymon et celle du ghetto de Varsovie.

Une ordonnance allemande a imposé aux Juifs d’emménager dans une zone définie et aux non-Juifs d’en partir, avant le 31 octobre 1940. Les premiers ont été « confinés à l’intérieur d’une muraille hérissée de barbelés, d’un pénitencier surpeuplé ». A onze ans, Joachim avait analysé les chiffres : « quatre cent mille personnes sur trois kilomètres carrés, soit 2,4 % de la ville, causant une densité extrême, de cent vingt-huit mille habitants au kilomètre carré contre quatorze mille dans le reste de Varsovie[…] ». Les habitants dépendaient de tickets de rationnement qui fournissaient cent-quatre-vingt-quatre calories. Cet endroit, c’est le ghetto de Varsovie, que les Allemands avaient créé, quelques mois plus tôt, en prenant le prétexte d’une épidémie de typhus.

Pour survivre, il faut sortir du ghetto.

Trois femmes tentent par tous les moyens de faire sortir les enfants du ghetto. Elles ont compris que la mort guette les petits, prête à les prendre, que ce soit par la faim, les fusillades ou les trains qui mènent dans les camps. Mais pour cela, il faut de l’argent. Aussi, les familles doivent patienter, la peur au ventre, avec l’espoir que leur enfant soit sauvé. Il faut, aussi, tenir compte de la police juive corrompue. Il faut accepter de se convertir au catholicisme, car l’aide reçue se paye, en argent et en foi. Il faut se méfier de tous : des Juifs et des Polonais ont aidé les Allemands et les trahisons sont nombreuses, souvent nées de l’espérance d’obtenir un peu de répit, de sauver sa vie et celle de ses proches. Les parents doivent, également, se soumettre à un sacrifice terrible : laisser partir ses enfants, leur dire adieu en pressentant que ce sera la dernière fois. Pour certains, la séparation est impossible…

J’ai pris conscience que si je ne lisais pas de romans historiques, je ne saurais pas grand-chose au sujet de l’Histoire. Je connaissais l’existence du ghetto de Varsovie, je savais que c’était une barbarie, mais derrière les mots, je n’avais pas de représentation. La chasse aux âmes m’a permis d’entrer dans ce lieu et de ressentir la réalité tragique de cette prison à ciel ouvert, née de la perversité nazie. Plusieurs voix d’enfants racontent ce qu’ils ont vécu et leur perception est teintée de leur innocence trop vite perdue. Et il y a cette scène qui m’a marquée et émue, celle du dernier défi d’un homme : celui de sourire, au milieu du chant des collégiens que l’on emmène et cet élan d’amour suicidaire d’une petite.

Véritable devoir de mémoire, La chasse aux âmes m’a bouleversée. L’horreur vécue par les Juifs de Varsovie, la perversité des Allemands, l’opportunisme de la Police Juive corrompue, ainsi que de certains Polonais et les trahisons m’ont révoltée. En lisant ce livre, j’ai réfléchi au poids du mot « trahison », qui utilisé dans ce contexte, a un sens synonyme de mort. Malgré cette issue prévisible, toutes les dénonciations n’ont pas été faites par instinct de survie, certaines sont parties de vils sentiments. Ensuite, j’ai été saisie par le courage de ceux qui ont résisté, qui ont risqué et, souvent, donné leur vie pour sauver les autres. Enfin, j’ai été touchée par le récit des enfants, de leur vision différente et, pourtant, réunie par les mêmes souffrances, des manques identiques et des peurs similaires.

Maintenant, lorsque j’entendrai les termes « ghetto de Varsovie », ce ne sera plus une image abstraite qui se présentera à moi, mais la pensée des victimes. Merci à Sophie Blandinières d’avoir écrit ce roman nécessaire.

Je remercie sincèrement les Éditions Plon pour ce service presse.

Quatrième de couverture

9 commentaires

  1. Quoi Lieutenant Complice ? Quoi ? Il faut absolument que tu remédies à tes lectures sur le Ghetto de Varsovie. Et que tu regardes la liste de Schindler également. Tu m’as flanqué des envies de pleurer avec ta chronique. Merci à toi. 🙏❤️

    Aimé par 1 personne

      1. Prépare toi à avoir la nausée ma Complice. Mais voir aussi de très jolies choses. La lumière sort souvent du chaos. Et qui sauve un homme sauve l’humanité. Gros bisous à toi également 😘

        Aimé par 1 personne

      2. Coucou ma complice,

        Je les regarderai, un soir où Monsieur sera disposé.😁

        Je sens que je vais pleurer.

        Gros bisous 😘

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  2. Oui tu vas pleurer ma Complice. Devant tant d’injustice. Tu vas pleurer devant tant d’acharnement, tu vas pleurer devant tant de souffrance, prépare tes mouchoirs, il dure plus de trois heures, mais quel film. ❤️
    Gros bisous à toi 😘

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