Avant les diamants, Dominique Maisons

Avant les diamants

Dominique Maisons

Éditions La Martinière

Quatrième de couverture

Hollywood, 1953. L’industrie cinématographique est un gâteau fourré à l’arsenic que se disputent la mafia, l’armée et les ligues de vertu catholiques. Dans ce marécage moral et politique, ne survivent que les âmes prêtes à tout. Le producteur raté Larkin Moffat est de ceux-là. Abonné aux tournages de séries B, il fait vivoter les crève-la-faim du cinéma et enrage contre ce système qui l’exclue. Jusqu’au jour où il se voit proposer la chance de sa vie. Dans cette combine dangereuse vont graviter autour de lui le major Buckman, parieur et coureur invétéré, le très ambivalent père Santino Starace, l’impresario et proxénète Johnny Stompanato. Tous vont croiser leurs destins, multiplier les manœuvres et les crimes dans ce grand cirque du cinéma américain. Alors que défilent les Errol Flynn, Clark Gable, Hedy Lamarr et autres Frank Sinatra, ce petit monde sans scrupule va s’adonner à ce qu’il sait faire de mieux : manipuler les masses et veiller à son profit.

Dominique Maisons est l’auteur de romans noirs et thrillers salués par plusieurs prix. Avec son « roman-vrai » Avant les diamants, il effectue un tournant littéraire majeur, qui le place dans les pas des plus grands – James Ellroy, Robert Littell ou Don Winslow.

Mon avis

Hollywood, 1953. Le cinéma est contrôlé par l’armée, les ligues catholiques et la mafia.

L’armée souhaite développer le cinéma indépendant pour l’utiliser à des fins de propagande contre les communistes et pour passer des messages subliminaux au public, américain et européen, au sujet des valeurs des États-Unis et de leur mode de vie. Le major Buckman et l’agent Annie Morrison sont chargés de convaincre un producteur de seconde zone, prêt à tout, de réaliser le film correspondant au cahier des charges secret.

C’est à Larkin Moffat que le marché est proposé. Il est un producteur, à petit budget, qui rêve de gloire et de pouvoir. C’est surtout un être abject, prêt à tout pour réussir. Si le major et sa coéquipière réussissent à le cadrer, il a le profil parfait. Il n’a pas intérêt à dévier, car le film sera financé par la mafia, à hauteur de deux millions de dollars. Buckman, lui aussi, subit une pression : s’il échoue, il sera exilé en terre inhospitalière. Un homme d’Eglise est, également, mis à contribution pour que le film passe la censure : il est aisé de lui faire du chantage, car il a des secrets sulfureux.

Moffat est un homme dégoûtant, violent et manipulateur. C’est une anguille, car il n’a aucun code de valeur, même personnel : il ne pense qu’à son profit, il est prêt à tout pour cela et, malheureusement, il le montre au lecteur. Il commet des actes abominables et irréparables. Hélas, ses victimes sont les seuls personnages qui avaient éveillé mon empathie, dans ce roman d’une noirceur intense. En effet, dans ce roman, Dominique Maisons montre ce qui se cache, derrière les paillettes d’Hollywood : les actrices obligées de coucher avec le producteur pour espérer avoir un rôle, l’infiltration de l’armée et des ligues de vertu catholiques dans les scénarios, la mafia qui règne, en maître, dans le monde du cinéma, et Moffat, ce producteur véreux, sans foi, ni loi. Cela ne peut que finir en apocalypse.

Dans ce roman très documenté, les personnages de fiction croisent des personnalités réelles. Certains sont du milieu du cinéma, comme, par exemple, Errol Flynn, Clark Gable, Hedy Lamarr, etc. D’autres sont du milieu mafieux : Jack Dragna, Mickey Cohen, John Rosselli, etc. Dominique Maisons décrit les guerres de territoire et de pouvoir et les actions punitives. Ce livre est réellement un livre d’ambiance, que l’on lit en noir et blanc, immergés dans les milieux sordides d’Hollywood. C’est passionnant. L’intrigue imaginée est entièrement intégrée dans la réalité de l’époque. Mon seul petit regret est qu’il n’y ait pas d’annotations, indiquant quels sont les personnages réels. En effet, c’est une période des Etats-Unis que je ne connais pas. Cependant, de façon très subtile, l’auteur nous fait comprendre si les faits sont vrais ou non. Je suis incapable de déterminer de quelle manière, il réussit, car le véridique s’insère parfaitement dans l’intrigue, mais on le ressent sans pouvoir l’expliquer.

En cette période de maccarthysme, ce n’est pas le tapis rouge qu’Avant les diamants déroule au monde du cinéma. C’est un tapis noir, avec tout ce que l’époque et le milieu possédaient de sordide. Et cela se termine en orange incandescent, dans un feu, qui brûle tout sur son passage. J’ai adoré ce roman qui détruit un mythe de manière intense et haletante, dans lequel l’innommable se rajoute à l’abject, l’appât du gain détruit l’humanité et dans lequel l’issue est la même pour tous.

Avant les diamants est une pépite noire de cette rentrée littéraire.

Je remercie sincèrement l’agence La Bande et les Éditions de la Martinière pour ce service presse.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s