Le tailleur de Relizane, Olivia Elkaim

Le tailleur de Relizane

Olivia Elkaim

Éditions Stock

Quatrième de couverture

Relizane, pendant la guerre d’Algérie. Lorsqu’en pleine nuit, on frappe à la porte, Marcel, le grand-père d’Olivia Elkaim, craint pour sa vie et celles de sa femme et de leurs deux enfants. On lui enfile une cagoule sur la tête, il est jeté dans un camion et emmené dans le désert. Va-t-il être condamné à mort ou gracié ? Il revient sain et sauf à Relizane trois jours plus tard, et ses proches se demandent quel est le secret de ce sauf-conduit. A quoi a-t-il collaboré ? Quels gages a-t-il donné et à qui ? Viviane, son épouse, ses frères, sa mère, ses voisins, tous questionnent le tailleur juif. Mais il garde le silence. Quand un jeune apprenti arabe se présente devant son échoppe, Marcel comprend que tôt ou tard, il lui faudra quitter son pays natal.  

Après ce début d’une folle intensité romanesque, Olivia Elkaim retrace l’histoire de sa famille, l’exil des siens, leur arrachement à cette terre africaine, et leur fuite chaotique vers une France où rien ne les attend – ni confort, ni sympathie, ni même aucune aide administrative.  

Ces valeureux que le soleil caressait il y a peu, deviennent des réprouvés qui ne connaîtront que l’ombre d’une cave humide à Angers. Les grands-parents d’Olivia Elkaim, Viviane et Marcel, sont deux magnifiques personnages, entre Albert Cohen et Anna Magnani, qui ne cesseront de rêver d’échapper à cette triste France.  

Au-delà de tout ce que nous savons du retour d’une famille pied-noire en métropole, au-delà du drame humain, familial, politique, souvent commenté par les historiens, Olivia Elkaim explore sa part algérienne, juive, lyrique, à la fois enchantée et hantée, que son père Pierre avait tenté en vain de lui transmettre.
Par ce livre qui rend hommage à ses ancêtres, et à travers la photographie jaunie d’une grand-tante, retrouvée par hasard dans le cimetière juif de Relizane, elle se révèle aussi à elle-même.

Mon avis

1958, Relizane, en Algérie. Cela faisait plusieurs mois que Marcel craignait ce moment : en pleine nuit, on frappe à la porte. Son épouse, Viviane, le supplie de ne pas ouvrir, mais il sait que s’il n’obéit pas, ils s’en prendront à sa famille. Ils lui enfilent une cagoule sur la tête et ils l’emmènent dans le désert. Il pense qu’il ne reviendra pas, comme d’autres avant lui. Contre toute attente, il rentre chez lui, trois jours plus tard. Ses voisins et sa famille veulent savoir ce qui a permis sa libération. Pour les protéger, il ne parle pas. Aussi, certains de ses proches se méfient de lui et se détournent de lui. Quatre ans plus tard, un évènement lui indique qu’il doit quitter l’Algérie.

Lorsque sa famille et lui arrivent en France, en 1962, ils ne reçoivent pas l’accueil escompté. « On ne voulait plus d’eux là-bas. On ne voulait pas plus d’eux ici. » Juifs français, ils ont été contraints à l’exil, mais les Français les rejettent.

Marcel était le grand-père d’Olivia Elkaim. Pendant longtemps, elle n’a pas voulu que son père, Pierre, lui raconte cette partie de l’histoire familiale. Jusqu’à un électrochoc, elle n’écoutait que sa part française. Grâce à ce roman, elle rend hommage à ses grands-parents, à son père et à son oncle, et laisse émerger la part algérienne. Ses racines des deux pays, ainsi que sa judéité ne font plus qu’un, elle est une femme sur les traces du passé familial. Ses ancêtres ont tout quitté et l’auteure décrit leur douleur de ne pouvoir revoir ces terres qu’ils aimaient tant. En France, les débuts sont tes difficiles. Ils quittent Marseille pour Angers, car ils ont appris que les exilés y étaient moins nombreux. Pourtant, c’est dans une cave humide qu’ils sont logés. Marcel est un battant : alors qu’il était le meilleur tailleur de Relizanne, il repart à zéro. Viviane, même si elle a du mal à accepter la situation, est à ses côtés.

Ce livre est très touchant pour ce qu’il relate sur le grand-père d’Olivia Elkaim, mais aussi pour ce qu’il dévoile sur l’auteure qui se révèle à elle-même, au fur et à mesure de ses découvertes. J’ai, également, été très intéressée, par la partie historique de la guerre d’Algérie, vue de l’intérieur, par ceux qui l’ont vécue. Ce ne sont pas simplement des faits, mais des émotions et des mots sur les meurtrissures des pieds-noirs qui se transmettent de génération en génération. J’ai adoré Le tailleur de Relizane. C’est un roman intimiste et délicat, malgré la dureté des épreuves vécues par les exilés.

Je remercie sincèrement les Éditions Stock et NetGalleyFrance pour ce service presse.

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