L’énigme Gerstein, Alain Le Ninèze

L’énigme Gerstein

Alain Le Ninèze

Éditions Ateliers Henry Dougier

Quatrième de couverture

Depuis l’année 1933, Kurt Gerstein assiste avec effroi à la prise du pouvoir par Hitler en Allemagne. Ses valeurs morales et ses convictions chrétiennes l’amènent à condamner le régime brutal qui s’impose par le mensonge, la propagande raciste et la violence. En février 1941, un membre de sa famille meurt subitement dans l’hôpital psychiatrique où il est interné, victime de la sinistre « Aktion T4 » organisée par la chancellerie du Führer. Comprenant qu’il s’agit d’un crime d’Etat, annonciateur de beaucoup d’autres, Kurt Gerstein s’engage dans la SS pour enquêter de l’intérieur sur ce qui s’accomplit en secret dans la milice noire d’Hitler. Ce qu’il découvrira dépasse de loin ce qu’il imaginait…

Acteur directement impliqué dans un système qu’il dénonce parallèlement, mais sans succès, Kurt Gerstein mènera une double vie jusqu’à la fin de la guerre.

Mon avis

Le 13 février 1941, Kurt Gerstein apprend que la belle-sœur de son frère est décédée. Bertha avait seize ans et était internée pour des troubles schizophréniques. La lettre du directeur de l’établissement, indique que cette fille en pleine santé aurait succombé à une pneumonie. Le ton du courrier est cynique. Kurt a entendu des rumeurs sur un programme d’euthanasie, tenu secret, « dans le but de débarrasser la nation allemande de ses éléments jugés inutiles ». (P. 13) Ses recherches confirment ses doutes : de nombreux aliénés sont morts d’une pneumonie.

Kurt Gerstein décide d’infiltrer la Waffen-SS, afin de témoigner. Il est incorporé le 10 mars 1941, puis nommé à l’Institut d’hygiène à Berlin. Afin d’être en mesure de dénoncer les crimes des nazis, il est au cœur des exterminations perpétrées par ceux-ci.

Pour écrire ce docu-roman, Alain Le Ninèze s’est fondé sur des documents d’archives et des témoignages : celui de Kurt Gerstein, lui-même et ceux de personnes qui l’ont connu et qui ont été interrogées des années plus tard. En croisant les différentes sources, l’auteur tente de comprendre la double vie de Kurt Gerstein et de cerner son degré d’implication dans les crimes de guerre.

Je n’ai jamais eu autant la sensation d’être au plus près de l’horreur. La description des chambres à gaz est glaçante et rend d’autant plus concrètes ces exterminations et l’inhumanité des SS. Le travail de recherche est phénoménal. Le récit est une alternance de documents officiels et de passages romancés. L’auteur indique quels sont les éléments qu’il a imaginés et explique ce qui lui a soufflé les scènes. Il donne également son analyse personnelle des faits, avec des arguments très étayés. Il relève aussi les contradictions et livre l’autre interprétation possible. Il partage ses doutes et ses questionnements au sujet de Kurt Gerstein. Qui était cet homme qui a participé à l’innommable, pour le crier à la face du monde ? Un criminel ou un résistant ?

L’énigme Gerstein est un livre incroyable, autant pour sa valeur historique que pour l’analyse de l’auteur, qui semble partager avec le lecteur, ses réflexions en temps réel. De plus, Alain Le Ninèze ne prend pas parti, nous laissant déterminer notre conviction. Pour être sincère, je n’ai pas su résoudre l’énigme Gerstein, je n’ai pas de certitudes sur cet homme et sur son invraisemblable décision.

Je remercie sincèrement Anna des Éditions Ateliers Henry Dougier pour ce service presse.

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