Une vie et des poussières, Valérie Clo

Une vie et des poussières

Valérie Clo

Éditions Buchet-Chastel

Quatrième de couverture

Mathilde n’est plus toute jeune et sa fille a décidé qu’elle serait bien mieux dans un Ephad que chez elle, où elle commence à oublier trop de choses. Le roman est le journal de Mathilde tenu pendant les mois passés dans ce nouveau monde.

Il y a les souvenirs anciens : l’enfance pendant la guerre, la disparition du père, la fuite dans la zone libre, la disparition de la mère, la planque chez des paysans. Puis le retour à la vie, alors que tout est dévasté… 

Et il y a la vie au quotidien dans cet univers étrange qu’est l’Ehpad. Sa voisine de chambre qui a perdu la boule. Les voisins de table, hauts en couleurs et passablement amochés. Les aides-soignantes, et en particulier Maryline qui est un rayon de soleil… Les jours passent. Il y en a des bons, il y en a des mauvais. C’est l’heure des bilans, l’apprentissage de la solitude radicale. 

Une vie et des poussières est une leçon de vie. Valérie Clo a voulu rendre visible ce lieu (l’Ehpad) que l’on préfère ignorer.

Mon avis

Mathilde vit dans un Ehpad, depuis que sa fille, Rose, a décrété qu’elle ne pouvait plus vivre seule. Mais la vieille dame ne s’y sent pas à sa place. Une chute et un oubli de pressing ne veulent pas dire qu’elle ne peut plus vivre seule. En tout cas, c’est son avis. Une aide-soignante, celle que la vieille dame appelle Maryline, lui offre un carnet, lui proposant d‘écrire son journal. Dans celui-ci, Mathilde partage son quotidien et son passé. Elle décrit les autres pensionnaires et ses pensées. Elle note, également, ses souvenirs plus anciens : le bonheur qu’elle a partagé avec son époux et le traumatisme de la guerre. Elle décrypte aussi ses relations avec sa fille.

Dans des chapitres très courts, présentés comme des entrées de journal intime, Mathilde livre ce qui compte pour elle. Elle décrit la relation très forte qui l’unit à Maryline. L’aide-soignante dévouée se bat contre sa direction qui lui chronomètre les toilettes et ne tient pas compte de l’humain, alors que, elle, elle fait son possible pour apporter de la douceur, du respect et de la dignité à ses résidents. Mathilde revient aussi sur la famille qui les a cachées, sa sœur et elle, pendant la guerre. Certains passages sont forts en émotion. Elle dit son regret de ne pas avoir su exprimer sa reconnaissance à celle qui a veillé sur elle. Elle raconte sa vie de famille, en pensant avec tendresse, à son époux, Paul. Elle analyse les réactions de sa fille et finit par la comprendre. Enfin, elle relate des anecdotes au sujet des autres pensionnaires. Certaines sont amusantes, d’autres sont déchirantes. On ressent la solitude de ces personnes placées et le désarroi lorsque Alzheimer s’invite.

Une vie et des poussières est un roman touchant sur la fin de vie. Grâce à l’humour de Mathilde, cette tranche de vie n’est pas triste. Il donne envie de chérir nos aînés et de remercier le dévouement des soignants qui tentent d’adoucir leur existence, malgré les restrictions budgétaires.

Je remercie sincèrement NetGalleyFrance et les Éditions Buchet-Chastel pour ce service presse.

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