Bigué, Frédérique de Lignières

Bigué

Frédérique de Lignières

Éditions L’Andriague

Quatrième de couverture

A Dakar, dans les années 50, la famille d’un officier de marine se prend d’affection pour Bigué. Mais pourquoi la jeune Africaine refuse-t-elle obstinément de leur confier les graves ennuis qu’elle parait avoir et d’accepter leur aide ? Que craint-elle ? Que leur cache-t-elle ? Le père et sa fille confient en alternance, et chacun de leur point de vue, quels étaient leurs rapports avec Bigué, comment ils ont vécu ses refus et ses dérobades et comment ils ont ressenti cette incompréhension qui les séparait de leur jeune servante.

Mon avis

J’avais lu La légion bretonne et autres nouvelles de la forêt d’Orléans de Frédérique de Lignières. Bien que ce recueil ne soit pas mon genre de prédilection, puisque je ne lis ni fantastique, ni textes courts, j’avais été charmée par la plume de l’auteure. Aussi, quand elle m’a proposé de m’envoyer Bigué, j’ai accepté avec grand plaisir.

A la fin des années 50, Cosme, officier de marine, est muté à Dakar. Son épouse et sa fille de neuf ans, Xavière, doivent le rejoindre plus tard. Il décide d’employer une jeune fille, Bigué, pour tenir la maison et s’occuper de son enfant, par la suite. Elle lui a été recommandée par Abby, la domestique de son voisin. Elle est présentée en tant que cousine. Mais très vite, le militaire découvre que la vérité est autre.

Xavière rejoint son père plus tôt que prévu et l’histoire est narrée alternativement par elle et par Cosme. Alors que l’adulte comprend rapidement que les relations entre les deux « cousines » sont de l’esclavage, la petite fille analyse la situation avec un regard d’enfant.

Frédérique de Lignières a vécu une partie de son enfance en Afrique. Dans Bigué, elle raconte la période coloniale et elle montre le poids de certaines traditions, en raison desquelles les femmes sont exploitées et utilisées pour sauver leur famille de la famine. Elle explique cette impossibilité de s’échapper puisque l’honneur des leurs pèse sur leurs épaules.

Bigué est une jeune Africaine très maternelle et attachante. La famille française qui l’emploie aimerait la sauver. Mais peut-on le faire contre la volonté de la personne ? Ce roman met en exergue les différences de perception des traditions entre l’Orient et l’Occident. Il montre également qu’il existe plusieurs manières d’asservir quelqu’un. Cosme est un personnage ambivalent. En effet, il semble être sensible à la cause des femmes, mais certains de ses comportements m’ont mise mal à l’aise. Il a un versant qui provoque l’empathie et un autre qui révolte. Quant à la petite Xavière, elle est très attendrissante. Elle évalue la situation en fonction de ce que sa maturité lui permet et de ce qu’elle voit. Elle ne distingue pas ce que certains actes cachent.

Bigué est un roman touchant.

Je remercie sincèrement Frédérique de Lignières pour ce service presse et pour sa patience.

De la même auteure

La légion bretonne et autres nouvelles de la forêt d’Orléans

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