Les Larmes des Polonaises, Amicie d’Arces

Les Larmes des Polonaises

Amicie d’Arces

Éditions de Borée

Terre de Poche

Quatrième de couverture

1922. Cet hiver-là, Maria Duszenka, vingt ans, débarque avec son bébé en gare de Montceau-les-Mines dans le flot d’immigrants polonais embauchés par les Houillères. Son oncle, sa tante et leurs cinq enfants l’accueillent dans leur humble logement de la cité ouvrière réservée aux Polonais. Pour Maria, c’est inespéré : loin de sa chère Pologne, loin de Tadeusz, le père de sa petite Hanna, un foyer débordant de tendresse et un emploi de trieuse de charbon lui sont offerts, à elle, la fille-mère. La vie l’emmènera chez les métallos du Creusot, tandis que la France vibrera des tumultes de la guerre et des grandes grèves du Charbon et du Fer.

Mon avis

Les Larmes des Polonaises s’étend sur trois générations et couvre la période de 1920 à 1960. Il décrit la solidarité du peuple polonais, loin de chez lui, qui a fui la guerre. L’entraide entre les femmes s’exprime dans les drames, dans le quotidien et dans les moments de bonheur. Mais il y a aussi des jalousies et des rivalités…

En 1920, Maria et sa famille quittent la Pologne et s’installent en France. La jeune fille de vingt ans a souffert de son statut de fille-mère, dans son pays, et espère commencer une nouvelle vie, même si elle n’oubliera jamais le père de sa fille, Hannah. Les mines du Creusot et l’entreprise de métallurgie, Schneider, ont besoin de bras et une cité ouvrière est réservée aux Polonais. En ce début du siècle, ils sont stigmatisés, il ne faut pas faire de vagues, quand on est « Polacks » comme ils sont nommés. Aussi, c’est souvent, les Polonais d’un côté et les Français de l’autre. Certaines fois, des binômes des deux nationalités sont formés pour descendre dans la mine et le brassage commence timidement. La vie à la mine est dure : le travail difficile, les accidents qui se répètent trop souvent, la peur du grisou, le charbon qui attaque le corps, les salaires peu élevés, aussi, les familles espèrent, secrètement, que leurs enfants pourront suivre une autre voie. Je suis née dans le Nord et j’ai toujours été sensible aux histoires qui rendent hommage aux « gueules noires ».

Les Larmes des Polonaises couvre une longue période. Amicie d’Arces raconte l’exil des familles qui ont peu de nouvelles de ceux restés en Pologne, leur envie d’être assimilées et celle de conserver leurs traditions, le rejet par certaines personnes et les amitiés qui dépassent les nationalités, la peur de se faire remarquer, lors des grandes grèves, et leur participation à la guerre. Dans la Résistance, il n’est plus question de Français ou de Polonais, mais d’hommes et de femmes prêts à sacrifier leur vie pour en sauver d’autres.

Ce livre comporte 500 pages. C’est ce qui permet à l’auteure de traiter une longue période, à travers les évènements historiques, de décrire des familles de conditions sociales différentes, de dépeindre le quotidien, les souffrances, les joies, les épreuves, les succès, les bonheurs et les malheurs de ces hommes et femmes attachants : tout ce qui compose une vie. Le récit est très sensoriel : les descriptions font appel à l’ouïe, la vue, le toucher, l’odorat, le goût et au cœur puisque l’écriture est très sensible. La saga concerne essentiellement les femmes cette époque, mais les hommes sont très présents : il s’agit des pères, des frères, des cousins, des époux, etc.

Conclusion

J’ai eu un coup de cœur pour ce roman historique, composé de romanesque et de réalisme. C’est un livre de mémoire et d’ouverture à l’autre. C’est un hommage à la communauté polonaise (dont l’auteure n’est pas issue) qui a adopté la France sans oublier ses racines. Les personnages sont attachants ; leur propension au bonheur, même lorsque la vie est difficile, est empreinte de dignité. J’ai tellement aimé Maria, Hannah, Dominika, etc. que j’ai refermé ce livre, avec le regret de ne pas les connaître, dans la vraie vie, ce qui démontre que j’étais à Montceau-les-Mines, pendant ma lecture.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

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