Orazio, Christophe Matho

Orazio

Christophe Matho

Éditions Ramsay

Quatrième de couverture

En septembre 2012, un éditeur est convoqué chez un notaire qui lui remet un manuscrit confié à son étude il y a très longtemps. Il s’agit d’un roman écrit par une écrivaine, célèbre à son époque, qui craignait que la postérité ne l’oublie.

Elle avait donc organisé la découverte de cet ouvrage plusieurs décennies après sa mort. L’arrière-grand-père de l’éditeur, un jeune homme qui fuyait l’Italie fasciste était tombé sur une énigme qu’il avait su résoudre et qui l’avait conduit jusqu’à un autre notaire dans les années trente.

Ce manuscrit contient un lourd secret. Ce n’est pas le hasard qui a conduit ce jeune Italien et une paysanne creusoise qu’il a rencontrée sur son chemin à résoudre cette énigme. Le cheminement de ce manuscrit à travers le temps a été soigneusement orchestré par ceux qui avaient décidé que son secret ne serait dévoilé que le moment venu.

De la Toscane au Berry, en passant par la Corse ou Lyon, ce roman propose un périple dans la France de la première moitié du XXe siècle, mais aussi un voyage dans le temps et dans l’imaginaire de la Vallée Noire.

L’auteur

Christophe Matho est le directeur éditorial de Ramsay. Il a dirigé les collections de Marivole et de de Borée. Auteur de plusieurs livres documentaires et d’ouvrages consacrés aux traditions populaires. Il commet ici son premier roman.

Mon avis

En 1874, une écrivaine célèbre, organise un jeu de pistes, par peur de tomber dans l’oubli. Cette énigme a été résolue dans les années 30, dans la Creuse, par Orazio, un jeune Italien qui avait fui son pays envahi par le fascisme. Quatre-vingts ans plus tard, en 2012, Christophe, un éditeur, accompagné de son épouse, Frédérique, se rend à la convocation d’un notaire. Il est un des descendants d’Orazio et pour cette raison, il reçoit une boîte contenant un manuscrit d’une certaine Amantine. Certains d’entre vous, auront déjà deviné son nom.

Même si le récit concerne essentiellement Orazio, il alterne entre les trois époques. Cependant, la lecture est très aisée, car la police d’écriture change, ainsi que le découpage des chapitres. C’est ingénieux et très agréable.

La fiction semble se mêler à la réalité et j’avoue m’être, plusieurs fois, demandé ce qui était vrai ou non. A la lecture de mon résumé, vous avez certainement compris que l’auteur était un des personnages du roman : Orazio était son arrière-grand-père. Aussi, je m’interroge, par exemple, sur l’éventuelle véracité de certaines scènes telles que celle de l’introduction à la Franc-maçonnerie ou sur la possibilité de l’existence d’un manuscrit caché, pendant plus d’un siècle. Ce mystère titille l’imagination et entretient la rêverie. Et qu’en est-il des meneux de loups ? Est-ce une légende ou ont-ils existé ? J’ai aimé que ce roman ne définisse pas clairement la ligne entre l’imaginaire et la réalité.

La date de résurgence du manuscrit ne semble pas avoir été choisie, au hasard. Il semblerait que l’écrivaine ait anticipé certains éléments de notre monde et prévu que son histoire aurait une utilité, à notre époque, alors qu’elle n’avait plus de raisons d’être, dans les décennies précédentes. C’est un élément qui m’a beaucoup émue, puisqu’il touche à une cause qui me tient à cœur. Le texte a valeur de transmission et de mémoire : grâce à l’écrit, des enseignements perdurent.

A travers Orazio, l’auteur décrit l’exil d’un Toscan qui a fui le fascisme, mais le danger était aussi présent, en France. Il dépeint les chantiers de construction, la vie dans les campagnes et l’envie d’intégration. Des parallèles peuvent être faits entre les deux existences du jeune homme. Les loups du Berry peuvent rappeler les extrémistes, l’histoire d’amour d’Orazio avec une Française est un miroir de celle qu’il a vécue avec une fille de son pays. Sa vie est captivante.

J’ai eu la chance de lire plusieurs ouvrages édités par Christophe Matho et j’ai souvent relevé la qualité de l’écriture des auteurs qu’il publie. J’ai été ravie de retrouver cette exigence dans sa plume, qui est très élégante.

Conclusion

Quand j’ai commencé à écrire des chroniques, Christophe Matho a été le premier éditeur à m’avoir fait confiance. Il m’a permis de faire de belles découvertes, m’a fait sortir de ma zone de confiance, plusieurs fois, et je le remercie. J’ai, par exemple, eu un énorme coup de cœur pour Marianna de Jules Sandeau, moi qui ne lis pas de classiques. Il m’a fait connaître les livres de Chérif Zananiri, de Virna Lorentz, de Michèle Dassas, etc, qui sont des auteurs que j’aime. Lorsque j’ai reçu son roman, j’ai été très touchée. La lecture était teintée d’impatience et d’espérance qui n’ont pas été déçues. Je suis heureuse de pouvoir affirmer que j’ai adoré Orazio.

Et si un jour, un manuscrit caché depuis plus d’un siècle était publié ?

Je remercie sincèrement Christophe pour ce service presse dédicacé.

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