La cave aux poupées, Magali Collet

La cave aux poupées

Magali Collet

Éditions Taurnada

Quatrième de couverture

Manon n’est pas une fille comme les autres, ça, elle le sait depuis son plus jeune âge.

En effet, une fille normale ne passe pas ses journées à regarder la vraie vie à la télé.

Une fille normale ne compte pas les jours qui la séparent de la prochaine raclée monumentale…

Mais, par-dessus tout, une fille normale n’aide pas son père à garder une adolescente prisonnière dans la cave de la maison.

Mon avis

Une jeune fille vit seule avec « Le Père » depuis que sa maman est morte. Elle n’est jamais sortie de la maison familiale, les seuls éléments qu’elle connaît de la vie extérieure lui ont été inculqués par la télé. Son autre occupation est de prendre soin des filles que « le père » garde à la cave afin de satisfaire ses pulsions sexuelles. Plus il y a des cris, plus il est heureux. Manon, elle, doit les préparer : il faut qu’elles soient propres, rasées, coiffées, etc. En général, deux filles sont enfermées, en même temps.

Lorsque le livre commence, une seule est retenue. « Le Père » n’a pas eu le temps d’aller en chasse. La prisonnière tente de créer un lien avec Manon, en lui révélant son prénom. Ainsi, elle redevient une personne, un être humain, pour sa geôlière, qui, pour la première fois, se questionne sur son rôle.

Cependant, les faits ne sont pas noirs ou blancs. Si Manon ne remplit pas sa mission, c’est elle qui est punie. Elle l’est déjà, sans raison. Elle subit, elle aussi, les assauts du monstre. De plus, il est difficile d’envisager une rébellion, lorsque l’on a toujours vécu, enfermée dans un schéma, qu’on n’en connaît pas d’autres.

Manon est un personnage qui m’a extrêmement perturbée. Elle est aussi victime que bourreau. Elle fait preuve, par moments, de méchanceté, mais je n’ai pu m’empêcher de penser à ce qu’elle subissait, depuis toute petite. Elle sait que c’est soit elle, soit les prisonnières. Lorsqu’elle se confiait sur sa vie, depuis sa naissance, sur les sévices qu’elle a endurés, les horreurs qu’elle a vécues ou vues, je n’avais qu’une envie, c’était de la sauver. Or, elle n’existe pour personne. Certaines scènes sont atroces, mais le père n’a pas réussi à faire perdre toute humanité à Manon…

Ce livre est d’une très grande dureté. Certaines scènes sont abominables et à la fin du livre, je n’ai pu m’empêcher de penser au calvaire que certains enfants enlevés par des prédateurs ont vécu. Je pense aussi à tous ces enfants, qui, chaque jour, vivent auprès de monstres. Je serre la petite fille, en moi, qui savait que ce n’était pas normal.

Conclusion

La cave aux poupées nous emmène au plus profond de la noirceur « humaine ». Même si la lecture est, souvent, insupportable, ce huis clos qui prend aux tripes, se lit d’une traite, car nous voulons connaître l’issue et nous sommes immergés dans l’horreur de ces vies détruites par les actes d’un homme, d’un seul. J’ai espéré, puis perdu espoir, puis retrouvé l’espérance, puis désespéré, je me suis raccrochée à la moindre lueur d’humanité, dans le récit, qui prend aux tripes.

Manon, tu existes pour ceux qui t’ont lue.

Une fois encore, les Éditions Taurnada tapent fort, avec ce suspense qui remue. Je remercie sincèrement Joël pour ce service presse.

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