Les Dames du mardi, Jean Siccardi

Les Dames du mardi

Jean Siccardi

Éditions Presses de la Cité

Terres de France

Quatrième de couverture

Entre 1908 et 1956, des ruelles populaires du Vieux-Nice et son arrière-pays à la croisette de Cannes, de la misère de ses jeunes années à la bonne fortune, vie et destin de Vittorio Lombardo, fils d’immigrés piémontais. Avec en filigrane une magnifique évocation de la Côte d’Azur, région aux multiples influences et contrastes.

L’honneur… telle est la raison d’être de Victor Cousin, comte de Salèse. A Cannes, il promène sa haute stature avec l’aura d’un aventurier moderne. Comme d’autres notables, il se rend le mardi soir dans une « maison » tenue par la respectable Juliette. Mais il est déjà sous le charme d’une jeune fille perdue qui va bouleverser sa vie.

Des vies, il en a tant vécu… Né en 1908, Vittorio, enfant choyé d’un couple piémontais, a grandi dans les ruelles populaires du Vieux-Nice au sein d’une communauté immigrée solidaire. Bientôt orphelin, il va régner en chef incontesté dans plusieurs quartiers, rançonnant les riches au profit des déshérités. Jusqu’au jour où, sous la menace de bandes rivales, il doit fuir… Fuir Nice pour les montagnes.

Mais comment survivre, seul, démuni, sans espoir de retour ?

Mon avis

1907. Paolo et Maria Lombardo vivent dans la pauvreté, dans les Alpes piémontaises. Ils décident de passer clandestinement, en France, avec l’espoir d’une nouvelle vie. Grâce au moine Roberto, qui les a aidés à passer la frontière, ils bénéficient d’un réseau d’entraide lors de leur installation à Nice. Leur fils Vittorio naît en 1908. Lorsque la guerre est déclarée en 1914, Paolo est contraint de s’engager. Il ne revient pas du front et Maria ne lui survit pas.

Orphelin, Vittorio devient chef de bande et règne dans plusieurs quartiers. Mais un jour, son pouvoir s’amenuise et, menacé, par des bandes rivales, il doit fuir. Il se cache dans les montagnes, jusqu’au jour où une rencontre transforme sa vie. Il devient Victor Cousin, puis, comte de Salèse.

Vittorio a de l’honneur, mais avec des valeurs qui lui sont propres. Ses actes sont souvent antagoniques. Lorsqu’il dévalise les personnes aisées, il reverse l’argent aux déshérités. Il est actif dans la Résistance, pendant la Deuxième guerre, cependant, il garde l’argent, destiné au réseau, qu’il a trouvé dans un avion qui s’est écrasé. Il fréquente des milieux interlopes, se rend dans une maison close, mais sauve une prostituée. Ses méfaits s’opposent à ses bonnes actions. Son existence est également une alternance de luxe et de misère, de vie à la ville et de rapprochement avec la nature. Cette ambivalence fait qu’on ne sait jamais ce qui va lui arriver et les choix qu’il va faire. De plus, cela crée un attachement, une envie de le comprendre et cela rend le héros authentique.

Vittorio est un homme qui lutte contre les injustices et pas toujours par des moyens légaux. Ses méthodes sont terribles. Il est porté par une cause, il est embrasé par son désir de justice, mais agit avec froideur et son plan est parfait.

Lors de ses périples, Vittorio fait de belles rencontres. Il connaît la paix auprès de Philémon et Adèle, par exemple. Il vit plusieurs années, auprès de ce couple de personnes âgées très touchantes et altruistes. Je pense que leurs gestes désintéressés et l’accueil généreux qu’ils ont offert au jeune homme, tiennent une part importante dans sa nature généreuse.

J’ai aussi beaucoup aimé la partie concernant les parents de Vittorio. L’auteur décrit la difficile intégration des immigrés italiens, qui sont regroupés dans des logements vétustes. Une solidarité se crée. J’ai été émue par le récit du départ à la guerre de Paolo. Les Italiens étaient rejetés par les Français, mais, au moment de la mobilisation, ils étaient considérés comme faisant partie de la nation.

Conclusion

J’ai énormément aimé Les Dames du mardi. Le récit s’étend de 1907 à 1956. Vittorio/ Victor Cousin/ Victor, Comte de la Salèse a vécu plusieurs vies. La dualité est son essence et il est difficile d’anticiper ses choix de vie et ses décisions. Son code de l’honneur en fait un être attachant. L’auteur montre aussi qu’un homme n’est pas le même, selon les périodes de sa vie, en fonction des rencontres, des circonstances, de l’expérience et de ses attentes.

Les Dames du mardi est une belle tranche de vie d’un homme, qui pense aimer l’argent, mais qui s’épanouit au sein de la nature.

Je remercie sincèrement Clarisse des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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