Ultime preuve d’amour, Michel Canési et Jamil Rahmani

Ultime preuve d’amour

Michel Canési et Jamil Rahmani

Éditions Anne Carrière

Quatrième de couverture

Alger, avril 1962.

Inès, une Algérienne de seize ans, est emportée par sa passion pour Pierre, un jeune pied-noir qu’elle connaît depuis l’enfance.

Mais l’Histoire n’a que faire des sentiments, elle avance, implacable, et broie tous les destins.

Alors que la violence est partout, Inès et Pierre se retrouvent dans une chambre de l’Aletti, le grand palace d’Alger. C’est leur dernière rencontre. Pierre, comme tant d’autres, sera bientôt exilé en France.

Le silence s installe, les années passent.

Inès et Pierre, qui se sont reconstruits tant bien que mal, oublieront-ils jamais l’Aletti ?

Ultime preuve d’amour brosse un émouvant portrait de femme. Il évoque avec puissance l’Algérie et la France des années soixante et quatre-vingt-dix. C’est dans l’amour d’une terre perdue, d’un pays déchiré, que s’exacerbent les sentiments de tous les personnages du roman.

Mon avis

Inès, une Algérienne de seize ans, et Pierre, un pied-noir, sont voisins et s’aiment depuis l’enfance. Pendant moins de deux heures, la chambre 310 de l’hôtel Arletti, un palace algérois, abrite leurs ébats. C’est la première et la dernière fois. Ils sont séparés lors de l’indépendance de l’Algérie : Pierre est exilé en France.

Alors que les Algériens fêtent la fin de la colonisation, Rachid tombe amoureux, en un regard, d’une jeune fille à peine aperçue. Il la revoit, quelque temps plus tard, lors d’une soirée, à l’Arletti et entreprend de la séduire. Il s’agit d’Inès. Le jeune homme est prêt à beaucoup de concessions. « Aimer c’est aussi avoir mal. »(p.106)

Pendant plus de trente ans, Rachid aime et respecte la personnalité de son épouse, sa soif de liberté, son passé et ses regrets, dans un pays dans lequel la femme perd de plus en plus de droits. Il connaît des pans du passé d’Inès et elle, elle ignore qu’il sait… Jusqu’à ses dernières minutes de souffle, Rachid prouvera son amour, sans se dévoiler.

Je ne vais pas vous faire languir, j’ai eu un très gros coup de cœur. Dès les premières pages, j’ai senti qu’il en serait ainsi.

Ce roman est de l’amour : celui entre Pierre et Inès, celui entre cette dernière et Rachid et celui pour une terre : l’Algérie. Lorsque l’indépendance a été prononcée, l’espoir s’est allumé : celui d’une vie meilleure. Hélas, le pays a sombré dans la pauvreté et l’islamisme radical s’est engouffré. Les auteurs décrivent le déchirement des habitants, qui constatent le déclin de leur nation qu’ils aiment tant, et qui vivent dans la peur des attentats. Ils montrent que la douleur est dans le cœur des Français et dans celui des Algériens, qui se sont opposés et qui ont souffert. Ce ne sont pas les mêmes maux, mais la conséquence est la même : la rancœur, jusqu’à la haine, parfois.

Michel Canési et Jamil Rahmani relatent le climat en Algérie, de 1962 à 1996. J’ai été bouleversée, car ce que j’ai appris, a provoqué un questionnement en moi. Beaucoup d’interrogations, auxquelles personne ne peut répondre, se sont imposées en moi. Je ne les aurais pas eues sans la lecture de ce livre. Les connaissances entraînent la réflexion. C’est perturbant et déchirant, mais c’est, surtout, une richesse.

J’ai, également, été émue par les magnifiques histoires d’amour. Au sein de ce pays qui saigne, ce sont les sentiments qui prédominent : ceux pour l’être aimé qui n’est pas oublié, en dépit d’une séparation de plusieurs décennies, ceux pour la personne aimée, alors que ses actes vont à l’encontre de l’éducation et des convictions profondes de celui qui la chérit. Puis, la preuve ultime d’amour…

En filigrane, Mohand, groom à l’hôtel Arletti, est le témoin discret de ces vies. Son destin est bouleversant et montre l’incohérence ainsi que la folie des hommes.

Enfin, la délicatesse de la plume exacerbe les émotions. Elle est faite de métaphores, de lyrisme et de poésie.

Je remercie sincèrement Babelio et les Éditions Anne Carrière pour ce livre reçu dans le cadre de la dernière opération Masse Critique.

4 commentaires

  1. Je n’en ai pas dans ma pal puisque j’avais décrété que je n’aimais pas les sagas, jusqu’à ce que je lise celle de Cassandra et ses soeurs que j’ai adorée, puis celle de Kate Mc Allistair, « la cité du lotus rose » suivi de « la vallée du lotus rose » que j’ai beaucoup moins aimée, car l’auteure donne beaucoup trop de descriptions. 😊

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