Marlène, Hanni Münzer

Marlène

Hanni Münzer

Éditions de l’Archipel

Quatrième de couverture

QUI EST LA VÉRITABLE MARLENE ?

Munich, juillet 1944. L’une des femmes les plus recherchées du IIIe Reich se tient face à la maison bombardée de Deborah et de son frère, qu’elle croit enfouis sous les décombres. Si elle était arrivée la veille, Marlene aurait pu les sauver.

Mais qui est au juste cette femme ? La veuve d’un notable connu pour ses sympathies nazies ? Une actrice en devenir ? Une résistante ?

Marlene va devoir prendre l’une des décisions les plus difficiles de sa vie : épargner la vie de millions de personnes… ou sacrifier l’homme qu’elle aime.

Dans le sillage d’Au nom de ma mère, ce roman s’attache au destin d’une femme courageuse, confrontée aux soubresauts de l’Histoire.

L’une des romancières les plus populaires de son pays, Hanni Münzer, née en 1965, est la nouvelle diva du roman historique allemand. Elle a conquis le public dès son deuxième ouvrage, Au nom de ma mère (Archipoche, 2020), traduit en douze langues. Au total, ses livres ont trouvé plus de deux millions de lecteurs.

Prix Skoutz du meilleur roman historique

Mon avis

J’avais eu un gros coup de cœur pour Au nom de ma mère, qui relatait la vie de Déborah et sa famille. La jeune fille était entrée dans la résistance par l’intermédiaire de Marlène, l’héroïne principale de ce nouvel opus.

Presque tous les chapitres commencent par des citations et des « fragments de guerre ». Ce sont des coupures de presse, des extraits du journal intime de Goebbels, des passages de discours d’Hitler, etc. Certains sont effarants. Ces introductions sont une véritable valeur-ajoutée, elles permettent de situer le contexte et présentent un intérêt historique.

Marlène, Hanni Münzer, Éditions de l’Archipel

Marlène a survécu à l’attentat du café Cyganeria. Le 21 juillet 1944, déterminée à libérer Déborah et son frère des griffes de Brunnmann, un haut dignitaire nazi, découvert dans le premier opus, elle se rend à Munich. La ville a été bombardée et l’immeuble de son amie s’est effondré. « La veille encore, elle aurait pu sauver Déborah et son frère. Un seul jour avait suffi, en presque cinq ans de guerre ! Et c’était précisément ce jour-là que la chance l’avait abandonnée. » (p.29) Marlène tente alors de rejoindre la résistance française. Hélas ! Après des épreuves terribles, les nazis la conduisent dans l’enfer d’Auschwitz.

Marlène est une femme forte et incroyable. Son objectif de faire cesser la guerre surpasse son envie de vivre. Mais elle sait que morte, elle ne peut rien tenter et c’est ce qui lui permet de survivre. Même si son âme et son corps sont brisés par les horreurs qu’elle subit et celles dont elle est témoin, elle se bat avec les moyens dont elle dispose. Marlène est, à la fois, une humaniste et une guerrière, aussi, plusieurs personnes s’en remettent à elle, ce qui l’empêche de prendre certains risques. Cependant, elle est face à des choix déchirants : ceux qui lui font choisir le mal le moins définitif et ceux qui l’obligent à trancher entre sauver plusieurs vies ou celles d’êtres qui lui sont chers.

Moi aussi, je me suis interrogée. Peut-on s’attacher à un médecin qui exerce à Auschwitz, qui porte l’uniforme nazi, mais qui semble empli d’humanité ? Que penser de Jolanta qui joue le rôle de mère maquerelle au sein du camp ? Ce sont des questions que se poseront également les alliés lors de la libération des camps.

Certains passages sont très douloureux à lire, lorsque Marlène relate l’atrocité des camps. Elle le fait de telle manière que j’ai eu l’impression d’en apprendre encore. Son regard est d’une telle acuité et d’une telle lucidité, que j’ai eu la sensation de recevoir en plein visage, la souffrance des prisonniers et la perversité des SS. L’émotion du récit a amplifié mon bouleversement. A Auschwitz, Marlène a un statut particulier : elle est une esclave sexuelle des hauts-gradés, parmi d’autres femmes, sous la garde de Jolanta, qui détourne les rations des prostituées. Aucune d’elles n’a choisi cette place. Les nazis détruisent le corps pour briser l’esprit et l’inverse est vrai aussi.

Ce livre montre la guerre du côté allemand et rappelle que ce peuple, aussi, a souffert. Tous les Germaniques n’étaient pas des nazis. Certains ont été déportés d’autres ont été enrôlés de force. Au moment de la libération, les Allemands ont été victimes de suspicions et de préjugés de la part des Alliés. A ce sujet, je dois dire qu’une révélation de la fin, m’a émue aux larmes.

Conclusion

« La paix sera possible sur Terre seulement quand la femme sera devenue tout l’égale de l’homme. » (p.447), partout dans le monde.

J’ai eu un coup de cœur pour ce deuxième tome qui répond aux énigmes du premier et dans lequel Marlène est le personnage principal. Cette histoire de femme combattante et humaniste m’a beaucoup émue. Des passages tragiques m’ont bouleversée et j’ai aimé Marlène et ses compagnes de malheur. Ce roman féministe se veut un message de mémoire et d’espoir : faire évoluer la condition de la femme pour que plus jamais, de telles horreurs se produisent.

Marlène, Hanni Münzer, Éditions de l’Archipel

Je remercie sincèrement Mylène des Éditions de l’Archipel pour ce service presse.

Ma chronique sur le premier tome

Au nom de ma mère

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