Les Dames de la Bartavelle, Charles Bottarelli

Les Dames de la Bartavelle

Charles Bottarelli

Éditions de Borée

Quatrième de couverture

Depuis qu’Alexandre Brémond a pris la succession de son père au domaine de la Bartavelle, les vins de l’exploitation familiale ont acquis une certaine notoriété. Epaulé par Céline, sa femme, il sait qu’il doit beaucoup à la clairvoyance de cette dernière. En cette période de trouble de l’autre côté des Alpes qui pousse nombre d’Italiens à fuir leur patrie, le couple fait souvent appel à cette main-d’oeuvre qui vient combler le vide laissé par la Grande Guerre. Aussi, quand, un soir, Alexandre ramène une famille d’immigrés démunis, les Pozzi, c’est de bonne grâce que Céline les accueille et que, soucieux de donner une chance à ces Italiens sans ressource, les Brémond leur proposent de s’installer et de travailler à la Bartavelle. Quelque temps plus tard, un corps est découvert sur le domaine et ça ne fait aucun doute, il s’agit d’un meurtre. Au village, certains pensent que les coupables sont tout désignés : le forfait n’a pu être commis que par un immigré. C’est en tout cas ce que semblent vouloir prouver les gendarmes qui mènent l’enquête.

Mon avis

Alexandre Brémond produit des vins renommés. Il a hérité de son père du domaine de la Bartavelle. Son épouse et lui sont sensibles au déracinement des immigrés italiens et font régulièrement appel à certains d’entre eux. Aussi, Céline n’est pas surprise quand son mari rentre, un soir, accompagné d’une famille d’Italiens. Après une très courte période d’observation, Alexandre propose un emploi à Enzo Pozzi.

Peu de temps après, un corps est retrouvé dans un cabanon de la propriété. Il s’agit de celui de Bastien, « le soldat du 15ème corps ». Il est appelé ainsi en raison d’un évènement, que je vous laisse découvrir, survenu pendant la Première Guerre mondiale. Les soupçons des gendarmes se portent sur Enzo : le coupable ne peut qu’être un étranger. 

L’auteur décrit l’exil d’Italiens, obligés de fuir leur patrie, avec la montée de Mussolini. Des familles entières ont tout abandonné pour se mettre en sécurité. Il dépeint leur volonté d’intégration, leurs efforts pour apprendre la langue française, leur désir de se faire accepter. Hélas, une partie du village a des pensées xénophobes, qui ne sont pas sans rappeler ceux entendus à notre époque. C’est un autre siècle, ce sont d’autres nationalités qui sont visées, mais ce sont les mêmes stigmatisations et les étrangers cristallisent les mêmes peurs. Une association, appuyée par le couple Brémond, apporte un soutien aux immigrés. Des soirées sont organisées entre les autochtones et les Italiens. Ces réunions permettent à chacun de découvrir la culture de son voisin et visent le vivre-ensemble.

Céline mène, également, un combat pour les droits des femmes. Elle lutte pour le droit de vote, etc. Elle est très active, se bat sur plusieurs fronts et s’absente régulièrement de la maison. Alexandre soutient, lui aussi, l’égalité homme-femme. La condition féminine est un thème que j’affectionne et j’ai été intéressée par le traitement que l’auteur en fait. J’ai beaucoup aimé la famille Brémond, cependant, je dois reconnaître que j’ai été surprise par une attitude d’effacement de Céline et par son pardon, lors d’une « trahison » de son mari. Sur le moment, j’ai entendu le ressenti de chacun des protagonistes, l’auteur me l’a fait entendre. À distance de la lecture, lorsque je me suis projetée, j’ai pris conscience que je n’aurais pas pu faire preuve de la même compréhension que la dame de la Bartavelle.

Conclusion

J’ai adoré ce roman. Le texte, ponctué de nombreux dialogues, est très vivant. J’ai beaucoup aimé la famille Brémond et l’accueil qu’ils ont offert aux Pozzi. Enfin, les thèmes de la condition féminine et des difficultés liées au déracinement m’ont charmée.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions De Borée pour ce service presse.

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