Au nom de ma mère, Hanni Münzer

Au nom de ma mère

Hanni Münzer

Éditions de l’Archipel

Quatrième de couverture

JUSQU’OÙ UNE MÈRE PEUT-ELLE ALLER POUR SAUVER SES ENFANTS ?

Étudiante à Seattle, Felicity reçoit un appel : Martha, sa mère, a disparu… Felicity la retrouve à Rome, où Martha s’est enfuie avec des archives familiales.

Martha a en effet découvert une longue lettre écrite par sa propre mère, Deborah, fille d’une diva qui connut son heure de gloire aux débuts du IIIe Reich. Une lettre qui va plonger Felicity dans une quête douloureuse.

Alternant passé et présent, ce roman mêle amour et trahison, colère et culpabilité, péché et expiation, autour d’un secret de famille courant sur quatre générations.

Mon avis

2012, Seattle. Alors qu’elle s’apprête à rejoindre l’Afghanistan, pour une mission humanitaire, Felicity change de destination et s’envole pour Rome. C’est dans cette ville que sa mère, Martha, s’est enfuie, pour découvrir le passé de la sienne, qui vient de mourir. Dans les effets de cette dernière, se trouvait une longue lettre…

Dès mars 1933, Gustav et Elisabeth, les parents de la grand-mère de Felicity, projettent de quitter l’Allemagne. La montée de l’antisémitisme les effraie, d’autant plus que l’homme est juif. Après le putsch raté d’Hitler, en 1923, ils ont compris le danger qu’il représente. Les circonstances les obligent à reporter, plusieurs fois, leur exil. En 1938, le moment est propice et le climat du pays rend le départ urgent. Gustav part en premier. Malheureusement, le plan ne se déroule pas comme escompté. Elisabeth est obligée de sacrifier ce qu’elle est pour protéger ses enfants. Un sacrifice que Déborah, leur fille, reproduira par la suite pour sauver son frère.

Cette famille m’a beaucoup touchée. Les liens qui unissent les parents sont magnifiques et leur amour pour leurs enfants est émouvant. Gustav est un homme raisonnable qui accepte et aime toutes les excentricités de son épouse, une chanteuse renommée. Elisabeth à la personnalité fantasque. Cependant, lorsque les épreuves l’exigent, elle fait preuve de beaucoup de courage et de sagesse, contrairement à ce que son caractère laissait entrevoir.

Pendant la guerre, Déborah se montre digne de ses parents. Par naïveté, peu avant ses dix-huit ans, elle s’est enfermée dans un piège. Lorsqu’elle le comprend, il est déjà trop tard. Elle est très proche de nazis qui sont à des postes de commandement et elle découvre les projets d’extermination totale. Elle décide de transformer son mauvais choix en actes de Résistance. Même si nous connaissons les horreurs perpétrées par les SS, le récit est glaçant et j’ai tremblé pour Déborah, ainsi que pour une de ses amies. Certaines scènes de torture et des conditions d’emprisonnement m’ont fait pleurer. Hanni Münzer décrit, dans la postface, de quelle manière elle s’est inspirée de personnes réelles pour construire ses personnages. Cela explique ce sentiment de réalité et de véracité que j’ai ressenti, tout au long de l’histoire. Déborah m’a bouleversée, elle a affronté des situations cruelles et a dû prendre des décisions déchirantes, de celles qui marquent à vie.

L’écriture de Hanni Münzer est empreinte d’émotion. L’auteure déroule l’histoire en tenant notre cœur, entre ses mains, et on redoute l’endroit où elle va le lâcher. J’avais mal quand je devais reposer ce roman, car j’avais besoin de continuer la lecture, de savoir l’issue, quelle qu’elle soit.

Conclusion

Au nom de ma mère relate le destin de quatre générations de femmes, de 1920 à la fin de la guerre, puis à notre époque. Avec beaucoup d’émotion, l’auteure montre de quelle manière, les Allemands ont assisté à la montée d’Hitler, son accession au pouvoir et les exactions des nazis, avant et pendant la guerre. Elle décrit leur perception des évènements et la peur qui a guidé les actes de certains, le courage que d’autres ont montré et les horreurs perpétuées par une partie d’entre eux. Elle montre que le choix n’a pas toujours été libre, que les circonstances ont conduit des personnes à prendre des décisions funestes pour l’ensemble, afin de se sauver elles-mêmes. C’est un coup de coeur pour moi.

Au nom de ma mère est sorti fin 2017, en grand format. Le 6 février, il sortira en poche, ainsi que la suite, en broché : Marlène.

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