La débâcle, Romain Slocombe

La débâcle

Romain Slocombe

Éditions Robert Laffont

Quatrième de couverture

Du 10 juin 1940, quand le gouvernement s’enfuit de Paris, au 17, où Pétain annonce la demande d’armistice, huit jours qui ont défait la France. 

« Le niveau d’essence dans le réservoir baissait dangereusement. Mme Perret se plaignait en permanence, se disputait avec Bernard qui voulait lui prendre la carte. À l’horizon en face de la colonne montaient de grandes lueurs orangées : un bombardement ? des dépôts de carburant en flammes ? Exténuée, sentant le mal au coeur revenir, gênée dans ses vêtements moites de transpiration, sa combinaison trop serrée, Jacqueline a fini par s’endormir, la tête sur l’épaule de la domestique et le chien sur ses genoux, bercée par les grincements d’essieux, les hennissements et le claquement des sabots, et un choeur de filles qui, quelque part derrière, chantaient du Tino Rossi… »

Jetés sur les routes de l’exode, une famille de grands bourgeois, un soldat, un avocat fasciste, une femme seule et beaucoup d’autres, dans une vaste chasse à courre à l’échelle d’un pays où nul ne sait encore qui sonnera l’hallali.

Avec La Débâcle, tout à la fois fresque au vitriol, road-trip hyperréaliste, chronique d’une débandade et récit initiatique, Romain Slocombe ajoute une pièce maîtresse à son grand roman noir national.

Mes rencontres avec l’auteur

J’ai rencontré Romain Slocombe, trois fois au Livre sur La Place.

2017 : j’étais allée le voir, car je voulais acquérir son livre L’affaire Léon Sadorski (cliquez sur le titre pour lire ma critique), après avoir lu des chroniques élogieuses sur Babelio. Notre rencontre fut timide.

2018 : j’avais lu, juste avant le salon, L’affaire Léon Sadorski. Avec l’auteur, nous avions discuté de mon ressenti et j’avais acheté la suite : L’étoile jaune de l’inspecteur Léon Sadorski.

2019 : je suis allée une fois de plus, au stand de Romain Slocombe, qui m’a accueillie en me disant que nous nous étions vus l’année précédente.☺️ Cette fois, nous avons beaucoup parlé. Nous avons évoqué ma PAL gigantesque, car je n’avais pas lu le livre acheté, en 2018. Aussi, j’ai pris un engagement, celui de lire son dernier roman La débâcle, avant fin 2019. 😀Je l’ai terminé, hier, le 30 décembre 2019. J’ai tenu ma promesse.😀 Cette rencontre avec l’auteur m’a beaucoup marquée, c’était comme si à chaque entrevue, nous faisions un peu plus connaissance et étions moins timides.

Mon avis

Le 10 juin 1940, circule la rumeur que Paris a été déclarée ville ouverte et que le gouvernement s’est enfui à Bordeaux. Ces informations créent la panique et de nombreuses familles décident de partir pour traverser la Loire. Les voitures, avec matelas sur le toit, les vélos et les piétons s’agglutinent vers les sorties de la ville.

Une famille de bourgeois, les Perret, a rejoint l’exode. Dans l’automobile de luxe, se trouvent les parents, la bonne, le fils, le chien et Jacqui, une adolescente de quatorze ans, qui en recherche d’émotions nouvelles, va ouvrir les yeux sur un monde de violence. Dans ce roman choral, ils croisent un soldat déserteur, un avocat aux idées fascistes qui a pris la route avec son épouse, une jeune femme qui tente sa chance par le train. Ce sont ces voix qui racontent les huit jours qui ont précédé le discours bref de Pétain, annonçant la demande d’armistice, le 17 juin 1940.

Romain Slocombe, comme le prouve la liste de ses sources, s’est énormément documenté pour écrire cette formidable fresque romanesque sur des jours très sombres de notre histoire. Bien que ce qui concerne les personnages principaux soit de la fiction, leur destin est croisé avec des faits réels. L’auteur a respecté les événements historiques, jusque dans les détails, tels que les conditions météorologiques. Et ce qu’il relate est effarant.

Il décrit la réalité des combats et les conditions de survie et de lutte des soldats français. La demande d’armistice a été préparée en amont : les forces sur le terrain n’étaient pas ravitaillées, le matériel obsolète, les ordres de repli étaient mêlés à ceux de mourir au combat et la stratégie défensive semblait être la défaite volontaire. Dans certains milieux, on avait connaissance de la trahison à venir de Pétain et on s’en réjouissait.

Pendant La débâcle, les civils tentent de se mettre à l’abri, avant que les ponts soient coupés. Les bombardements sont multiples et meurtriers. Les vivres se font rares, l’essence manque, chacun essaie d’avancer et de sauver sa vie. Dans ce roman, l’auteur montre les comportements humains, parfois héroïques et parfois lâches. L’horreur côtoie l’humanité et l’individualisme, le dévouement.

Conclusion

J’ai eu un énorme coup de cœur pour ce livre. Il était impossible de connaître l’issue de l’exode des personnages imaginaires, aussi j’ai dévoré La débâcle. J’ai été également passionnée par les événements historiques, d’une précision rare, et racontés avec un souffle romanesque époustouflant. Je m’interroge sur le fait qu’à l’école, on ne m’ait pas enseigné l’origine du dépôt d’armes aux pieds des Allemands. C’est un livre noir comme l’a été cette période pour nos ancêtres et un roman nécessaire pour comprendre l’origine de l’Occupation et la tragédie de l’exode de juin 1940. Tous les milieux sociaux étaient concernés comme le montre l’auteur.

Du même auteur

L’affaire Léon Sadorski

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