Le Bon Docteur Cogan, Hervé Jaouen

Le bon docteur Cogan

Hervé Jaouen

Éditions Presses de la Cité

Quatrième de couverture

Hervé Jaouen s’est donné pour ambition d’écrire l’histoire d’une vaste famille bretonne au XXe siècle. Après Les Filles de Roz-Kelenn, Ceux de Ker-Askol, Les Sœurs Gwenan, Ceux de Menglazeg, Gwaz-Ru, Eux autres, de Goarem-Treuz et Sainte-Zélie de la Palud, Le Bon docteur Cogan raconte le destin d’Yvonne, petite paysanne au service de la famille Cogan, dans le pays d’Arrée. 

Finistère, 1935. A treize ans, Yvonne Trédudon est placée comme bonne à tout faire auprès du docteur Cogan qui a quitté Paris avec femme et enfants pour vivre à Plouvern, bourg des monts d’Arrée. La petite campagnarde découvre, émerveillée, une maison de maître, un couple cultivé qui l’initie à la lecture, des fillettes charmantes. Le docteur Cogan, lui, gagne peu à peu le respect des villageois grâce à son expérience et à son dévouement.

Mais qui sont vraiment les Cogan ? Pourquoi cette haine que certains leur manifestent au début de l’Occupation ? Quel rôle joue alors cet homme qui ressurgira du passé à la faveur d’une cérémonie communale trente ans plus tard ?

Presque centenaire, celle qui partagea l’intimité de la famille se souvient. Avec ses mots simples et justes, Yvonne raconte…  

La force d’âme, la fidélité sans faille d’Yvonne Trédudon, son bon sens et son esprit critique spontané dénoncent à eux seuls la terrible absurdité du sort des Cogan.

Mon avis

Ce roman s’inscrit dans son grand cycle breton, mais chaque histoire est totalement indépendante des autres. C’est le premier livre d’Hervé Jaouen que je lis.

Marie-Françoise est lectrice dans un EHPAD. Elle fait la connaissance d’Yvonne qui lui confie la mission d’écrire son histoire à partir de ses confidences. Elle aurait pu écrire le récit de manière plus académique, mais elle décide de le restituer en respectant la manière de s’exprimer d’Yvonne. Aussi, le récit est émaillé d’expressions bretonnes, avec leur traduction. Certaines tournures de phrases rappellent le « parler » des campagnes de l’époque, ce qui donne une forte authenticité.

En 1974, lors d’une remise de médaille dans son village natal, Yvonne est révoltée quand elle reconnaît la personne décorée. Elle raconte. Dès le départ, on sait qu’un drame a changé sa vie. On ne découvre la scène qu’à la fin et je peux vous dire qu’elle me marquera. Elle est tellement chargée d’émotions que les larmes me sont venues.

En 1935, âgée de treize ans, Yvonne entre au service de la famille du docteur Cogan, à Plouvern. Elle n’est pas traitée comme une employée, mais comme une amie. Elle s’attache fortement au médecin, à sa femme Fanny et à leurs deux petites filles. Le docteur Cogan est apprécié des habitants du village, mais il gêne le rebouteux. Un événement, durant l’Occupation, oblige le couple Cogan à expliquer à Yvonne les lois de Vichy. C’est un choc pour la jeune fille. Elle sait qu’il y a la guerre, mais elle ne connaît pas l’horreur de l’idéologie nazie.

Pendant que je lisais le prologue, qui relate les circonstances de la rencontre entre Marie-Françoise et Yvonne, je n’étais pas certaine d’aimer ce livre. Puis, le premier chapitre est arrivé et je suis entièrement entrée dans cette histoire que j’ai adorée.

J’ai été très touchée par la gentillesse et la bienveillance des Cogan. Ils ont pris Yvonne sous leur aile, l’ont initiée à la lecture et l’ont considérée comme un membre de leur famille. Le dévouement de l’adolescente envers eux est motivé par les sentiments qu’elle leur porte. A plusieurs reprises, elle aura, hélas, l’occasion de le prouver. La famille de la jeune bonne est également attachante, en particulier, son frère, Jean-François. Malheureusement, à Plouvern, comme partout en France, il y a la Collaboration avec ces Français qui font du zèle. Elle se glisse partout, même dans des professions insoupçonnables. Hervé Jaouen montre que la population se croyait à l’abri, dans les terres reculées de Bretagne. L’Histoire leur a donné tort. 

Ce roman historique est aussi un récit de terroir. On découvre les façons de vivre d’un milieu aisé, celui des Cogan, différentes de celui plus modeste d’Yvonne. Et pourtant, l’essentiel est le même : l’amour de son prochain et de sa famille, ainsi que la bienveillance et le respect de l’autre. L’auteur montre aussi les lois absurdes de la médecine, pendant la guerre, les dénonciations, les mesures de protection anonymes, la Résistance opposées aux milices françaises. Il dépeint le quotidien pendant l’Occupation.

J’ai adoré Le Bon Docteur Cogan. La fin de l’histoire m’a surprise et bouleversée, la conclusion est parfaite et touchante.

Je remercie sincèrement Clarisse des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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