Ils étaient vingt et cent, Stanislas Petrosky

Ils étaient vingt et cent…

Stanislas Petrosky

Éditions French Pulp

Quatrième de couverture

Gunther, jeune allemand opposé au régime nazi, excelle dans l’art du dessin.

Il se retrouve promu illustrateur officiel du camp de Ravensbrück, son oeil d’artiste interprète la vie et surtout la mort.

L’histoire d’un homme qui a vu la construction et la libération du plus grand camp d’extermination de femme du IIIème Reich, un homme qui a vécu des deux côtés des barbelés

Couverture

D’après l’oeuvre d’Alain Kleinmann.

« Yankel » Huile sur toile et matériaux.

Mon avis

La chanson de Jean Ferrat trotte dans ma tête, je n’ai jamais été aussi attentive aux paroles. Cette chronique va être difficile à écrire, mais je vais la rédiger, car il ne faut pas qu’on oublie. J’ai lu beaucoup de livres sur la période de la guerre, mais je pense que je ne suis jamais entrée aussi profondément dans un camp.

Gunther a lu dans « le journal Le Monde que 51% des lycéens ignorent la signification du mot « Shoah ». Gunther a quatre-vingt-dix-neuf ans et il raconte …

Il est né en mai 1920, en Allemagne. Lorsque les nazis ont cherché des volontaires pour travailler pour eux, son père, qui ne l’estimait pas, a décidé pour lui et l’a envoyé en camp de travail. Le jeune homme a été parmi les premiers à construire le camp de Ravensbrück, sans connaître sa finalité. Prisonnier comme les autres, mais, étant allemand, il aurait dû être kapo si ses talents de dessinateur n’avaient pas été découverts par Maria Mandl, une gardienne sadique. Lui qui était incapable d’être un tortionnaire a un statut entre deux qui lui permet d’aller dans tout le camp et de tout voir. Tout… il retranscrit les horreurs innommables, il s’interroge et nous questionne : « qu’aurions-nous fait à sa place ? » Une tentative de rébellion et c’était la mort assurée.

Gunther a été témoin de tout dans le camp et c’est ce que décrit ce livre. Souvent, un ouvrage relate un aspect, là, TOUT est dit et ça remue. Nous sommes prévenus, au début, rien ne nous sera épargné et c’est vraiment le cas. On entend les hurlements, on sent les odeurs… Je n’ai pas pu lire ce livre d’une traite, je lisais une partie par jour et depuis que je l’ai fini, il ne me sort pas de la tête. Le texte, avec la chanson de Ferrat en fond sonore, tourne dans mon esprit. C’est un travail de mémoire incroyable et puissant, mais aussi violent par sa réalité. Parler de ce livre me bouleverse.

Le récit commence à la construction du camp, viennent ensuite les années d’horreur, puis la libération (et là encore des passages très durs) et la vie après, avec les conséquences physiques et psychologiques. Ne plus en parler… et si justement il fallait en parler ? Comme le dit Stanislas Petrosky « N’oubliez jamais que la bête n’est pas morte ». A la fin du livre, il dresse la liste des personnages tristement célèbres qui sont dans l’histoire. Le travail de documentation a dû être phénoménal pour retranscrire de manière saisissante les atrocités.

Conclusion

Ils étaient vingt et cent est un roman fort, dur et nécessaire. J’ai énormément de mal à me remettre, car lire tous les aspects du sadisme nazi, par les yeux d’un homme qui a tout vu de l’intérieur, est un choc. Les mots de Stanislas Petrosky sont d’une puissance émotionnelle incommensurable. Un livre à lire absolument.

Je remercie sincèrement les Éditions French Pulp et Netgalley pour ce service presse.

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