La petite stéphanoise, Thierry Poyet

La petite stéphanoise

Thierry Poyet

Éditions Ramsay

Mon avis

La petite stéphanoise dépeint la vie de Brigitte de ses quatorze ans à ses vingt-deux ans. Elle est marquée par la date du 26 mai 1944, cinq ans plus tôt. Ce jour-là, Saint-Étienne a été bombardé et le malheur a touché sa famille. Comment se construire après une telle tragédie ?

L’adolescente est partagée entre ses désirs d’émancipation et le soutien qu’elle doit à ses proches. Elle se plaît à rêver de mariage pour prendre son envol. Elle raconte ses premiers amours, ses expériences professionnelles et ses choix de vie. Une jeune femme, dans les années 50, est-elle entièrement libre de ses décisions ?

J’ai adoré ce roman intimiste. Brigitte m’a beaucoup touchée. Elle a grandi, d’une manière brutale, après la tragédie qui a touché énormément de foyers de Saint-Etienne. Chaque membre de sa famille a réagi au drame avec ses armes. La jeune fille a mûri très vite, mais sa jeunesse lui a permis de ne pas perdre espoir. Malheureusement, celui-ci ne suffit pas toujours et la vie se charge de le rappeler. J’aurais aimé, à certains moments, pouvoir lui dire de laisser une chance au destin, de ne pas se précipiter…

Le narrateur est extérieur, mais l’affection qu’il porte à Brigitte se ressent tellement que j’ai eu la sensation que c’était elle qui s’exprimait. La plume de Thierry Poyet crée une proximité très forte. Elle est très douce et très intérieure, les mots sont assemblés de manière superbe créant une musicalité poétique. L’auteur est maître de conférences en littérature française du XIXe siècle à l’université de Clermont-Ferrand et on ressent son amour et sa maîtrise de la langue française.

Deux passages m’ont particulièrement chamboulée. Le premier est le chapitre qui décrit le bombardement. J’ai entendu le bruit des bombes, j’ai ressenti les secousses, j’ai vu la ville détruite, les cris de souffrance des blessés et les hurlements des endeuillés ont percé mes oreilles et mon cœur. Le deuxième est une lettre d’amour de sept pages. J’ai été bouleversée par la puissance des mots et des sentiments, par l’abnégation de son auteur et par la beauté du texte.

La fin du livre me laisse espérer une suite. L’auteur ne peut pas me laisser ainsi : la dernière phrase permet d’envisager tous les possibles pour Brigitte.

Conclusion

J’ai adoré ce roman magnifique qui décrit les tourments, les joies, les espoirs et les désillusions d’une jeune femme marquée par un traumatisme d’enfant. Ce livre décrit ses espérances et les limites que son sexe lui fixe, à la fin des années 40 et au début des années 50.

Je remercie sincèrement Christophe des Éditions Ramsay pour ce service presse.

Quatrième de couverture

Saint-Étienne, 26 mai 1944. Plus de mille bombes s’écrasent sur la ville, les morts se comptent par centaines. Parmi eux, deux frères de huit et quinze ans. Comment surmonter l’horreur ?

Brigitte, leur jeune sœur, va grandir dans le souvenir, le chagrin et l’espoir. Sortir de l’enfance, découvrir le monde, connaître ses premières amours : la fin des années 40, les années 50 se donnent à elle comme une seconde chance. Mais y a-t- elle droit? Et que lui faut-il faire de sa vie dans cette ville ouvrière où les portes semblent toutes fermées à qui n’est pas né du bon côté? Un mariage, un enfant… mais le bonheur ne niche pas toujours où on va le chercher et il faudrait déjà recommencer sa vie…

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