J’écris ton nom, Sylvestre Sbille

J’écris ton nom
Sylvestre Sbille
Éditions Belfond

Quatrième de couverture

« Il faut assumer de venir en héros. »

« Youra convoque les forces de la nuit, comme dans un opéra magique, dans un conte maudit, un roman gothique. Il avance sans peur ni haine vers un destin déjà écrit. Il a décidé que tout était dit ; il n’y a plus qu’à faire. Les actes seront posés et advienne que pourra, son destin est en marche, et celui de tous ceux vers qui il roule. »

Youra est un jeune médecin bruxellois, idéaliste, interdit d’exercer car juif. Avec sa bande d’amis, il continue de défier le couvre-feu, d’écouter de la musique prohibée, de refaire le monde. Ce soir d’avril 1943, Youra va même passer à l’action. Avec deux copains d’enfance, il a décidé de tenter ce que les partisans jugent insensé : arrêter le train qui part pour les camps.

Séducteur, polyglotte, intellectuel jusqu’à l’obsession, Youra sait que la « nuit du train » fera de lui quelqu’un d’autre. Plongé dans les eaux troubles de la Résistance et confronté à celles de la collaboration, il interroge les motivations conscientes et inconscientes qui poussent à risquer sa vie, et à regarder l’ennemi dans le blanc des yeux.

Sylvestre Sbille réussit, dans un premier roman empreint de réalisme magique, le tour de force d’inoculer à son lecteur toute la fureur de vivre d’individus éblouissants, surnageant dans la vase noire de l’Occupation.

Mon avis

1943, les lois anti Juifs se multiplient dans toute l’Europe. À Bruxelles, Youra, vingt-cinq ans, n’a pas le droit d’exercer son métier de médecin, car il est juif. Avec ses amis, il refait le monde, n’hésitant pas à défier le couvre-feu et à écouter du jazz. Un soir, presque sur un coup de tête, il décide d’arrêter un train en partance pour Auschwitz. Même les partisans ne s’y risquent pas, c’est trop dangereux. La fougue de son idéalisme en étendard, avec l’aide de deux amis, il réalise l’impensable. L’équipement est très sommaire : des vélos, une lanterne et un seul pistolet.

Sylvestre Sbille partage les pensées de ceux qui sont dans le train, de Youra et de son frère, d’un nazi haut placé et d’un collaborateur. Youra s’interroge sur ce qui fait basculer d’un côté ou de l’autre. Il se questionne sur ce qui pousse certains à résister, à risquer leur vie et celles de leurs proches. L’auteur montre également la vision du peuple juif dans l’idéologie nazie. Il montre les difficultés pour survivre et se soigner quand on n’a plus aucun droit. Il montre le courage de ces Résistants qui ont tenté le tout pour le tout.

L’auteur rend hommage à Youra et Choura Livitch. Je suis sûre qu’après avoir lu J’écris ton nom, comme moi, vous ferez des recherches sur ces jeunes hommes (je vous invite à lire le roman avant). Je ne les connaissais pas et je remercie Sylvestre Sbille d’avoir réparé cela. Je suis très émue par cette histoire et d’autant plus qu’elle est basée sur des faits réels. Une scène m’a donné des frissons : une action collective par des anonymes pour protéger des fugitifs. Aussi, même si ce roman est dur, avec des personnalités cruelles, telles que Kurt Asche, qui était chargé de la déportation des Juifs, certains actes donnent foi en l’être humain. Et c’est ce que montre Sylvestre Sbille, avec ce superbe premier roman sur la Résistance et la Collaboration.

Je remercie sincèrement les Éditions Belfond et Netgalley France pour ce service presse.

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