Le temps des orphelins, Laurent Sagalovitsch

Le temps des orphelins
Laurent Sagalovitsch
Éditions Buchet-Chastel

Quatrième de couverture

Avril 1945. Daniel, jeune rabbin venu d’Amérique, s’est engagé auprès des troupes alliées pour libérer l’Europe. En Allemagne, il est l’un des premiers à entrer dans les camps d’Ohrdruf et de Buchenwald et à y découvrir l’horreur absolue. Sa descente aux enfers aurait été sans retour s’il n’avait croisé le regard de cet enfant de quatre ou cinq ans, qui attend, dans un silence obstiné, celui qui l’aidera à retrouver ses parents.

Quand un homme de foi, confronté au vertige du silence de Dieu, est ramené parmi les vivants par un petit être aux yeux trop grands.

Laurent Sagalovitsch est né en 1967.

Mon avis

Daniel, un jeune rabbin américain, s’est engagé comme aumônier pour soutenir les troupes alliées. En 1945, il est l’un des premiers à entrer dans les camps d’Ohrdruf et de Buchenwald, pour libérer les personnes qui y sont emprisonnées. Cette rencontre avec l’horreur remet en cause toutes ses croyances. Sa foi est mise à mal. Comment Dieu peut-il laisser commettre de telles atrocités ?

Il existe des livres qui bouleversent tant qu’on ne sait pas comment en parler. Le temps des orphelins en fait partie. Dans ce livre, ce ne sont pas les camps qui sont décrits, mais les sentiments de ceux qui les découvrent. Cette plongée dans l’horreur absolue les change à tout jamais. Que personne n’ait rien vu dépasse leur entendement.

Le récit de Daniel est entrecoupé par des lettres de sa femme. Ethel est en Amérique, elle ne sait pas ce que vit son mari. Même si elle s’inquiète, la légèreté de ses propos tranche avec les atrocités que découvre Daniel. Cela renforce la puissance émotionnelle des paroles de ce dernier. Je me suis demandé quel ressenti il avait eu au sujet de ces courriers. Est-ce que cela lui a fait du bien ou est ce qu’il a été encore plus choqué que le monde continue à tourner comme avant ?

Daniel croise un enfant, seul et qui ne s’exprime pas. Le jeune rabbin décide de tout faire pour retrouver ses parents. Cette mission qu’il s’est donnée est ce qui le garde dans le monde des vivants. Cet espoir de réunir une famille est ce qui l’empêche de sombrer. Pour le lecteur également, ce petit représente la lumière dans ce récit si dur.

Comme je le disais, j’ai été bouleversée par la puissance de ce livre qui décrit le choc ressenti par ceux qui ont libéré les camps et leur désarroi si fort que leur foi en « l’Eternel » et en l’humanité a été remise en question. Le temps des orphelins laissera une forte empreinte en moi.

Extrait

« Lorsque, des années plus tard, ils se souviendraient de cette guerre, ce ne serait ni les plages ensanglantées de Normandie, ni la lente et interminable avancée dans les Ardennes, ni la libération de Paris auxquels ils songeraient mais à ce camp, à cette matinée d’avril où leurs vies avaient basculé. »

Je remercie sincèrement Babelio et les Éditions Buchet-Chastel pour l’envoi de ce livre dans le cadre d’une masse critique.

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