Histoire d’Adrián Silencio, Éléonore Pourriat

Histoire d’Adrián Silencio
Éléonore Pourriat
Éditions JC Lattès

Quatrième de couverture

Qui était Adrián Silencio, le grand-père de Cléo ? Un musicien. Un réfugié du régime franquiste. Oui mais encore ? Cléo ne sait rien de ses ancêtres, tout le monde autour d’elle s’étant employé à se taire.
Alors qu’elle s’apprête à quitter Paris pour l’Amérique, elle se plonge dans le cartable où son grand-père a regroupé les papiers d’une vie et remonte le temps, jusqu’au cœur de la tourmente européenne des années trente. Quelle vie Adrián a-t-il quittée ? Qui a-t-il laissé derrière lui ? Puisque personne ne peut lui raconter cette histoire qui est la sienne, il faudra que Cléo l’écrive.
À la fois enquête, fresque familiale et hommage à tous les exilés, Éléonore Pourriat signe avec Histoire d’Adrián Silencio un premier roman vibrant sur le pouvoir consolant des mots et de la littérature.

Mon avis

Au moment de s’expatrier aux Etats-Unis, avec son mari et ses enfants, Cléo ressent le besoin de comprendre ses racines. Elle est la petite-fille d’Adrián Silencio, un exilé espagnol, qui a tout quitté à l’époque du Franquisme. Pour écrire l’histoire familiale, Cléo ne possède qu’un vieux cartable. Dedans, se trouvent des documents qui ont été conservés comme si on attendait que quelqu’un ait la force de se plonger dans ce passé. Car, « jamais, jamais, jamais, jamais, Adrián n’a révélé qui il était véritablement. Même s’il ne l’a pas cachée, une partie de sa vie a été effacée. Personne n’a véritablement sa place : ni les enfants « effacés », ni ceux qui ne l’ont pas été. Et jamais personne n’en parle.

Pour Cléo, cela devient une urgence de comprendre, c’est un besoin incontrôlable. Sa quête d’identité guide sa vie, tout le reste est entre parenthèses. Ses recherches vont ramener à la surface ce que les générations précédentes ont enfoui. Et ça fait mal.

Les recherches de Cléo racontent l’exil de ces familles à l’époque de Franco, alors que des membres d’une même famille soutenaient des camps opposés. Elles révèlent des vies brisées, des séparations et cet espoir de la chute du dictateur. Elles dépeignent le déchirement entre deux patries, celle d’origine et celle qui accueille, et celui entre deux cultures, mais surtout celui entre deux vies.

Comment se construire quand une partie de l’histoire de nos aïeux « n’existe pas : d’un côté, l’absence, de l’autre, le déni. Chaque place est difficile.

Ce roman donne une impression de lenteur, ce qui ne plaira peut-être pas à certains lecteurs. Mais que j’ai aimé cette lenteur qui crée une douce langueur. Quand je reprenais ma lecture, il me fallait une ou deux pages pour me remettre dedans, car l’atmosphère autour de moi devenait feutrée. Un vrai cocon m’entourait. J’ai eu une très forte sensation d’intimité. L’écriture est superbe, empreinte de mélancolie, de nostalgie et d’espoir. Ce livre, c’est l’histoire d’un homme et les répercussions de ses choix et de ses secrets, mais c’est également les sentiments et les pensées de la narratrice. Ce qui relie les deux, c’est le besoin de comprendre et de savoir de Cléo.

L’objet-livre est très beau : il est parsemé de photos et de documents.

C’est un gros coup de cœur pour moi.

Je remercie sincèrement Élise des Éditions JC Lattès pour ce service presse.

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