De l’autre côté, la vie volée, Aroa Moreno Durán

De l’autre côté, la vie volée
Aroa Moreno Durán
Éditions JC Lattès

Quatrième de couverture

Katia est la fille d’émigrés espagnols ayant fui à Berlin le régime franquiste. Avec sa sœur Martina, elle partage les élans d’une famille aimante, mais où le silence sur le passé est d’or. En grandissant, Katia voit s’ériger le Mur.

Dans une librairie, son regard croise un jour celui de Johannes, jeune homme venu de l’Ouest… Avec sa complicité, à l’insu de tous, munie de faux papiers, Katia passe de l’autre côté.
Avec un exceptionnel souffle romanesque, Aroa Moreno Durán déroule une histoire intime, étroitement liée à l’Histoire européenne. Une fresque magistrale qui rappelle l’atmosphère des films La Vie des autres et Cold War . Le portrait saisissant d’une vie déracinée, d’une vie volée.

Mon avis

Katia, fille d’émigrés espagnols, grandit en Allemagne de l’Est. Elle sait que ses parents ont fui l’Espagne, mais ne connaît ni les circonstances ni les conditions de leur exil. Le sujet est tu.

En 1961, le mur de Berlin est bâti. Peu de temps auparavant, Katia a rencontré Johannes, un jeune homme qui vit dans l’Ouest de la ville. Avec son aide, elle passe de l’autre côté du mur. Elle part sans prévenir ses proches et démarre une nouvelle vie.

Pendant une grande partie du livre, tout est dans la suggestion. Alors que Katia semble agir avec insouciance, sans penser aux conséquences, en tant que lectrice, je pensais à sa famille restée en RDA. Le contexte historique est en filigrane, il est évoqué, vu par les yeux de Katia. Or, à cette époque, il n’y avait pas de transmission d’un côté à l’autre du mur.

Il ne suffit pas de fuir pour se trouver. Fille de déracinés, Katia l’est à son tour. Cependant, elle n’a pas conscience qu’elle est dans une quête d’identité, ni que le passé ne s’oublie pas, il nous rattrape. La jeune fille est partie sans réfléchir à ce que son absence allait déclencher. Elle n’a pas pensé à l’inquiétude de ses parents. Elle n’a pas envisagé les éventuelles répercussions qu’ils pourraient subir.

Le récit est intérieur, il est dans l’émotion. Malgré le contexte, il n’est pas dans l’action même si on la devine. On ressent aussi tout ce qui n’est pas dit. Je devinais des pensées de Katia qui n’étaient pas écrites. L’auteure me les soufflait, de manière laconique, avec délicatesse. Comme je l’ai dit, elle suggère et j’ai vraiment aimé ce que les mots choisis avec soin provoquaient dans mon esprit, comme si ce livre m’appartenait et que chaque lecteur aurait une partie qui n’appartiendrait qu’à lui. C’est cette subtilité qui fait, qu’à la fin, lorsque Katia a vécu une déflagration émotionnelle, j’ai reçu la même.

Conclusion

J’ai énormément aimé De l’autre côté, la vie volée qui relate la vie d’une jeune femme à l’époque de la guerre froide. Un livre pour ne pas oublier et penser à tous ces murs qui existent encore.

En écrivant ma chronique, je pensais à la chanson Combien de murs de Patrick Bruel, en particulier à cette phrase : « Combien de murs se cachent derrière un mur qui tombe ? »

Combien de murs, Patrick Bruel

Je remercie sincèrement Élise des Éditions JC Lattès pour cette belle découverte.

3 commentaires

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