L’instant d’une vie, Sylvie Schenk

L’instant d’une vie
Sylvie Schenk
Éditions Slatkine et Cie

Quatrième de couverture

Née dans un petit village des Alpes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Louise a dix-huit ans lorsqu’elle part s’installer à Lyon, où elle rencontre Henri, pianiste de jazz.

Après quelques mois, Henri et Louise se séparent. Henri, fils de résistants assassinés par les nazis, reproche à Louise sa naïveté et son manque d’engagement politique.

L’été suivant, Louise se rapproche de Johann, étudiant allemand qu’elle décide de suivre dans son pays. Peu à peu, alors que la vie défile, Louise est rattrapée par l’histoire, l’histoire avec sa grande hache.

Un très beau roman sur l’identité féminine et le sentiment d’appartenance, les blessures de l’enfance et le poids de la culpabilité.

Comme le personnage principal de son premier roman, la Française Sylvie Schenk s’est installée en Allemagne où L’Instant d’une vie a remporté un immense succès.

Mon avis

Louise grandit dans les années 50, dans un petit village des Alpes. Elle prend très vite conscience que les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes, pendant cette période d’après-guerre. Elle voit aussi la différence entre les pauvres et les riches.

A dix-huit ans, après l’obtention de son bac, elle part à Lyon poursuivre ses études. Elle fait la connaissance d’une bande d’amis, avec qui elle partage ses soirées. Une relation commence entre elle et Henri, un musicien de jazz. L’histoire ne dure pas. Henri est tourmenté par son passé familial : ses parents, Résistants, ont été tués par les nazis, alors qu’il était tout petit.

Nous sommes un an après la signature du Traité de l’Elysée, en 1963, dans lequel De Gaulle et Adenauer ont déclaré que « la réconciliation du peuple allemand et du peuple français, mettant fin à une rivalité séculaire, constitue un événement historique qui transforme profondément les relations entre les deux peuples ». Johann, un Allemand, a bénéficié de cet accord et est venu étudier, en France, pendant un an. Louise et lui tombent amoureux.

Les chapitres sont courts, chacun semble être un moment de la vie de Louise, un instant de sa vie. Le roman est écrit à la deuxième personne du singulier. L’emploi du « tu » m’a donné la sensation que la narratrice s’adressait à la romancière. Après avoir lu la biographie de Sylvie Schenk, cette impression s’est renforcée.

L’histoire de Louise pose la question du poids du passé. Les enfants doivent-ils expier les fautes de leurs parents ? Doivent-ils souffrir et s’empêcher de vivre en raison du sacrifice de leurs parents ? L’instant d’une vie traite de la culpabilité de l’Histoire d’une nation. Les Allemands des générations d’après-guerre portent en eux ce que les nazis ont fait. Les Français du même âge ont été élevés dans la haine des Allemands. L’entente entre les deux nationalités a été difficile.

Conclusion

L’instant d’une vie est un très beau roman sur une femme qui aime et qui vit. Louise fait un choix, mais ne semble pas s’apercevoir des enjeux de celui-ci. Elle écoute son cœur. C’est aussi un livre sur les secrets de famille. C’est un roman très touchant sur les conséquences de la Deuxième Guerre mondiale sur les générations suivantes et sur le besoin d’appartenance qui en a découlé.

La dernière partie est bouleversante. Elle donne de la puissance à ce que Louise a ressenti en filigranes, sans vraiment en avoir conscience.

J’ai adoré ce roman L’instant d’une vie.

Je remercie sincèrement Marion des Éditions Slatkine et Cie pour ce service presse et ce nouveau partenariat.

4 commentaires

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